Grand-Carteret, John
Les moeurs et la caricature en France — Paris, 1888

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LES MOEURS ET LA CARICATURE EN FRANCE

drapeaux, de cocardes, d'allégories va s'introduire dans le pamphlet graphique.
Les dessinateurs populaires piquent la cocarde nationale, — cette carte des
bons citoyens pendant les Trois Glorieuses,— au tricorne des Jésuites, au
chapeau des partisans de l'ancienne monarchie. Plus ceux-ci se sont montrés
ennemis du progrès et de la liberté, plus leur brevet de civisme revêt des
proportions gigantesques. Charles X, lui-même, n'est-il pas, dans un cauche-
mar, réveillé en sursaut par une immense cocarde qui vient lui tomber sur

ZJS TIUCOZORE.

Fig. 104. — Estampe populaire sur les trois couleurs

le corps comme un duvet. Sur ce point, il y a analogie complète entre la
caricature française et la caricature allemande ; seulement, de l'autre côté
du Rhin, c'est en 1848 surtout que la cocarde fut employée comme élément
grotesque.

Il est à remarquer que 1830 produisit très peu de pièces contre les Jésuites,
ce qui est assez singulier après la façon violente dont le libéralisme venait
de les attaquer tout récemment. C'est à peine si, de temps à autre, apparaît
un curé saisi à la gorge par un républicain prenant sa revanche de la loi du
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