Prisse D'Avennes, Achille Constant Théodore Émile
Histoire de l'art égyptien: d'après les monuments ; depuis les temps les plus reculés jusqu'à la domination romaine (Text) — Paris, 1879

Page: 417
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SCULPTURE. 417

cite que la statue du dieu Nil, conservée au musée britannique, et les statues léontocéphales de
Pascht, rangées autour d'un temple à Karnac, tandis qu'on a trouvé beaucoup de statuettes de
diverses matières qui ont servi au culte particulier.

Le colosse qui l'ait l'objet de cette planche représente un des plus célèbres pharaons du nouvel
Empire. Cette statue, remarquable par sa grandeur non moins que par la beauté des formes et la
noblesse du style, a été retrouvée sur le sol de Memphis, près du village de Metrahenneh, au
milieu d'un bois de dattiers où elle gît encore dans une excavation que remplissent chaque année
les eaux du Nil. Elle est fort mutilée : le pschent qui couronnait la tête est à demi brisé, les pieds
sont rompus et le pilier dorsal qui soutenait la statue est entièrement délité. Heureusement la
ligure n'a pas souffert.

C'est un des plus beaux portraits de Ramsès II, dont le nom est gravé, en caractères hiéro-
glyphiques, sur la ceinture et sur le rouleau que tient la main gauche. On aperçoit de ce côté,
sur le montant qui soutenait la jambe, les restes d'une figure en bas-relief et d'une légende
hiéroglyphique qui se rapportent à une princesse, probablement Batianti, qui semble guider les
pas de son père.

C'était un usage général, à cette époque, de décorer ainsi les supports de la jambe gauche,
celle qui donne toujours du mouvement à la statue. En autre colosse de Memphis, découvert par
Hekekynn 13ey, qui l'a spirituellement nommée Bruce's colossus, quoiqu'il représente aussi
Ramsès 11, offre également l'image de Batianti, sur le montant de la jambe gauche. Un colosse
de ce môme Ramsès, adossé au pylône de Sebana, est de même accompagné d'une statuette en
ronde bosse de la benjamine du pharaon. Enfin on voit aussi à Rome, à la villa Albani, une
statue de la reine Toua, épouse de Séti I" et mère de Ramsès II, ayant, à son côté, l'image de la
reine Houtmara, sa petite-fille.

Sur le petit naos, suspendu au cou du pharaon, on distingue l'image de Phtah et celle de
Pascht, les deux principales divinités de Memphis.

Quoique mutilé à ses deux extrémités, ce colosse mesure encore 10'",84 ; quand il était dans
son entier, il devait avoir, du sommet du pschent au piédestal, environ lit mètres (13m,86), ce qui
équivaut à peu près à 30 coudées égyptiennes; tout me porte à croire qu'il ornait l'entrée du
temple de Phtah ; c'est sans doute une des statues de 30 coudées de hauteur qu'Hérodote et
Diodore disent avoir été élevées par Sésostris devant le temple de Vulcain, en même temps qu'il
faisait taillef aussi une statue iconique de sa femme de la même hauteur et quatre autres de
20 coudées représentant ses fils.

Bas-reliefs militaires. — Abochek et Thèbes. — xix* dynastie.

J'ai réuni sur cette planche deux bas-reliefs où l'on voit des chars de guerre, afin de présenter
deux groupes de chevaux.

Le premier fait partie de l'immense composition qui tient presque toute la paroi droite de la
principale salle du grand spéos d'Abousambil, l'ancienne Abochek, où se trouve représenté
le camp de Ramsès II dans sa fameuse campagne contre la confédération des Khètas ou Khilas,
en Asie. Le char qu'on voit ici est celui du roi surmonté d'une espèce d'étendard ou de pa-
rasol; il était entouré des soldats de sa garde. Les détails du costume et des harnais ont malheu-
reusement disparu avec la peinture.

Le second tableau est tiré des campagnes de Séti I", père de Ramsès II, qu'on voit sculptées

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