Goupil-Fesquet, Frédéric ; Vernet, Horace [Oth.]
Voyage D'Horace Vernet En Orient: Orné de seize dessins — Paris: Challamel, Éditeur, 1843

Page: 60
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VII

Sommaire. — Navigation sur le Nil, du 9 au i3 novembre 183g. — Différentes sortes de barques. — Intérieur
de notre dahabieh. — Les bords du Nil.— Les campagnes.— Machines d’irrigation. — Les chadoufs.—
Les sakyehs.— Appellations du Nil.— Volume d’eau qu’il dépense aux grandes crues. — Les premières
bibliothèques. — La médecine.— Les rats et les souris. •— Coups de courbache au reiss. — Menaces.—
Le i3. — Vestes de chasse et de voyage.Les kepis d’Afrique. — Caban du général Lamoricière. — Lait de
Paris.-— Aventure des buffles; il faut être poli avec eux, anecdote morale. — Le ramadan. — Princes turcs
en voyage. —- Le 14.-—La chaîne lybique; le désert.— Kafr-Raiak, village des Aimés.-» Intérieur d’une
maison.
On compte dans la haute et moyenne Egypte trois mille trois cents
barques , dont huit cents appartiennent au gouvernement; les autres
sont des propriétés particulières. On les divise en plusieurs classes. Les
unes (maachs), les pins grosses, naviguent à l’époque de l’inondation
et servent au transport des marchandises du commerce, et les autres
sont à l’usage des voyageurs. Ces dernières se nomment dahabieh,
canchas ou canges, et djermes,. suivant leur grandeur. Ce sont pour
ainsi dire les gondoles de l’Egypte. On nomme cayasses celles qu’on
emploie à la navigation pendant les basses eaux. Elles sont plates et
pesantes dans leur marche.
La grossièreté des manœuvres de notre dahabieh est sans exemple
ainsi que l’envergure démesurée de ses voiles latines. Allah kerim, di-
sent les arabes ; Dieu est grand! soyons donc confiants et abandonnons-
nous au vent qu’il envoie en aide aux prétendus mariniers qui nous
guident. Par bonheur nous savons nager (c’est toujours utile dans ce
pays); car plus d’un touriste, avide comme nous d’impressions de tous
genres, a sondé maintes fois le profond séjour des crocodiles. D’ailleurs,
on nous assure aujourd’hui que les crocodiles ont fui devant l’in-
fluence civilisatrice du vice-roi. L’impéritie et l’insouciance des reiss
est passée en proverbe, ce qui rend la navigation d’une lenteur dés-
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