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Charloville, le 27 Décembre 1918,
— : sas .^-..H^ga

JOURNAL DES PAYS OCCUPÉS PARAISSANT QUATRE FOIS PAR SEMAINE

Ou s'abonne dans tous les bureaux de poste

LA RÉPONSE ANGLAISE

A l'heure où nous écrivons, les gouvernements de
rKntftnte n'ont pas encore terminé la rédaction de leur
réponse collective à la proposition de paix des Puis-
sances centrales. Mais le nouveau chef du cabinet an-
glais a prononcé au Parlement son discours-pro-
gramme, dans lequel il a esquissé le point de vue an-
glais, qui est, comme on sait, nettement prépondé-
rant dans les conciliabules de l'Entente.

Il est vrai que M. Lloyd George a pris soin de
voiler ce fait en abritant sa propre responsabilité
derrière celles de ses collègues de Paris et de Saint-
Pétersbourg. Il a commencé par dire :

c Jm ma préicnU devant voua avec les plus teniblea
responsabilités qui puissent peser sur le* épaules d'un
homme, comme premier ministre de la couronne, au coura
do la guerre la plu» gigantesque dana laquelle La Grande-
Bretagne ait jamais été engagée, une guerre dont dépendent
•e* destinées, la plus grande guerre qui ait jamais êu lieu.
La fardoau que nous avoni à supporter est le plus lourd
qui ait jamais étâ imposé à ce pays et & aucun autre, et les
conséquences de ce conflit sont plus graves que celles qui
ont jamais élé attachées aux lutte* où l'humanité a'est trou-
vés engagée. Lee responsabilité* du gouvernement ont été
soudainement aggravées par les déclarations du chancelier
allemand, et je me propose d'uborder immédiatement ce
sujet. Les déclarations du chancelier au Rtichstag. ont été
suiviaa d'une note que nous ont présentée les EtaU-
Unis d'Amérique, sens y ajouter une autie nota ou de* com-
mentaire». La réponse qu'y donnera le gouvernement bri-
tannique sera faite en plein accord avec ses vaillants alliés. .

« Je suis heureux de pouvoir déclarer que les uns et le*
autres nous nous sommes trouvés d'accord. Je fcuîn trèl
heureux que les premières réponse* à la déclaration du
ehaiicelîer allemand émanent de la France et de U Russie.

«C'est a In l'rance et à la Itussie qu'il appartient indis-
cutablement de répondre 1rs premières à nue pareille in-
vitation, car l'ennemi est toujours sur leur territoire et
leurs sacrifices ont été les plus considérables. Leurs ré-
ponse* ont déjà été publiée* par la presse Jt viens ici
simplement su nom du gouvernement britnnnique donner
un appui clair et défini aux déclarations faites par la
Franco et la Russie, n

La déclaration de M. Briand à la Chambre es! con-
nue de nos lecteurs. Il sjpst appliqué à dénoncer ce
qu'il appelle le « piège allemand ». Reprenant cette
Tersion devant le Sénat, a la séance du 20 décembre,
la président du conseil français a encore déclaré :

«Demain une réponse concertée sera faite. Elle fers
sonnaître, de fuçon nette, qu'il est impossible de prendre
k proposition de* empires centraux au sérieux. »

A la Douma, le" nouveau ministre des affaires étran-
gères russes, M. Pokrowsky, s'est exprime en lermes
non moins cassants :

a La gouvernement rusçe refuse avec indignation d'in-
terrompre actuellement la lutte et de permettre p.ir là à
l'Allemagne de pioliter de la dernière chance qui l'offre à
ails d'assujettir l'Europe 4 son hégémonie, fou* le» sacri-
fice* innombrable* déjà apporté* deviendraient vain* 4 ia
" suite' de ia conclusion d'une paix prématuré* avec un
ennemi dont lu* forées sont entamées mais non brisée*, qui
recherche un répit *ous le couvert du mensonge d'une paix
Éurable.

a Dsna cette décision inébranlable, la Russie *e trouvs
an complet accord a>ec ton» se* vaillanta aillés. Nou* som-
mas tous également pénétrés de la nécessité vitale de mener
1s guerre jusqu'à la lin victorieuse ; nous ne nous vUis-
serooa arrêter dans cette voie par aucun subterfuge de nos
ennemi*, n

On ne saurait assez, souligner le caractère nette-
ment belliqueux de ces déclarations que M. Lloyd
George a faites siennes, tout en laissant l'entière,
responsabilité à ceux qui les prononcèrent. Line foin
de plus la méthode anglaise s'affirme. Cette guerre,

3ui n'est que la conséquence fatale de ha politique
'encerclement, l'Angleterre «'est arrangée de telle
aorte qu'elle est devenue, aux yeux des gens crédules,
,-une guerre de la « générosité >• britannique contre
ta « barbarie » allemande. Après y avoir poussé ses
Alliés, l'Anglais joue vis-à-vis d'eux le « beau rôle »
du protecteur désintéressé 1 Et maintenant qu'il s'agit
de nouveau dé choisir entre la guerre à oulrance et
la paix libératrice, il laisse prononcer par les diri-
geants responsables de ses alliés les paroles belli-
queuses qu'il leur a suggérées, pour s • associer »
ensuite, à leur programme de guerre à outrance, qui
est le sien !

* Le jour où le<; nations alliées 6 l'Angleterre verront
qu'ils ont payé trop cher la vaine continuation de celte
guerre meurtrière, le gouvernement anglais pourra
toujours leur répondre : Comment donc, ce n'est pas
nous, c'est M. Briand, c'est M. Pokrowsky qui ont
les premiers repoussé la proposition de paix des Puis- .
«ances centrales !

Ces précautions prises, M. Lloyd George continue
•on discours, sur un ton qui pourra paraître modéré
à ceux qiu sc souviennent de certaine? harangues et
interviews extravagantes du nouveau Premier anglais.
Mai", dans le fond, son intransigeance n'a guère varié;
il s'efforce d" rejeter sur l'Allemagne toutes les respon-
«ahtlilé*; d'hier et de demain. Après M. Briand, .il
^déclare que les Alliés ne peuvent prendre au sérieux
la proposition allemande :

k Avons-nous des chance* d'atteindre nos objectifs en
acceptant l'invitation du chiinicher } C'eet la la acule
question que nous ayons 4 nous poser. On a parlé de pro-
positions de paix Quelles sont ces propositions f U n'y
an a aucune Au moment oïl l'AHemapue se proclame vic-
torieuse, entrer sur aon invitation dan* une conférence
ssns connaître les propositions qu'elle frrj, ce serait passer
•otre Wte dans un nœud coulant dont l'Allemagne tiendrait
Ua deux extiérmtés. »

Jtappelons que les Puissances centrales ont re-
fondu par avance à cette objection, en oflirmnnt que
kurj négociateurs apporteraient à la conférence des

fimpositions précises tendant à concilier leurs intérêts
égitimcs avec .ceux des autres nations et pouvant, de
la sorte, servir de base à l'établissement d'une paix
durable. Si M. Lloyd George désirait sincèrement
connaître ces propositions, il ne tiendrait qu'a lui de
satisfaire son désir. S'il refuse l'entrée en pourpar-
lers, proposée par l'Allemagne, c'est que l'Angleterre
ne veut pas connaître les propositions allemandes,
espérant toujours encore pouvoir lui imposer ses con-
ditions humiliantes et désastreuses, qui assureraient
sa propre hégémonie sur le monde épuisé. Ce but,
elle ne l'avoue pas ouvertement. Il pourrait susciter
la méfiance des Neutres, voire des Alliés eux-mêmes.

Il est vrai que M .Llovd George semble se sentir
très sûr de l'assentiment rie la France officielle. Sans
cela il n'aurait guère osé certaine comparaison, qui
sera pénible à plus d'une oreille française.

L Allemagne d'aujourd'hui apparaît aux yeux de
l'Anglais comme, la réédition de la France napoléon-
nieune. Ecoulons le premier ministre britannique :

« La Grande-Bretagne a quelque expérience, dan* ce
genre d'affaires. Ce n'est pas lu première foi* qu'elle combat
un grand despotisme militaire qui juta sur l'Europe. ht
ce n'est pua la première fois qu'elle renversera un despo-
tisme pareil. (\?) Nou» avons dans notre histoire des sou-
venirs 4 ce sujet.

<t Nous pouvons rappeler l'époque où un de ces grands
despotes avait une arriére-pensée a satisfaire. Dans l'exé-
cution de sss plans criminels aon procède favori "cousis tri t
a se présenter sous les apparences de l'ange de la paix, et
il le faisait ordinairement dans deux cas ; quend il lui fallait
du temps pour assimiler îcs conquêtes, ou pour réorganiser
■es forces pour de nouvelles conquêtes ou bien quand se*
■ujels manifestaient des symptômes de fatigue de la guerro.

•(Rappelons, en passant, a M. Lloyd George, qu'a
la veille de sa plus grande victoire d'4usterliz Napo-
léon I sciait déclaré prêt ù faire la paix I — La Réd.)

u Alors ses appels étaient toujours faits su nom de l'hu-
manité. Il demandait la fin do PftKatiofl do sang dont 11
se disait épouvanté, mais c'était lui-même ta principal res-
ponsable. Nos ancêtres s'y laissèrent prendre une fois. Eux-
mèniea et l'Europe s'en repentirent amèrement. Il consacra
le temps qui lui était accordé à la renaissance de ses forces
pour des attaques plus terribles que jamais contre lea liber-
tés de l'Europe -. . u

Noue ne discuterons pas, ici, la comparaison boi-
teuse et superficielle, établie entre Napoléon et l'Alle-
magne d'aujourd'hui. Mais n'est-U pas intéressant
qu'un ministre anglais puisse, a l'heure présente,
accuser de félonie le grand homme qui porta & son
apogée la gloire militaire dont la France a toujour»
été si fiere . Qu'en penser» M. Frédéric Masson, de
l'Académie française? Comment son admiration pour
Napoléon, — brièvement esquissée dans un article
que nous citons plus loin — s'accomodera-t-elle du
mépris dont le premier ministre auglais «vient de té-
moigner à l'égard du grand Empereur des Français?
La comparaison de M. Lloyd George est d'autant plus
osée que tout le monde sail aujourd'hui que la lutte
de l'Angleterre contre Napoléon ne fut qu'une phase
dans la longue série des guerres anglo-françaises
qui aboutirent à l'établissement de l'empire colonial
«t de l'hégémonie mondiale de l'Angleterre mercantile.
Les historiens français qui ont établi celle très simple
vérité sont innombrables, et l'on s'étonne vraiment
que la France d'aujourd'hui l'ait oubliée au point de
ne pas voir que son propre rôle séculaire et glorieux
de champion du continent en face de Vinsulaire Al-
bion, est actuellement tenu par l'Allemagne 1 Mais
Wissons continuer M. Lloyd George :

* Des exemple» d* cette nature (celui d» Napoléon)
mous font regarder la note allemande avec la plus grands
Inquiétude, inspirée plr les souvenirs du passé. Notre sen-
timent est que uou* voudrions savoir, avant de prendre an
sonsidération l'invitation allemande, ai l'Allemagne sst
prêts k accéder aux seules conditions auxquelles il est pos-
sible d'obtenir et de maintenir la paix en Europe. Quelles
sont cee itiona ?

« Elles ont été maintes foi* exposées par tous les prin-
cipaux hommes d'Etat alliés. H. Aaquith les s à plusieurs
reprises snumérées dans cette enceinte ot hors d* cette
enceinte. Tout ce crus js puis faire, e'eat de citer Iss paroles
«fu'ii prononçait la semaine dernier* : * Restitutions, ré-
paration*, garanties contre le renc-uvellninent d'attenUU
•sreil*. s J* répèle : Restitutions complètes, réparations
eomplit-es, garanties efficaces.

■ L# chancelier allemand a-t-U prononcé un seul mot
Indiquant qu'il était dispoté s accepter une pareille paix t
Il a fait stluiion à uno restitution. Il a soufflé un mot da
séparation*. Il a parlé d'assurances pour l'avenir, disant
•ru* cet attentut contre la civilisation ne «erait pas derechef
perpétré k la première occasion. Mais le discours, dans
son fond et dans sa forme, «et un refus de consentir k ta
paix aux seules conditions auxquell-î* la plalx est possible, s

En reprenant la formule de M. Asquith, M. Lloyd
George n'a pu manquer de se rendre compte com-
bien elle ost vague et équivoque. Lorsque M. Asquitb
la formula, un journal anglais, le « Daily Ncuts »
■ écrivit :

« Y a-t-il un Anglai=, hors" du cercte des grands
mandarins de la politique, qui sache ce que cria
veut dire? Ne restous-nous pas, aujutinl hui eneme,
implacablement plongea dans les ténèbres, lorsque
nous essuyons de nous représenter ce que Sera cette
paix pour qpus et pour nos ennemis ! Nous aflirniniu
que ces ténèbres nous sont imposées intentionné te-
nant. ... »

En reprenant la ténébreuse formule aj isi cai [>'•-
risee, M. LI>od George a évîdciiinicid \r.uhi „mo
durer l'équivoque jusqu'au Jour où l'Ai. •'. terre — -ait
peut-être en état de démàsquer st>s ohm 11 i ! ;j«L'
que, si le premier rninnlrê anglais c pere hii , ■
les lourdes responsabilités de la politique nu*!' : ■, i
les rejetant huiles sur le dos de l>di i iirv 11 m (or-
miiUnt des conditions incompaliMps ,r, v l ,,'■! ■,
vitaux de l'Allemagae, l'honneur de -■■ \ ml . <. ,;.
data et la conscience de *on bon droit, c'e t q.i'jl n
l'intention d'écnrtcr de prime ah rd toute po* ikhlo
de disais .ton. I! l'avoue d'ailleurs :

a L'heure actuille n'est pat l'heure du la paix. ■. »

El nous l'en Rendons répéter une à une toutes lea
accusations contre le « mihtarisme h allemand, lequel
a pourlant maintenu pendant plus de quarante ans la
paix en Europe, alors que LmfleVtoiisme anglais a
mis celLe pénode-à profil pour étendre son hégémonie
mondiale par une série d entreprises agressives et de
guerres de conquête. Nous avons éiuméré, en analy-
sant un récent discours de Lord Grey (N' 2tX) de la
« Gazelle «), les quarante expéditions militaires de la
• pacifique » Angleterre au cours des soixante der-
nières années. C'est là V « ange de paix * qui, par la
bouche de M. Lloyd George, suspecte la sincérité de
la note de paix de l'Allemagne et de ses Alliés :

« Si désireux de la paix que nous soyons tous, quelque
répugnance que nou* éprouvions pour la guerre, cette nota
et lo discours qui l'a annoncée ne nous apportent ni grand
encouragement ni grand espoir pour une paix honorable
•t durable.

Quel espoir nous donne le discour* du chancelier
qu'en bâclant maintenant la paix, l'esprit arrogant de sa
caste militaire prussienne, source et cause de ces grands
maux, ne sera pas aussi prédominant que jamais. La dis-
cours m "me qui renferme se* proposition* de paix est uns
' fanfare en l'honneur des triomphes militaire* prussien*.
C'est un long dithyrambe sur la victoire de Hindenburg.-
Cet appel k Is paix est lancé svec ostentation du haut do
char de triomphe du militarisme prussien. N* perdons pas
un Instant de vue les raisons qui nous Drent entrer *n
guerre, autrement le* «acrifices que nou» avons faits seront
vains.

La note allemande dit que c'était pour la défense de leur
existence et pour 1s liberté de leur développement national
que las puissance* centrales ont été forcées de prendre Iss
simcs. De pareilles phrases servent k défendy eaux qui Iss
écrivent. Elles ont pour objet ds tromper 1s nation alle-
mande afin de l'amener k «outenir les visées d* 1s osât*
mi li taire •prussijV'ne.

Qui donc désira jamais mettre fin k leur existence
nationale ou à leur liberté de développement } ... ».

' Qui donc ? Faut-il citer à M. Lloyd George les in-
nombrables écrits, dans lesquels l'impérialisme an-

jrlais, d'accord avec le chauvinisme français, réclame .

Tanéantissemenl de l'Allemagne politique et économi-
que ?

Si M. Lloyd George déclare aujourd'hui :
« Nous ne désirions nullement porter atteinte a
l'existence des Puissances centrales, et ce n'est pas
non plus notre but aujourd'hui, » — on pourra voir
dans cette phrase une conçession à la situation mili-
taire, qui rend illusoire tout projet d'anéantissement,
et c'est lé, évidemment, un premier pas ver§ une plus
same et plus sage conception des choses. Mais le pre-
mier ministre britannique n'en escalade pas moins,
. dans le passage suivant, le sommet de lriypocrisie.
Ecoutons-le :

«Les Allies entrèrent dans Cette guerre pour défendra
l'Europe ooiitre l'ayreasion de la puissance militaire prus-
sienue. Du moment qu'il* y entrèrent, ils doivent insister
pour que sa seule Un soit la gaïuntia la plus complète et
la plus efbcace contre 1s possibilité que cette caste trouble
jamais la paix de l'Europe. Daptiil qu'elle tomba sntre las
main* ds owtts caste, La Crusse s été uns mauvais* voisina,
arrogante, menaçante, matamore, dépassant sa* frontières
k son bon plaisir, srrachsiit territoires après territoires k ses
voisins plus faibles et les ajoutant à se» propre* domaines.»

Mais n'est-ce pas une caractéristique de la pohti-
ue anglaise que nous donne U M. Lloyd George T
"est-ce pas l'Angleterre qui arracha • territoire
après territoire » aux peuples faibles, pour les incor-
porer 4 son empire colonial? Rappelez-vous le Canada
at les Indes, allez voir en Egypte, allez demander
aux Boers de de Wet? Mais rendons la parole au
représentant officiel de l'Angleterre. A la lace «ia
l'Europe, sans rougir, U lance cette phrase ;

« Même en Angleterre ,aoui la protection de* mers, nous
savon* quels facteur* d* troubles étalent les Prussiens sves
tenir* constantes menaces navales. »

Ainsi donc, sur mer encore, c'était lAllemagne
«Tui menaçait La paix du uioude, l'Allemagne, dont la
Jeune marine a toujours au un caractère purement
dêfensif en lace de la formidable flotte anglaise, la-
quelle n'a jamais abandonné un leul instant la pré-
tention de dominer l'océan, c'est-à-dire le monde I Et
e'eat celle Angleterre, ne l'oublions pas, qui parle par
la bouche de son premier ministre, pour exigsr, eous
prétexte de « droit des gens ■, le désarmement da
iAllemagne, c'est-à-dire du seul grand peuple laibant
aujourdbui contrepoids à l'hégémonie britannique.
Ecoulons :

a Maintenant que cette grande guerre a été imposée par
les chefs militaires primsiens a. la Francs, à la Russie, à
l'Italie et i la (jiunde-Bietagno, ce lis lit une folie, et uns
oruelle folie, de ne pas tenir la main à ce que 1»* rodomon-
tades agiessivcs qui, à travers l'Europe, troublaient les ei-
loyens paisibles ot inoffensîfs, soient "traitées sujourd'hul
comme un crime contre le droit des gen*.

Une simple promesse allemnnde de respecter la neu-
tralité qui conduisit la Belgique à ia ruine ne satisfera jamais
plus en Europe, Jnous avons tous cru k la parole "tla l'Alle-
magne, mai*, au premier appel ds la tentation, cette parole
a été violée et l'Europe a éle plongés dans un bain de sang.
En conséquence, nous attendions de savoir quelles garanties
et guettes conditions le gouvernement allemand nous offre,
.1 i garantie* militaire* cl plus sùie» que celles qu'il a
violées si légèrement el, entre temps, nous mettrons notre
notifia ice dans l'aimée intacte plutôt que dans la foi enta-

K

La cornypimdance diplomatique des ministres
)' '. ■ - a Pan-, L-mitrc- et lîeihn c<t là pour repondre

ce lioj's. Nous ne reviendrons pas, aujour-

! a liui, su:1 le* nrirrio"' l'e la sueri»*, estimant que cela
n'. aiii • 'i ritvi knjre inmr tnellcment posée devant
In «. 1 'm i- i ..■ |'l . 'uj e Le jugeaient impartial de

! l'Y"......'Inlilirn le*, i ■ p rvabiMés. Aujourd'hui U

• s c/ii ( V rM ff si tu t/i'i.....rfoil confinuer orf si la paix

SPC.- iv »»r *tV« de l'Europe. Les Puissances

iv i'i "' 1 I t ' r ■u n io; ihon d"nt il r--t criminel
tïe t-i'-r ri.' .• abord la franchise, connue

font lait les ministres responsables à Paria, Londres)

et Saint-Pélersbourg. Le discours de M. Lloyd Geor-
ge, dont nous avons analysé plus haut les principaux
passages, n'a pas facilité l'entrée en pourparlers. Cer-
tains y Toient même un refus net et brutal .Mais tant
que la réponse officielle et collective des Alliés n'est
pas formulée, garelons-nous de conclure.

Le monda entier aspire à la paix. La note que
le président Wilson vient d'adresser aux belligérants,
et dont nous publierons demain le texte, en est un
nouveau témoignage auquel a'est chaleureusement
aasocié le Conseil fédéral, suisse-.

Déjà la presse belliqueuse de Paris et de Londres
a marqué sou mécontentement. Mais nous savons trop
ae que vaut cette presso pour attacher a ses colérea
«ne importance décisive. Attendons la note officielle,
par laquelle les gouvernants ds l'Entente répondront
a l'offre des Puissances centrales. Cette réponse ler-
mera-t-elle la porte entrouverte? L'heure n'est plus
ni aux discours ni aux articles, elle est aux responsa-
bilités. F

BULLETINS OFFICIELS ALLEMANDS

Gr*nd Quartier fènéral, 24 décembre 1818.
Théâtre de la guerre à l'Ouest.
Des deux côte* ds WieJtjs, dans l'arc d'Ypres, des dé-
tachements anglais attaquèrent i l'aube no* positions,
après un fort bombardement ; U* furent repoussé*.

Sur la reste du front, 1s temps étant généralement mau-
vais, l'activité de l'artillerie resta faible.

Théâtre de la guerre à l'Est,
front du feldmuréchal Pnùoe Léopold de Bavière^
Pa* d'événement particulier.

Front du colonel-général archiduc Joseph.

Dans les Carpathes boisées, couverte* ds neig«, le feu
•TsrtiUerie s "sugmenté par intermittence dan* ls secteur da
Ludova et de Kirlibaba.

Au Nord de 1* vallée de l'Us, le* Russes passèrent de
nouveau à l'sttsque. Après uns poussés msjKjuée, ils réussi-
ssait 4 prendre pisd sur ls crête*iu Magjaro*.

Groupe d'armées du feldmuréchal xon Maekcnten.
Les opération* ds l'armés ds ls Dobroudjs ont refoulé '
l'ennemi dans ls coin Nord 0usât du pays. Ls nvs Nord du
Danube, d* p*rt et d'autrsTle Pulcea, se trouve sou» le feu
a* nos canons;

front dé Macédoine.
Entra ls Vardar et ls lac de Dojran le* positions ajje-
aaandes st bulgares furent fortement bombnidées par f'sr-
tillsris anglaisa ; des bataillon» qui attaquèrent dan* la
soi i vu furent repoussé* svec perte* sanglantes.

Grand Quartier général, 25 décembre 191Q.

Théâtre de la guerre à l'Ouest.

Dans l'are de Wytscbaete, la lutte d'artilleris fut forts
swr Intermittence ; dans le* secteurs de* autres armées
Faction militaire a's pea dépassé la moyenne. La nuit fut
eelms dans la plupart des secteurs.

Théâtre de la gutrre è l'Est.

Frent dm feldmaréchal Prince Léopold de Bavière.

Aa Sud-Ouest ds Staxiislav de* avant-postes austro-bon'
spot* repoussèrent plusieurs attaque* près de Pyiieo.

Front du eolontl-général archiduc Joseph.

Dsn* la région d* la Cimbroslava (Carpatbe* boisées)',
■je* patrouilles, maîtresse* du terrain sn avant de* y . i-
fsons, repoussèrent plusieurs fois des détachement* russes
atrtia sn expédition.

An Nord de Boamtïoe, dans la valiés da l'ûiloz, le*
Inuses attaquant k «Uux reprises durent lûchsr pied sous
Bûs urs ds défsuoe.

Groupe d'années du feldmaréchal von Mackensen.

Bu grands Vslsohis de nouveaux combats *e développa-
•ssnL L armé* ds ls Dobroudja s enlevé lsacce*. et a corn-
aaeneé l'sttsque contre ls téte da pont de Macin.

Front de Macédoine.
Rien d'essentiel.

Grand Quai Lier général, 26 décembre 1916
Théâtre de la guerre à l'Ouest.
Dans quelque» secteurs du front d'Ypres, des deux
eetea du oanal de la liassée et à IsOuest ds Leus, l'ar-
Mlleris se montra, plus active.

Pluaieur» fortes patrouilles anglaises furent repoun
tées.

Théâtre de la guerre à l'Est.
Front du feldmaréchal Prince Léopold de Bavière.

Ap StochoJ inférieur l'artillerie russe fut plu^ ac-
tive que d'ordinaire. Aq Nord-Ouc&t de Luck une en-
treprise de détachements allemands rupporti lb pn«
son mors.

Front du colonel-général archiduc Joseph.

A la hauteur de Ludova, dana le* Carpathes boisées»

k Jeu d'axtilltine se renforça par intermittence, Pr«f cta
la vallée de Nuajj;ra, au bud Je Dorna \ atra, uns puus*ée

du détachement* russes échoua.

Groupe d'armées du feldmaréchal von MaeheeMêtù

Lors des combats dans ls plaine de lu grands Vola*
eliio st su bord des moutaguca au Sud do Himnicul—»
tSorat, 5 60*J Euuse* ont nié faits prisonniers cas jour*
derniers. * ....

riicr des divisions utleiuandcs, qui ont mainte* foit
fait prouve de leur Ttullancé, ont enlwvà d'assaÙC •»
commun avoo des baU.ilons auitro-bongroi» qui leay
étaient adjoint*, le vill.iya opiniâtrement défendu da
ïiUpwti (a la voie larréa de Bniau—Bialla), ainsi qua
ies tr«s forte» position* russes j attenant des deui côtes.

Front de Meoêdoine,
Dca patrouille* d'infanterie bulgare attaquèrent
avec succès nu-Isnrd-Ouest de Monastir. Dans la bousJ*

de la Cerne feu d'artillerie plus ou moins vinlnnt.
 
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