Fougères, Gustave
Mantinée et l'arcadie orientale: Contenant 80 gravures dans le texte, 6 heliogravures, 1 phototype et un plan de Mantinee hors texte, plus 2 cartes en 6 coleurs — Paris, 1898

Page: 414
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/fougeres1898/0439
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
H 4

mantinée ET l'aRCADIE ORIENTALE.

nouveau. Mais les Lacédémoniens ne se crurent pas tenus à
tant de ménagements. Deux ans ne s'étaient pas écoulés qu'ils
avaient déjà remis la Grèce en feu, au mépris des contrats (i).
Leur attention fut d'abord sollicitée de divers côtés par une
série de mouvements populaires, dans les cités où ils avaient
installé des gouvernements oligarchiques. Plusieurs d'entre elles
avaient pris au pied de la lettre la clause du traité qui posait en
principe l'autonomie des villes grecques, grandes et petites. Dio-
dore rapporte qu'en plusieurs endroits les chefs du parti laco-
nien furent mis en accusation et sommés de rendre compte de
leurs abus de pouvoir. Il y eut de ce fait des bannissements.
Naturellement, les exilés se réfugièrent à Sparte et les Lacédé-
moniens procédèrent d'autorité à la restauration des partis
déchus. Ils se procurèrent ainsi des triomphes faciles. Xénophon
les a passés sous silence, car ces mesures arbitraires et illégales
constituaient une odieuse exploitation de la paix d'Antacidas
aux dépens des faibles. L'hiver 387/6 marque donc une période
de tension diplomatique entre Sparte et Mantinée ; la chancel-
lerie lacédémonienne se répand en notes acrimonieuses et en
sommations sous la forme de celles qu'Agésilas avait adressées
à Thèbes, à Corinthe et à Argos après le premier congrès de
Sparte (2). Dans les premiers mois de 386, les Mantinéens reçu-
rent, par des envoyés spéciaux, un factum virulent où tous les
griefs antérieurs de Sparte étaient rappelés. Xénophon (3) se fait
l'écho complaisant de ce réquisitoire : envoi de blé aux Argiens,
refus de troupes, négligence dans le service, mauvais esprit à
l'égard de Sparte, tout y était. On rappelait que la garantie du
traité de 417 était prescrite depuis moins d'un an (4) ; on ter-

(1) Diod. XV, S,

(2) Xén, Hell. V, l.

(3) 1b. V, 2.

(i) 'EÀsyovxo os xal al a-ovooà ÈçEÀvjA'jOsvai tûTç MavTlVEÏÏO'i toutco toi stei
ai [j.rra ty,v Èv MavrivEi'a aa/7;v tû laxovTaETEÏç y£vo|i.£vai [Hell. V, 2, 2). Cotte
phrasesoulève une petite ilitlirulté ('lironolugU[iie. Diodore (XV; 5) met en386,
(ol. J1S, 3) sens l'archontal «le. Mystiohidès [en réalité Thcodotos était encore
archonte.— (Voy. sur cette particularité de la chronologie de Diodore, Droyson,
Uist. deFHellén. trad. Bouché-Leclercq, I, p. 801)] les premiers démêlés de Sparte
et de Mantinée, et la suite en 38;» (XV, 12). Pour accorder le texte de Thucydide
(V,81) avec ceux de Xénophon et de Diodorc.Hertzber'g [Agenlao8,p. 313) suppose
avant l'alliance de 30 ans un armistice préalable conclu après la bataille de
Mantinée hiver ils H" : c'esl celui don! parle Thucydide ; le pacte' définitii
datera il seulement de l'année suivante, soit ilti; Schneider (</(/ Xen. ib;) croltquo
loading ...