Goupil-Fesquet, Frédéric ; Vernet, Horace [Oth.]
Voyage D'Horace Vernet En Orient: Orné de seize dessins — Paris: Challamel, Éditeur, 1843

Page: 207
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j’essaie de dessiner celui de ses deux filles et du petit Scander-Bey, le
plus joli enfant qu’on puisse voir. Notre hôte est émerveillé du rapide et
admirable talent du maître, et semble satisfait aussi du petit groupe
que je suis heureux de pouvoir lui offrir. En récompense, il nous
donne des lettres de Paris, qui viennent de lui arriver par le courrier;
c’est le plus grand plaisir qu’il puisse nous faire en ce moment. Après la
lecture des nouvelles de France, une promenade dans les environs est
proposée, le pacha donne ordre de seller ses montures, qu’il veut bien
mettre à notre disposition. Hassan capitan vient, sur ces entrefaites, lui
faire visite, et son excellence notre compatriote s’invite elle-même à dî-
ner chez ce musulman, suivant l’usage reçu ; elle lui annonce quelle l’ho-
norera aussi de notre présence et de celle de ses aides de camp, le doc-
teur Gaillardot, son secrétaire, de Sélim effendi Français, de Mahmoud
bey, gouverneur de Beyrouth, qui, ayant fait partie de la mission égyp-
tienne, s’exprime en très-bons termes, et d’un ancien camarade de régi-
ment, M. Laurent, aussi notre compatriote. Le bon Turc ne paraît
point étonné d’un si subit engagement, et dit qu’il sera flatté de recevoir
tout ce monde.
Rendus à l’écurie du général, où de très-beaux mulets nous attendent,
on nous montre, dans la cour du bâtiment, la tente prise par Soliman-
Pacha sur Hafiz-Pacha à la bataille de Nezib. Elle est immense, en toile
d’un vert clair, décorée d’ornements rouges découpés et brodés. C’est
toute une habitation complète. Elle est dressée comme pendant une
campagne; au centre est le divan, sorte de rotonde formée par un pan
circulaire (parallèle à la paroi extérieure de la tente) qui figure un cor-
ridor de service et d’aérage, où des outres pleines d’eau se suspendent
au frais pendant les chaleurs; derrière est un corps de logis, ou tente
plus petite, attenant à la première, servant d’habitation aux femmes et
aux domestiques; un compartiment spécial est destiné aux nécessités
de la vie.
Nous rencontrons, chemin faisant, au bord de la mer, M. Catafago,
fils du consul d’Autriche, un des plus riches propriétaires de ce pays;
il monte un magnifique cheval blanc, qu’il se plaît à faire caracoler co-
quettement. 11 se joint à nous pour dîner chez Hassan, capitan, et si le
recrutement des convives continue, il n’y a pas de raison pour que tous
les habitants de Séida ne viennent remplir la maison de notre amphy-
trion. MM. Horace Vernet et Sèves s’exercent au djerid. Le cheval du
premier est un magnifique alezan, hommage du général, et qui fera l’ad-
miration de tous les Parisiens par sa vigueur et la beauté parfaite de
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