L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE. 257

dans les monuments de la plus haute antiquité en Égypte et qui représentent des instrumentistes et
des chanteurs ne peuvent que confirmer cette opinion. La prédominance du chant, qui est marquée par
l'attitude des chanteurs battant la mesure, l'importance du rôle de la harpe, de la cithare et d'autres
instruments à effets doux et propres aux modulations, indiquent suffisamment que la musique de ces
peuples différait considérablement de celle de la race jaune.

La question de l'origine des anciennes populations de l'Amérique est très-controversée, mais en
se bornant aux seuls arguments tirés des éléments musicaux que fournissent soit les chants populaires,
soit les instruments trouvés dans les ruines, M. Fétis conclut qu'il n'y a pas de rapport entre cette race
qui taisait du demi-ton un élément nécessaire de sa musique, qui rétrécissait même les intervalles
de la gamme et exprimait ses idées mélodiques au moyen d'instruments à sonorité douce et sympa-
thique, et la race jaune dont la nature sèche est en opposition avec toute relation de sons expressive
et sentimentale. Les rapports frappants de la musique des anciens Américains avec celie des Arabes
et des Indiens occidentaux ne permet pas de douter que ces peuples ne soient d'origine sémitique.

Bien que ce soit une opinion généralement admise que la musique diatonique, c'est-à-dire celle
dont les sons se succèdent à de certains intervalles appelés tons et demi-tons, soit un effet de la

Instruments de musique du moyen âge.
(Chapiteau d'une colonne du xie siècle; abbaye de Saint-Goorges-Boscherville.)

nature, M. Fétis n'hésite pas à contester cette opinion. En effet, on a vu plus haut que les peuples
de la race jaune, quoique ayant la connaissance des douze demi-tons de l'échelle chromatique, n'ont pas
le sentiment de l'emploi du demi-ton. On a la preuve que la race blanche, douée d'organes plus
sensibles el capable de saisir et de comparer des tons placés à des intervalles excessivement petits,
a, au contraire, exagéré le nombre de ces sons dans ses premières échelles tonales. Les traités de
musique les plus anciens et les plus authentiques de la littérature sanscrite divisaient la gamme en
7 intervalles, dans lesquels 22 intervalles plus petits étaient inégalement répartis. Les Perses en
admettaient 24 et les Arabes 17.

A l'égard des peuples d'Europe, l'étude de l'art musical dans l'antiquité fait voir que le principe
aryen n'a pas eu moins de part dans leur musique que dans leurs langues. Le système pélasgique était
celui de l'octave divisée en 24 quarts de tons.

L'ordre chronologique des plus anciennes transformations du système musical des Grecs nous est
inconnu, cependant on peut reporter à l'époque où les éléments de la langue pélasgique se fondirent
dans la langue hellénique un changement considérable dans la musique des Grecs. La transformation
complète de la musique et la création du système diatonique, devenu l'origine de la musique euro-
péenne du Moyen-Age et de la Renaissance, commencèrent par la substitution du tétracorde ou série
de quatre sons à la division simple de l'octave. C'est dans ce nouveau système que s'introduisit le
genre chromatique proprement dit par la substitution du demi-ton au quart de ton. Mais cette
innovation ne fut encore que l'intermédiaire par lequel on arriva au genre diatonique, à intervalles de
tons et demi-tons inégalemen* répartis. Ce genre ne fut d'ailleurs pas tout d'abord celui de la
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