L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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et des médailles. Pise fut la première ville italienne qui fit une monnaie aux armes du roi de
France. Les Pisans voulaient lui témoigner leur joie d'être délivrés du joug des Florentins. Aussi
ils écrivirent autour de l'écusson de France gravé sur leur monnaie : « Charles, roi, libérateur des
Pisans. » Le revers représente la Vierge tenant le Christ enfant dans ses bras.

./écusson des armes de France, surmonté de la couronne royale, paraît aussi sur une monnaie
d'Aquila, ville de l'Abruzze, qui, une des premières, s'était déclarée pour les Français. La légende est
écrite en français, et, à cette époque, toutes les monnaies portaient encore des légendes latines.
Leblanc, dans son histoire des monnaies de France, dit que les habitants d'Aquila voulurent
montrer par là à quel point ils étaient bons Français. Mais la plus belle parmi ces monnaies fut
une pièce d'or frappée à Naples trente-cinq jours après l'entrée du roi dans cette ville.

Ce qui est beaucoup plus intéressant que les monnaies, ce sont les médailles, dont plusieurs
sont très-remarquables. L'une d'elles est un grand médaillon sans revers. Charles VIII est coiffé
du mortier et porte le cordon de Saint-Michel. Le roi de France était d'une laideur peu commune,
et sa physionomie sans finesse, mais pleine de bienveillance, fait un contraste remarquable avec
celle des princes italiens de ce temps, où l'on trouve presque toujours dans l'expression une grande
pénétration unie à une certaine rudesse. L'artiste a su tirer tout le parti possible du profil ingrat de
Charles VIII, et en a fait une œuvre d'art magnifique. Ce n'est pas un portrait idéalisé, mais c'est
un portrait vivant, largement vu et finement exécuté. Les autres portraits du roi qu'on voit sur les
médailles italiennes faites en son honneur sont loin de valoir celle-ci, quoique par les traits elles
offrent toutes une concordance parfaite. Mais plusieurs sont intéressantes par les compositions que
présentent les revers. L'une d'elles, qui porte la signature du graveur Simon de Parme, a pour sujet
la statue équestre de Marc-Aurèle. L'usage était déjà très-répandu en Italie d'associer sur la même
médaille un personnage illustre de l'antiquité à un personnage vivant.

Sur une autre médaille italienne de Charles VIII, on voit Samson combattant le lion. C'est une
allusion à la force et à la valeur du roi. Un peu plus tard, ce ne sera plus Samson, mais Hercule,
que les artistes prendront pour symboliser la Force.

Toute la noblesse française accompagnait Charles VIII dans cette campagne; les beaux-arts,
qu'elle avait dédaignés jusque-là, devinrent son goût dominant. La gravure en médailles se développa
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