Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 1.1870

Page: 160
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La grande inscription de Béni-Hassan.

» Sages ont estably.1 » Les descriptions de l'Egypte composées par les Arabes sont
pleines des mentions de ces génies. « Le génie du berba d'Ikhmim », écrit Makrizî,
« paraissait, dit-on, sous la forme d'un jeune homme, sans barbe et nu. Quelques personnes
» étant entrées une fois dans le berba, il les poursuivit, et les frappa si rudement qu'il
» les obligea à prendre la fuite. Pareille chose, dit-on, est arrivée à des gens qui étaient
» entrés dans les Pyramides».2 Ce sont là des doubles dont la statue n'est pas mentionnée
mais qui reproduisent en partie au moins la forme de la statue du dieu qu'ils représentaient.
La jeune femme noire, laide, montrant ses dents canines et ayant les yeux blancs tout du
long, qui porte dans ses bras un enfant noir, est une Isis en basalte noir ou une Sokhit, à
tête de lionne fronçant les lèvres et laissant deviner les dents, qui porte un Horus. L'esprit
de Ridousa est un Shou ou bien un Anhour à tête de lion, coiffé du disque solaire entre
deux cornes ou deux plumes. Celui de Gaphi est Osiris dans la maison du chef

vêtu

de la robe et tenant le bâton de commandement. D'autres esprits ont subi l'influence
chrétienne et semblent des moines aux arabes musulmans. Aiiiourd'hui encore les fellahs
imaginent que les statues qu'ils découvrent dans les tombeaux sont le support de génies, qui
se jettent sur quiconque vient les troubler. Le seul moyen de prévenir une folie ou la mort
à bref délai est de briser la statue avant que l'esprit ait eu le temps de malfaire. Cette
crainte superstitieuse a entraîné la destruction de plus d'un monument précieux: il y a
quelques années à peine il fallut arracher, le revolver à la main, aux manœuvres arabes,
les superbes statues de Râhotpou qu'on venait de découvrir à Meïdoum. On le voit, le

double \_1 vit encore avec sa statue-support : mais en changeant de religion, le peuple a

changé en crainte le culte respectueux qu'il lui rendait.

Le ka étant Famé de la statue, son nom put servir à désigner la statue elle-même,
comme l'a montré M. Lepage-Rexouf. Je crois cependant que le sens statue, image, est un
sens dérivé et n'est exact qu'à peu près: dans les endroits où LJ peut se traduire de la
sorte, il faudrait mettre un mot tel que statue prophétique, statue vivante, mais ce mot n'existe
pas dans notre langue. ,a j. .N

1 ° (Sera continue). ri -»r

(i. Maspero.

Château-Thierry, le 19 Septembre 1879.

LA GRANDE INSCRIPTION DE BÉNI-HASSAN.

Cette longue inscription a été publiée pour la première fois par Burton dans ses
Excerpta Hieroglyphica 3, puis par Champolliox qui ne fit que corriger la copie de Burton 4,
par Lepsius 5, par Brugsch (i et enfin par Reinisch 7 qui paraît n'avoir fait que reproduire

1) L'Egypte de Mourtadi, p. 61 à G6.

2) Cité par de Sacy dans ses Observations sur le nom des Pyramides, p. 37.

3) Burton, Excerpta Hiei'oglyphica, pl. XXXI1Ï à XXXI Y.

4) Champollion, Monuments, Notices, T. II, p. 418 a 422.

5) Lepsius, Eenkm. IL bl. 124 à 125.

6) Brugsch, Monuments Égyptiens, pl. 15 à 17.

7) Eeiniscu, Aegyptische Chrestomathie, I, pl. 1 à 4.
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