L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

Seite: 176
DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1875_1/0194
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
i76 L'ART.

Byzance à Kieffen l'année 1116, et servit au couronnement du grand-prince. Selon M. Artamof, cette
couronne est la seule réputée héréditaire des souverains russes; ils la transmettent à leurs héritiers
avec la croix vivifiante, les armes, la chaîne de prince et le vase de César-Auguste. Elle est d'un
travail grec et ornée de pierres précieuses. La seconde couronne de Vladimir Monomaque, moins
riche que la précédente, lui ressemble pourtant beaucoup. On prétend que cette couronne fut donnée à
la grande-princesse Olga, en 946, lorsqu'elle alla se faire baptiser et sacrer à Constantinople.

La couronne en drap d'or, dite bonnet de Sibérie, appartenait au tzar Alexie-
vitch. Quelques-unes des pierres qui la décorent sont de toute beauté.

Nous retrouvons partout les goûts artistiques et l'amour du luxe qui caracté-
risaient le Bas-Empire. Tous ces bonnets, comme tous ceux qui font partie de la
collection d'objets d'art du palais Granulé, comme la couronne du tzar Féodorovitch,
dite bonnet d'Astrakan — couronne couverte de saphirs, de perles, d'émeraudes, de
diamants et remarquable par le travail d'orfèvrerie — conservent toujours la forme
en coupole, cet élément de l'art byzantin qui caractérise aussi l'art russe. La cou-
ronne d'Astrakan rappelle la conquête d'Astrakan, comme la couronne de Kanon
rappelle la victoire de Ivan Vassilievitch IX.

Citons la couronne de VImpératrice Catherine 7ra, sur laquelle se trouve cette
inscription : Sa Majesté VImpératrice de toutes les Russies, Catherine Alexievna, a été
couronnée à Moscou le 7 mai IJ24. Poids de la couronne, 1 livre 4j \olotniks; il n'y
a point de pierres; citons la couronne impériale, la couronne en vermeil de Pologne,
la couronne de Géorgie, etc., etc.

Mais nous sommes forcé de nous borner et de ne nous occuper que des
objets principaux. Le sceptre de cérémonie que nous reproduisons est fort remar-
quable. L'artiste a su tirer un parti de la disposition des armes de la Russie?
et les aigles, portant la couronne, loin de nuire à l'harmonie générale ou de
rompre la silhouette du sceptre, semblent au contraire former avec lui un tout
nécessaire.

Le sceptre de Vladimir Monomaque est un don de l'empereur grec. On y voit
représentés en émail l'Annonciation, la Nativité, l'Adoration des Mages, la Purifi-
cation, la Transfiguration, la Résurrection de Lazare, le Crucifiement, l'Entrée à
Jérusalem, l'Incrédulité de saint Thomas, la Résurrection, l'Ascension et la Descente
du Saint-Esprit.

Si, après avoir jeté un coup d'œil sur les globes impériaux de Pierre le Grand,
de Vladimir Monomaque, de Ivan Alexicvitch, nous passons aux vases d'or et
d'argent que possède le trésor du Kremlin, nous nous trouverons en présence
d'objets non moins beaux, non moins curieux, non moins artistiques que ceux
que nous venons de voir. Les coupes, les vases, les aiguières, les puisoirs, les
cannes, les colliers, etc., aux formes les plus variées, à l'ornementation la plus
bizarre, aux animaux entremêlés de feuillage, aux satyres, bacchantes, chasseurs
se jouant au milieu des arabesques les plus fantastiques : tout révèle une fécondité
Sceptre d'imagination inépuisable. Ici c'est la Sainte-Barme, de Vladimir Monomaque; là,
de cérémonie. la canne en ivoire envoyée par l'empereur Maximilien Ier en 1 514; plus loin une
chaîne en or composée de 89 anneaux, sur lesquels sont gravées des prières
suivies des titres du tzar; un peigne en ivoire orné de pierres précieuses; deux bocaux en forme
de grappe; trois gobelets et un livre en vermeil, envoyés en 1620 par le roi Jacques d'Angle-
terre, etc., etc. Nous n'en finirions pas si nous voulions énumérer toutes les choses curieuses que
renferment les galeries du trésor. Contentons-nous de signaler une petite tasse en argent sur laquelle
se trouve cette curieuse inscription : Tu désires la gloire terrestre et par là tu perds la céleste; et plus
bas : Loue le Seigneur et demande-lui pour le souverain la santé pendant de longues années. C'est la tasse
d'un brave homme ; sers-t'en pour porter des santés.

La salle des armures n'est pas moins curieuse, et il y aurait tout un livre à écrire sur
loading ...