L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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Ce qui fait le principal intérêt de ce recueil, c'est que chaque estampe est accompagnée
d'une note manuscrite de Guay, qui explique le sujet en un langage absolument dépourvu d'ortho-
graphe et de grammaire, mais très-précis. Cette explication est immédiatement suivie d'une
traduction ou paraphrase « en beau langage académique » dont la boursouflure forme le plus réjouissant
contraste avec le patois naïf du graveur. L'auteur de cette paraphrase est inconnu. Guay le
désigne toujours sous le titre de l'oracteur.

Pour donner une idée de ce singulier travail, nous allons transcrire ici la préface :

Préfase.

Les critique diron ce quil leurs plera une Prefase et quelque chosse. En voila une.
Les suges qu'ils ne sont poin de la composition de Guay Sont expliquait dans les Notes de
chaque estampes.

Les deseins qui on servit pour graver cette Colletions sont fait dapres les Pierres ou les Empreintes.
Faute à coriger
Lortographe et le Discour.

Voici maintenant le développement « académique » de V(tracteur :

AVANT- PROPOS

« Les grands qui protègent les arts, qui les encouragent par des honneurs et des récompenses,
sauvent celui qui les exercent des dégoûts attachés à un travail stérile. C'est par leurs soins que les
États sont préservés d'une l'éthargique [sic) oisiveté et de la barbarie qui la suit toujours. Ils
deviennent par là les bienfaiteurs de L'humanité.

« Le nom des Mécènes qui, dans les siècles mômes d'ignorance, tàchoient de ralumer le
feu du génie est célébré d'une manière propre à en multiplier le nombre. Qu'elle gloire plus
juste et plus flatteuse n'est réservée aux personnes qui, non contentes de prêter un appuy aux
Sçavans, entrent avec eux dans la carrière, employent leurs mains à la culture des arts et les
éclairent en même temps qu'elfes les favorisent.

« L'application que leur a donnée madame la marquise de Pompàdouk a fait éclore cette
Suitte d'Estampes qu'on verra toujours avec la satisfaction qu'inspirent les fruits du génie et du
sentiment.

« Madame de Pompadour a associé à son travail vin habile homme né en Provence, dont
le talent supérieur pour la graveùre en pierres, justifie le choix qui a été fait de luy. Ses
productions retracent à nôtre siècle tout l'Art des Dioscorides; on y admire les grâces Fines et
légères de l'ancienne Grèce unies à la noblesse du goût romain. A ces traits on reconnaît
M. Guay; il est le premier graveur en pierres que l'académie royalle de peinture et de Sculpture
ait admis dans son Sein, distinction égallement honorable pour l'artiste et pour l'académie.

« On n'a pas d'autre vue dans l'explication suivante, que de mettre devant les yeux le
sujet de chaque Estampe pour en faciliter l'intelligence, apprécier leur mérite est une tâche
au-dessus de mes forces. — »

Les cinquante-deux planches sont illustrées de la même manière et dans le même style par
Voractezir, plus expert lui-même en « beau langage » qu'en orthographe. Car, malgré ses prétentions
académiques, du reste parfaitement justifiées, on a pu remarquer que sa manière d'écrire les
mots, sans être aussi fantaisiste que celle de Guay, se permet cependant des écarts assez sur-
prenants, qu'il est impossible de prendre pour de simples lapsus. 11 écrit laurier en deux mots
avec une apostrophe, cyloiens, qu'elle vivacité! etc. La grammaire n'est pas mieux respectée que
l'orthographe. Ainsi il dira à propos de l'estampe qui porte le n° III : Ce sont deux têtes de femmes en
profil; adossées le voile qui les co'êffe est dans le même goût que l'antique. A l'estampe VI il ajoute
cette note : Cette composition savante a été imaginée et exécutée par M. Guay pour sa réception à
l'académie sur une grande cornaline.
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