L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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258 L'ART.

musique moderne, car ce n'est qu'au commencement du xvif siècle de l'ère chrétienne que le
système actuel de tonalité a été définitivement fixé.

Tout est mystère dans ce que les écrivains de l'antiquité rapportent des effets prodigieux produits
par la musique dans les concours des fêtes olympiques, pythiques et autres. Malgré les ressources

de l'harmonie qu'ignoraient les Grecs et nos instruments per-
fectionnés, nous savons le peu d'effet que produisent en plein
air un chœur et un orchestre. La musique militaire, sans le
rhythme marqué par les tambours, les cymbales, les cuivres,
cesse elle-même d'être distincte à une courte distance. Comment
s'expliquer qu'une flûte, une cithare ou même une voix aient pu
porter leurs sons jusqu'aux points les plus reculés des vastes
cirques où se rendaient en foule les masses populaires?

Après la conquête de la Grèce, la musique fut portée en
Italie par les artistes grecs ; mais l'art antique avait dit son
dernier mot dans toutes ses branches, il ne pouvait plus que
déchoir.

Avec la mythologie, tout ce qui caractérisait le goût et les
idées de l'antiquité avait disparu dès le iv" siècle de notre ère.
La décadence de la musique avait été d'autant plus rapide que
la ferveur des premiers chrétiens, stimulée par la persécution,
l'avait fait confondre dans l'anathème général prononcé contre
la religion et l'art des païens. Les circonstances désastreuses
Le Nabi as dans lesquelles tomba la civilisation et les dévastations inouïes

D'après un vase peint de l'Apulio, exercées par les barbares pendant plusieurs siècles achevèrent

publié et décrit par Gerhard. ce qu'un zèle aveugle et la réaction contre l'état social antique

avaient commencé.

Charlemagne essaya de faire recueillir les chants nationaux et de modifier la rudesse du chant
d'église, d'après les traditions orientales conservées à Rome, et introduisit Yorganum dans les églises;
mais c'est seulement au XIe siècle que Guido d'Arezzo conçut l'idée d'une méthode nouvelle pour
l'enseignement de la musique et qu'apparut un système

régulier de notation. L'art sortit bientôt du cloître et se 7
fit laïque. Les poètes chanteurs s'en allaient, de château \^
en château, accompagnés d'un ménestrel ou jongleur qui

jouait d'un instrument et au besoin faisait des tours d'esca- y2b| sjPwi

XJorganum, musique barbare, dans laquelle d'affreuses ^4A-V^Vt^-î-vk^'

dissonances se succédaient de manière à déchirer l'oreille (Jy^ ~~~r~

la moins sensible, se perfectionna à cette époque. La ^^m^^^^^^^-*^^^^
musique avait, au Moyen-Age, de. belles parties dignes ^r~i~IZZpi^
d'intérêt, telles que le plain-chant et les mélodies popu- jj^'ll I ^ M\Jj W f ^ ^II
laires, mais l'harmonie véritable n'existait pas. Bjfc^s^j^ll^X, a pas ' --^l^rfl

Au xiv" siècle toutes les grossières discordances ont "Vl" — "~~ ' ~&*SÊÉÈÊÊ^Ë^

disparu et, si l'on n'est pas encore installé dans le

domaine de l'harmonie pure, on est entré dans la voie Le Yun"lu dfs Ciiinois-

qui doit y conduire. Les deux genres cultivés à cette

époque étaient la musique religieuse et le chant profane pour un nombre de voix plus ou moins
considérable, sans accompagnement, sauf l'addition d'instruments à l'unisson des voix. Mais, après
le concile de Trente, le caractère de la musique religieuse changea et une révolution s'accomplit
par contre-coup dans la musique mondaine. A la musique vocale s'était ajoutée la culture de la
musique instrumentale. L'orgue, le clavecin, le luth, le téorbe, la guitare, les violes, les cornets,
les flûtes et les hautbois étaient joués par des artistes d'une certaine habilité et l'on écrivit pour
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