Fougères, Gustave
Mantinée et l'arcadie orientale: Contenant 80 gravures dans le texte, 6 heliogravures, 1 phototype et un plan de Mantinee hors texte, plus 2 cartes en 6 coleurs — Paris, 1898

Page: 518
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MANTINKI'. ET I. AHCAJMK OItIHNTALK.

Mantinée
i l'époque
bvzantine.

Ce sont les derniers témoignages qui nous sont parvenus sur
l'histoire de la Mantinée impériale.

A dater de celte époque, il faut sauter trois siècles pour retrou-
ver le nom de la ville sur le ^ynecdànos d'Hiéroclès (53o après
J.-C), où il est inscrit après Argos et Tiielpousa, dans l'éparchie
d'Hellas ou d'Achaîe, ressort du métropolitain de Corinllie. Mais
la présence de Mantinée sur cette liste n'est pas une preuve de
son existence réelle au temps de Justiuien, pas plus que l'ins-
cription d'un Stkuoç MavTivEi'aç dans la nomarchie actuelle d'Ar-
cadie, ne lui donne droit d'être comptée parmi les bonnes villes
du roi Georges Ier. Le Synectlémos d'Hiéroclès n'a pas une valeur
absolue. Les Byzantins ont, jusqu'au XVe siècle, continué à
compter dans leurs nomenclatures officielles, sous des noms
antiques, des localités disparues ou totalement slavisées, alors
que les noms slaves étaient depuis longtemps seuls en usage
dans la langue populaire. Toutefois, à défaut de textes sur ce
canton d'Arcadie à l'époque des invasions, l'état des lieux après
nos fouilles peut nous renseigner. Le site de Mantinée n'a pas
cessé d'être habité après la chute de la ville antique et l'exode
de la population grecque.

Mais alors la cité hellénique, dont nous avons voulu retracer
l'histoire, a vécu ; le nom slave de Goritza se superpose à celui
de Mantinée et nous avertit que nous avons affaire à une autre
race. Une Mantinée nouvelle surgit aux bords du golfe de
Messénie. Les Mantinéens, en effet, fuyant devant les barbares,
ont emporté avec eux dans un refuge lointain, le nom et les
derniers souvenirs vivants de la ville gréco-romaine. Désormais,
Mantinée n'est plus, dans la Mantinique, qu'une ruine où campe
une horde sauvage, jusqu'au triomphant renouveau de l'hellé-
nisme byzantin. Sous les huttes barbares, nichées entre les
colounadt s antiques, puis sous l'entassement parasite des cha-
pelles orthodoxes, la ville d'Épamiuondas et de Lycomèdes gît
comme un grand corps inanimé, méconnaissable et dépecé sans
merci, jusqu'à ce qu'il s'elïondre, lentement enseveli sous la
vase noire des marais (1).

(I) Voy. sur l'histoire de Mantinée au Moyen-âge, la note de l'appendice,
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