L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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FORTUNY

né a reuss (Catalogne) le ii juin ifï39, mort a home le 22 novembre 1874

Mariano Fortuny est mort à Rome le 22 novembre 1874; il était né à Reuss, en Catalogne, le
11 juin 1839, dans une famille d'une position précaire. On doit, dit-on, publier prochainement des notes
et des correspondances, fournies par ceux auxquels il s'était allié; ce sera l'occasion sans doute de
ramener à de justes proportions la légende qui circule à Barcelone, et
fait de Fortuny, en ses toutes premières années, un ingénieux montreur
de marionnettes qui sculptait et peignait lui-même ses acteurs de
bois. Ce qui pourrait donner créance à cette assertion des habitants
de Reuss, assertion qui donne une note piquante à sa biographie ;
c'est l'étonnante habileté de main qui aurait (ait de cet artiste, a
défaut d'un peintre des plus intéressants, un armurier, un nielleur,
un sculpteur sur bois ou un orfèvre exquis. Mais tout en constatant
cette tradition catalane, on ne doit l'accepter que sous bénéfice
d'inventaire.

Dès l'âge de treize ans, Fortuny, qui dessine déjà d'instinct et
étonne ceux qui l'entourent par sa persistance à représenter tout ce
qu'il voit, suit des cours réguliers et entre dans l'atelier de Don
Claudio Lorenzalc, peintre catalan assez estimé dans son pays, et
dont nous avons vu quelques œuvres à l'Exposition universelle. Il
étudie là pendant quatre années, et, en 1856, obtient au concours
la pension de Rome instituée par Vayuntamiento de la ville de Bar-
celone en faveur de celui des élèves natifs de la province qui a
donné la preuve de hautes dispositions pour la peinture. Plus tard
cette pension se doubla d'une seconde, faite par la reine Isabelle sur
sa cassette particulière. • Boucle arabe trouvée a Grenade.

........ . (Collection Fortuny.)

C est une tradition, plus quune institution, que cette pension

Fac-similé d'un dessin de Fortuny.

de Rome accordée par les municipalités des différentes villes de la

Péninsule ou par le souverain môme; l'initiative en remonte à Philippe IV et à Velasquez. Depuis
lors, de tout temps, il y a"eu à Rome une colonie castillane recrutée, soit parmi les jeurtes artistes

de Madrid, soit parmi ceux nés dans la
province. Ils vivent là groupés autour du
plus habile d'entre eux, et protégés pat'
leur ambassade-, ceux de leirfs compa^

triotes qui viennent en Italie libres de toute
attache officielle se réunissent à eux. Sous
Charles III la colonie se composait de
Selma, Enguidanos, Carmona^ Villanueva.
Boucle arabe trouvée a Grenade. Antonio de Ribéra, d'un certain Vélasquez

(Collection Fortuny.) et ^ f0llgueiix Goya, pensionné par la ville

Fac-similé d'un dessin de Fortuny. . .

de haragosse sur la présentation de sori
célèbre compatriote le comte d'Aranda, qui fut son protecteur. Jamais depuis lors cette petite école
n'eut plus d'éclat que pendant ces dernières années, alors que Fortuny, jeune, plein d'existence, déjà cri
possession de la renommée, groupait autour de lui tout un cénacle que sa mort subite aura dispersé.
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