L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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3 H L'ART.

des correspondances d'une immense valeur; je ne saurais donc insister trop vivement sur la publication
des documents curieux à quelque titre que ce soit. »

On ne saurait trop approuver et répandre ces conseils dictés par l'expérience, surtout quand il
s'agit de nos chers artistes français, encore si peu connus, et qui méritent tant de l'être1. Qui savait,
avant le livre de M. Villot,, non-seulement les circonstances principales de la biographie, mais même
les dates exactes de la naissance et de la mort de Hall? Et quand aux renseignements précis viennent
se joindre des documents authentiques, des lettres autographes qui nous font pénétrer dans la famille,
dans la vie intime et dans la pensée, pour ainsi dire, de l'artiste, c'est une double bonne fortune.
Comme l'ouvrage de M. Villot est, pour les raisons que j'ai dites, peu répandu, j'ai pensé qu'une
analyse succincte, à laquelle je suis en mesure d'ajouter un document curieux et entièrement nou-
veau, ne serait pas sans intérêt pour nos lecteurs.

11 se divise en trois parties : la première contient la biographie et la correspondance de l'artiste
avec sa famille; la deuxième, les pièces justificatives, c'est-à-dire les actes d'état civil et un catalogue
des portraits de Hall, aussi complet qu'il est possible de le dresser aujourd'hui avec les livrets des
expositions et les papiers du peintre lui-même. La troisième partie renferme une étude très-intéres-
sante sur les procédés des miniaturistes du siècle dernier et un catalogue des ouvrages consacrés
à la miniature. M. Villot a, comme on le voit, singulièrement élargi les limites naturelles de son sujet
et nous sommes bien éloigné de nous en plaindre. Mais ne nous occupons pour le moment que
de Hall, et contentons-nous de résumer en peu de mots la biographie définitive écrite par M. \ illot.

Né à Stockholm en 1739 % et fis d'un médecin du roi de Suède, Pierre-Adolphe Hall vint s'établir
en France en 1760, après avoir suivi les cours de l'Université de Goettingue.

Ln 1769, notre artiste était agréé par l'Académie royale de peinture. 11 ne dépassa jamais ce
premier degré de l'initiation académique, qui lui permettait au reste d'exposer ses œuvres aux
salons bisannuels du temps. Cet avantage lui suffisait sans doute, et jusqu'à l'époque de la Révolu-
tion, où il fut obligé de quitter la France, il envoya régulièrement de nombreux portraits aux diverses
expositions s.

Hall avait épousé, en 1771, une petite-nièce du fameux peintre d'animaux Oudry, nommée Cobin,
contre le gré d'une partie de la famille et notamment du père de la jeune file. Sa religion, — il
était luthérien, — avait excité chez plusieurs des parents de sa femme des scrupules de conscience; et,
malgré la complaisance de quelques amis moins timorés qui consentirent à lui donner un certificat en
règle de catholicité, le mariage faillit être empêché au dernier moment. Enfin l'union de Hall et de
M"e Gobin fut consacrée dans l'église Saint-Louis de Versailles, le 23 avril 1771. L'artiste eut
quatre enfants : trois filles, dont la dernière ne mourut qu'en 1B52,; et un fils mort en 1833.

La Révolution, qui bouleversa l'existence de tant d'artistes, priva notre miniaturiste de sa clientèle
habituelle, recrutée parmi les grands seigneurs et les financiers. Bientôt même la détresse le força à
aller solliciter la protection du roi de Suède, qui lui avait jadis offert une position brillante à sa cour.
Au mois de mai 1791, Hall quitta Paris qu'il ne devait plus revoir et partit pour la Belgique. Le
chagrin, la douleur d'une séparation prolongée, la perte de ses deux gendres, victimes de la Révo-
lution, les progrès rapides d'une maladie probablement mal soignée, le conduisirent inopinément au
tombeau deux ans après. Il mourut à Liège, le 15 mai 1793, d'une attaque d'apoplexie, au moment où
son médecin le croyait en voie de rétablissement complet. 11 n'avait que cinquante-sept ans.

M. Villot n'a trouvé dans les papiers de famille que des épanchements intimes ou tout au plus des
causeries familières sur les préoccupations ordinaires de l'artiste, des appréciations sur les tableaux
qu'il a vus dans les dernières pérégrinations de sa vie, ou des détails sur ses relations et sur sa santé,

1. Quoique Hall soit né en Suède et ait passé une partie de sa jeunesse en Allemagne, comme il vint jeune encore se fixer en France,
comme c'est à Paris que son talent se développa et que sa réputation se fit, M. Fr. Reiset a eu raison de le classer dans l'école française. Il
compte dans notre école au même titre que Roslin, que Wertmuller, que Landberg,que Wille et tant d'autres, nés dans des pays étrangers,
mais devant à la France, où ils ont passé la plus grande partie de leur vie, leur talent et leur réputation.

2. Nous avons dit plus haut les raisons qui nous font adopter la date de 1739, contrairement à l'opinion de M. Villot, qui fixe la nais-
sance de Hall à l'année 1736.

3. M. Reiset a cité, dans la notice qu'il consacre à la biographie de Hall, à la fin de son catalogue des dessins, des extraits de critiques
du temps qui toutes font le plus grand cas du talent du miniaturiste suédois.
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