Philostratus, Flavius [Editor]; Philostratus <Iunior> [Editor]; Callistratus <Sophista> [Editor]; Vigenère, Blaise de [Transl.]; Artus, Thomas [Transl.]
Les Images Ov Tableavx De Platte Peintvre Des Deux Philostrates Sophistes Grecs Et Des Statves De Callistrate — Paris, 1629 [Cicognara, 1933-2]

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PÜAETON. si

Lunente aulTi, lequel soüffre peine, &C estend Toii geronàPhaethon : Ét de
faic sa couleur represente vn qui le veut receuôir. Orilcultiueratoutin-
contincnr les Heliadesjconuertissant ehpierre,par iescxhalâtionsÔCfroi-
dures partans de luy,cequidegoutte d’elles: Etparsesclairesondesrou-
lera en bas, aux Batbares habitans l’Ocean, les pieces &C lopins des Peu-
pliers.

ANNOT ATION.

E v x passages de Lucian nous esclairciront tousiours de tant pius ce tableau,
lesquelsapres auoiricypremis,tantpourleur elegance&: plaiiitjque pourestre
sîà propos au present fubjet, nous viendrons puis apres aux particularitezd’i-
celuydî ditdoncquesainsi és Dialogues des Dieüx, où ïupiter tance âigrement
le Soleil de la faute qu il a comnuse»

IV p i t E r. Etqu'efl-ce quetuviensdefairesseplus mefchantçjmal-heureux detous
les Titanes, qui as ainflgafle-perdu tout ce qui efloit au monde, pour anoir donné ion chariot a conduïre â run
kune garçon, ignorant & folastre, lequel a hrufé tout hjn endroit,pour s’eftre laiflé tranflorter à toute bride,
tropprés de la terres & tranjy l’autre de froidures, en ayantretinla chaleurplus loing qn’il nesalloit r'Somme
qn’tl n’y a rien de refle qui n’aitpar luy eftê trouhlé, consondu ér meflé. Et fi ïe ne l’eujse iettédu haut a has
d’vn coup desoudre, evoyant ce quïfesaifoit, chofe quelconque ne fuft demeurêe de tout l’humain genre : Si hien
tn nous auoîs endoüez.de cegentïiconduBeur de chariot. Le Soleil. ï’ay sailly de vrayflre lupiter, maîs
ne vous courroucez> pas dauantâge fiie mefuis laïsteallera vn ieune enfant, qui meprejjoït de ielle forte. Car
comrne eujfe-iepensé que tel mal en deuft aduenir ?\ vpiie r .Etneeognùijfois-tupasbknde quelle gran~
de induftrie & aduis a he/oin cette ajfaire ?que fiquelqu’vn fte iou'è de fe soùruoyer tant foit peu, toutes chofes
periroimtfoudain ?Ignorois-iu nonphtsl’ïwpetuofité des cheuaux, ausqucls il faut d’vnegrande forcetenir
la hride roide ?Car fi on la leur lafcheplus quon ne doïtyprenans le ftein a helles dehts,ils s’en vontj’vn d’vh
coftéj’autre d’vn autres Ainftqu’ils ont tranflorte cettuy-cy, mamtenant a maingauche, & tantofi apres a U
droite : Parsois aufli tout au reboursde la carrïere qu’ils auoientcommenceaprendre > Et ssnalement dejfùs &
dejfousyn haut çj en has,par tout où hon leur afimhlé: Carlepauure ignorant nefçauoit comme ilsalloit vfer
d’eux. L e Soleîl. Iescaaois de vray tout cela,&pourtant ie luy ressssay leplus que ie peus,fans luy vou~
loïrocîroyer la conduite d’vne telle hejongne. Mais apres qu’il sesut mis a rne prierplus inftamment a chaudes
larmes,& famere Clymenêquand& luy; l’ayant mis alorsdejfus le chariot,ie l’instruis & admoneftay comme
il fe salloit comporter en chemin: comhien eftreporte en haut, iors qu’ilpoijseroit iescheuaux contre-mont- çj
derechefpuis apres fe rahaijscra valla defcente:Ccmment il luy faudroitgouuerner les rcshesid? furtout,de ne
permettrepoint a fes beftes d’vfer de leur ïmpetuostté volontain\ Etfiluy dis plus, quelperil tly auroit, s’ilm
fluiuoit la droitc route. Mais luy (car ce n’efioit encores qu’vn enfant) eftant montéjùr vne telle sournaife, & se
voyant dcjfous luy vne prosonditéfienorme ér hideufe, en eut frayeur, aïnftqu’il cft hien raisonnahle : Et lk
dejfus, les cheuaux quifentirent hien que ce n’eftoitpas moyqui les conduisois, meflrifans leiouuenceau, s’efl
carterenthorsduchemin,ô >commirent touscesmaux-cy. Alors ilabandonnales refnes, craignantà monad-
üis de tomber,&feprit au timon du cbariot. Mais il en a defia porté lapeine? &pour mon regard (fire Iupiter)
ie jhisajfez, punydn duedçj regret que ien ay. I v piter. zAjfez?a toyqui as osè entreprendrevnetelle
chofe?Orpour iepreftnt ie te lepardonne: Jpge s’iltaduient iarnais de commettre vne sauteJilourde,d’eftahlir
vn telLïeutenant en ta piace ,sçaches pour vrayque tn fentiras furle champ comhien noftre soudre a vn seu
plm ardent que le tien. Jpue doncques les sœurs de cetautre luy donnent fepulture emprês le Pa'û,aupropre lieu
qu’il efttomhé, eftantpoufléhors du chariot > luy larmoyans de l’amhre iaune> & que de donleurpuis apres» elles
foient çonuerties en Peuphers. Toy au refte, ayant r’habillé ton chariot, carle timon en eftrompu, ér tvne des
rouès hrisee, reprens-le de nouueau à conduire, apres y auoirattelc les cheuaux, & regarde à te fouuenirde ce
que ie te dis maintenant.

Voila commentpaiTacétafFaire:Mâisquancàrambre-îâunequidegbuttedesPeupliers
dans le Paii, Sc les Cignes deplorans par leurs chants le desastre de Phaethon sur les bords d’i-
celuy,le mesmeLucian, qüine croit paslegerementàtelleschoses, en aescrit decette sorteÿ
au trai&é de TEledre oudes Cignes.

L a f a b l e quont fongée ies Po'ètes de tamhre-iaune,nous a pareiilement ïnduits à penfer qu’ily auoit
Jùrles riuages de lEridan des Peupliers qui le degouttoïent à guije de larmes, pleurans Phaethon,de qui eU
les auoient autressois efté sœurs: Et qu’accompagnans de leurdueii l’insortune du îouuenceau,elles fiirent
tranfmuèes en arhres, dont encores pourle ïourd’hüy vïent à fecoulerde ieurslarmes cette liqueur d’ambre-
iaune. Cecy de vray l’ayant ieu dans les Po'étes,ieconceuz de là vn essoir,quefiquelquesfois iahordois aux ri-
uages du Paii? çss quç iepujfe m’acccsterde quelques-vns de ces arbres, luy ayant deftouuert iefein, & entamî

Sa coulcnr ]
Au lieu dc
en vn
autre exern-
piàirc on Iic
'sin

port, sin gcsie^
ou si pojlure ,
& peu apre^
ê tzc -7î(7ûr7îâ
1jan)di^67rq.
Çsi sioidurei
partiins de iuy\
& recenant ct;
CjUÎ deg utte
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