Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 1.1870

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Etudes Démotiques.

Arrêtons-nous, car nous n'en finirions pas si nous voulions passer en revue tous les
exemples du Todtenbuch.

En résumé j màâ-.rcru exprime la vérité, la justice, le droit ou l'autorité de la parole,
c'est-à-dire la persuasion, ou la faculté de persuader. L'homme qui possède cette qualité dans
toute sa perfection est essentiellement «véridique» et «persuasif». Il a l'art de persuader ses enne-
mis, comme Osiris Ounnovré, par la sagesse éloquente dont Thot ou Hermès lui donna le secret.

Les textes ainsi interprétés n'admettent plus le dieu justifié où l'on ne pouvait voir
qu'une puérilité absurde. Mais ils retrouvent leur véritable importance morale dans l'expression
du triomphe absolu de la sagesse et de la raison.

Paris, 12 Septembre 1869.

T. Devéria.

ETUDES DEMOTIQUES

par

G. Maspero.

L'Étude des écrits démotiques est restée jusqu'à présent le privilège exclusif de
M. Brugsch. Seul parmi les savants contemporains, l'auteur de la Grammaire s'est donné la
tâche d'élucider les textes obscurs qui nous ont conservé l'état de la langue égyptienne aux der-
nières époques de son histoire. Il n'est pas nécessaire de rappeler ici les glorieux travaux qui
ont fondé sa réputation et reculé de ce côté les bornes de la science : tout égyptologue a pu
apprécier ce qu'il a fallu de pénétration ingénieuse et de labeur ardu pour débrouiller le chaos '
de cette écriture inconnue et pour en faire jaillir la lumière. La Grammaire démotique, l'Etude
sur le papyrus Rhind, la traduction du Roman de Setna, les articles nombreux répandus dans
le Dictionnaire sont aujourd'hui et seront longtemps encore le point de départ de tous les tra-
vaux sérieux que l'on voudra tenter sur la langue des basses époques.

Il faut bien le dire, ce qui jusqu'à présent a rebuté les savants et les a empêché de con-
tinuer les recherches si heureusement commencées par M. Brïigsch, c'est l'aridité même des
écrits soumis à leur examen. L'interprétation des inscriptions hiéroglyphiques ou des papyrus
hiératiques est toujours récompensée par la découverte d'un fait curieux ou d'une oeuvre nou-
velle; l'histoire de l'Égypte, de ses moeurs, de ses habitants est sortie toute entière de ces
déchiffrements féconds. A côté des Annales de Thotmès III, des panégyriques d'Una ou de
N'ûm-h'otep, des oeuvres de Ptahc-hcotep, d'Enna et de Pentaûr, que nous offrent les textes
démotiques ? Des prières funéraires, des formules magiques hérissées de noms baroques, des
contrats de vente ou d'achat, et, pour compenser tant de sécheresse et de pauvreté, une seule
oeuvre véritablement littéraire, le roman de Setna. Après avoir reconnu cette triste vérité, bien
des personnes ont pensé que le résultat final ne valait pas la peine qu'il fallait se donner pour
l'obtenir, et se sont rejetées vers des études plus intéressantes et plus productives en apparence.

Pourtant, l'étude des textes démotiques n'est pas moins nécessaire à l'avancement de
la science que celle des autres textes. S'ils n'ont par eux-mêmes qu'une valeur médiocre, la
langue dans laquelle ils ont été rédigés mérite un examen approfondi. Intermédiaire entre le
copte et l'Égyptien classique, elle nous met sous les yeux tous les changements que le cours des
siècles avait apportés dans la langue antique des Pharaons. Elle n'a plus ni la fermeté parfois
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