Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dix-Neuvieme = Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations, Tome IV): Essai Sur Les Moeurs Et L'Esprit Des Nations — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794109]

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146 DE L’ALLEMAGNE.
griefs des Bohémiens, et alors la fureur fut extrême.
Les protestans voulurent rétablir des temples que
les catholiques avaient fait abattre. Le conseil d’Etat
de Mathias et de Ferdinand se déclara contre les pro-
testans , ceux-ci entrèrent dans la chambre du conseil,
et précipitèrent de la salle dans la rue trois principaux
roagistrats. Cet emportement ne caractérise que la
violence du peuple, .violence presque toujours plus
grande que les tyrannies dont il se plaint. Mais ce
qu’il y eut de plus étrange, c’est que les révoltés
prétendirent par un manifeste qu’ils n’avaient fait
que suivre les lois , et qu’ils avaient le droit de jeter
par les fenêtres des conseillers qui les opprimaient.
L’Autriche prit le parti de la Bohème, et ce fut
parmi ces troubles que Ferdinand de Gratz fut élu
empereur.
Cuerre de Sa nouvelle dignité n’en imposa point aux protes-
trente ans. tans je gopême , qui étaient alors très-redoutables :
ils se crurent en droit de destituer le roi qu’ils avaient
élu, et ils offrirent leur couronne à l’électeur palatin ,
19 novembre gendse du roi d’Angleterre Jacques I. Il accepta ce
i6 2o. trône, sans avoir allez de force pour s’y maintenir.
Son parent Maximilien de Bavière, avec les troupes
impériales et les Tiennes , lui fit perdre à la bataille de
Prague et sa couronne et son palatinat.
Cette journée fut le commencement d’un carnage
de trente années. La victoire de Prague décida pour
quelque temps l’ancienne querelle des princes de
l’Empire et de l’empereur : elle rendit Ferdinand II
I 6 2 T. despotique. Il mit l’électeur palatin au ban de l'Em-
pire, par un simple arrêt de son conseil aulique , et
proscrivit tous les princes et tous les seigneurs de
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