Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Neuvieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome IV): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794109]

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ï38 DE L’ALLEMAGNE.

CHAPITRE CLXXVIIL
Des Allemands sous Rodolphe II, Alathias et Fer-
dinand II. Des malheurs de Frédéric, électeur
palatin. Des conquêtes de Guft ave-Adolphe. Paix
de IVeftphalie, etc.
Pendant quç la France reprenait une nouvelle
vie sous Henri IV, que l’Angleterre ssorissait sous
Elifabeth , et que l’Espagne était la puissance prépon-
dérante de l’Europe sous Philippe II, l’Allemagne et
le Nord ne jouaient pas un si grand rôle.
Plus de cou- Si on regarde l’Allemagne comme le siége de
ronnemeut l’Empire, cet Empire n’était qu’un vain nom , et on
reurs emP£àPeut observer que,depuis l’abdication deCharles-Quint
Kome. jusqu’au règne de Léopold, elle n’a eu aucun crédit
en Italie. Les couronnemens à Rome et à Milan
furent supprimés comme des cérémonies inutiles;
on les regardait auparavant comme esfentielles : mais
depuis que Ferdinand/,frère et successeur de l’empereur
Charles-Quint, négligea le voyage de Rome, on s’ac-
coutuma à s’en passer. Les prétentions des empereurs
sur Rome , celles des papes de donner l’Empire , tom-
bèrent insensiblement dans l’oubli : tout s’est réduit
à une lettre de félicitation que le souveram pontife
écrit à l’empereur élu. L’Allemagne resta avec le
titre d’empire , mais faible , parce qu’elle fut toujours
divisée. Ce fut une république de princes, à laquelle
présidait l’empereur: et ces princes, ayant tous des
prétentions les uns contre les autres, entretinrent
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