Fougères, Gustave
Mantinée et l'arcadie orientale: Contenant 80 gravures dans le texte, 6 heliogravures, 1 phototype et un plan de Mantinee hors texte, plus 2 cartes en 6 coleurs — Paris, 1898

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M AMINÉE ET LARCADIE ORIENTALE.

d'Athènes.

par les villes de Chalcidique (1). On essaya en vain de séduire
la Béotie et Tégée : la vieille rivale de Mantinée se montra
inébranlable dans son ressentiment. Elle n'oubliait pas l'absence
des Mantinéensà Dipaia. Alors Sparte, encouragée par la fidélité
des Tégéates, se décide à l'offensive.
l^lte . Les Lacédémoniens en masse conduits par le roi Pleistoanax,
de la Parrhasie fil d Pausanias. envahirent en masse la Parrhasie (été 421).

(421).

Le pays supportait avec impatience le joug de Mantinée ; les
cantons avaient appelé Sparte en libératrice (2). D'ailleurs le
fort de Kypséla importunait l'orgueil laconien. Les Spartiates
firent porter contre lui leur principal elîort. Tandis qu'ils assié-
geaient la garnison mantinéenne tout en ravageant le pays, les
Mantinéens confièrent la garde de leur ville à des troupes ar-
giennes et accoururent en Parrhasie. Mais, repoussés du fort et
des bourgades, ils durent rétrograder. Les Lacédémoniens rasè-
rent Kypséla et rendirent aux Parrhasiens leur autonomie (3).
intervention Les débuts de la ligne argienne n'étaient guère heureux.
dAidbiade et Les alliés s'étaient crus capables d'improviser un nouvel ordre
de choses avec beaucoup d'illusions, des moyens médiocres et
une préparation insuffisante. Leurs échecs diplomatiques et
leurs revers militaires les firent réfléchir sur ce que l'entreprise
avait de prématuré. Pour avoir voulu jouer à la grande puis-
sance, Mantinée tombait de son rêve dépouillée de ses conquê-
tes : exemple qui prouvait aux États secondaires l'inanité des
ambitions trop vastes. De son côté Argos, depuis si longtemps
isolée, avait perdu l'habitude de diriger. Son rôle nouveau la
déconcertait. Elle ne sut pas inspirer aux autres États la con-
fiance qui eût provoqué la défection générale du Péloponnèse,
ni persévérer dans ses vues. En face de l'alliance attico laco-
nienne, elle se troubla. La faction dirigeante avait plus de
bonne volonté que d'expérience politique. Il manquait alors un
homme d'État de la trempe de Phidon. Aussi Argos se disposait-
elle à abdiquer pour rentrer dans l'orbite de Sparte (4), qui
l'eût accueillie avec joie (5), quand Athènes intervint, poussée

(1) C'est sans doute à ce moment que fut conclue entre Elis, Argos et Man-
tinée l'alliance ollensive et défensive à laquelle Thucydide fait allusion (V. 48).
Les Corinthiens se contentaient d'une alliance défensive avec Argos : Tï)V
-cwt'^v y£vo[/.£vt]v £7:[p.a/tav. (V, 48. — Cf. V, 31.)

(2) ïhucyd. V, 33.

(3) Thucyd. V. 27-33.
(i) Thucyd. V, 10.
(5) lb. 3C>.
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