L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE. 255

stant les modifications qu'ils ont subies en certains lieux par le mélange des peuples ou par des cir-
constances particulières.

Si la musique est aujourd'hui, plus que tout autre art, de création libre et spontanée, elle n'a été
à l'origine qu'un accompagnement du langage poétique, de la solennité du culte, de la pompe des
cérémonies, de la marche guerrière ou de la danse, de même que la sculpture, le dessin et la peinture
ont pour principe l'imitation de la nature et que l'architecture dérive de la nécessité qu'éprouve
l'homme de s'abriter contre les intempéries de l'air. Mais tous les peuples n'ont pu arriver au même
résultat dans les arts, quoique ayant le môme point de départ, parce qu'indépendamment de ce que
les facultés humaines sont distribuées inégalement aux races comme aux individus, l'éducation, les
mœurs et mille circonstances ignorées donnent naissance à des conceptions artistiques plus ou moins
divergentes entre elles. Chaque peuple produit des œuvres artistiques et industrielles dans la limite
de ses facultés, et, si l'industrie se trouve chez certains peuples bien plus développée que l'art, c'est
qu'elle est le résultat d'une adresse manuelle ou d'une connaissance de certaines lois de la nature
dont les animaux eux-mêmes sont doués, tandis que le goût et le sentiment du beau, sans lesquels le
progrès dans l'art est impossible, sont l'apanage de races privilégiées.

Instruments de musique des Égyptiens.

La première notion musicale qu'ait l'homme, et celle qu'on trouve la plus développée chez les
sauvages, est le sentiment du rhythme caractérisé par le tambour. Suivant la loi de capacité musicale,
basée sur la conformation du cerveau, la conception d'intonation des sons ne peut exister que dans
les limites les plus étroites chez le nègre. Aussi, parmi les populations où le principe noir domine, le
nombre des sons est-il borné à quatre dans le chant, lorsqu'il n'a pas été modifié par des influences
étrangères. La forme mélodique n'offre qu'une signification vague et dépourvue de variété. La
succession monotone de la même note satisfait les nègres et le son condensé du tambour est pour
eux la jouissance la plus vive, surtout lorsqu'il les invite à la danse.

Les siècles se sont écoulés sans que les peuples de la race noire aient fait plus de progrès dans
les arts que dans la science de la vie. Tels ils ont été, tels ils sont, tels on les verra dans les siècles à
venir.

La race jaune ou mongolique, qui peuple l'extrême Orient, est organisée pour s'élever jusqu'à
un certain degré de perfectionnement moral qu'elle a atteint depuis des siècles et qu'elle ne paraît
pas pouvoir dépasser. Sa supériorité sur la race noire est évidente en toute chose, mais l'imperfection
de son organisation artistique se manifeste par son inaptitude à sentir et à rendre les nuances. La
gradation des couleurs et la perspective n'entrent pas plus dans la conception des peintres de la race
jaune que la gradation et l'harmonie des sons dans l'intelligence des musiciens de la même race.
Leur gamme n'est composée que de cinq notes : fa, sol, la, ut, ré, avec la répétition du fa octave.
H n'existe pas un air, pas une phrase de mélodie, dans toute la musique chinoise, où l'on trouve
l'emploi des deux demi-tons mi-fa, si-ut. Mais le phénomène le plus singulier, c'est que les Chinois
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