Revue égyptologique — 10.1902

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Les enseignes militaires des tribus, etc.

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a précédé l'enseigne, ou que tous deux ont été imaginés en même temps. Des monumeuts
datés du premier roi de la première dynastie nous montrent l'Epervier au sommet d'une
enseigne. Est-ce un signe quelconque de ralliement que choisit la tribu de l'Epervier et qui
devint dans la suite le dieu Épervier? Est-ce au contraire le dieu Épervier, déjà existant,
dont la tribu fixa l'image à l'extrémité d'un étendard afin de le transporter au milieu des
batailles et d'être toujours sous sa protection? En d'autres termes, l'enseigne est-elle un dieu
portatif, ou le dieu est-il une enseigne divinisée? Les documents, pour l'instant, ne nous per-
mettent pas de répondre de manière catégorique à ces questions. Il n'en reste pas moins
acquis, et de façon indiscutable, qu'une relation intime existe entre le dieu et l'enseigne.

Diodore et Plutarque, dont nous avons montré l'exactitude d'information en ce qui con-
cerne ce dernier point, sont-ils moins exacts lorsqu'ils nous affirment que, chez quelques-uns
des Égyptiens qui adorèrent des animaux, ce fut l'enseigne qui précéda le dieu?

S'il est difficile de résoudre le problème, je crois du moins qu'il est possible d'en
aborder l'étude. Le signe hiéroglyphique ^, qui signifie dieu, a été déjà l'objet de quelques
recherches. Ces recherches, faites d'ailleurs au point de vue de l'étymologie plutôt qu'à celui
de l'épigraphie, n'ont pas donné de résultats susceptibles d'obtenir l'assentiment général. Eu
examinant à nouveau la question, j'ai été amené à penser que le signe ^ représente, sous
une forme très abrégée, l'étendard primitif de la tribu. S'il en est réellement ainsi et si les
Égyptiens, pour exprimer l'idée de la divinité, n'ont pas trouvé de signe plus adéquat que
l'enseigne militaire, on est presque en droit d'en conclure que, comme l'affirment Diodore et
Plutarque, ce furent les emblèmes des étendards qui devinrent les dieux des tribus que
désignaient ces étendards. La question est intéressante et l'identification du signe fera
l'objet de ma plus prochaine étude.

Lyon, 3 mai 1902.

victor loret.

LES MAXIMES DE PTAHHOTEP.

par

Eugène Kevillout.

Dans un article précédent, paru dans le n° 4 de la 7e année de la Revue égyptologique
et ayant pour titre : «Les deux préfaces du Papyrus Prisse», j'ai rapproché la préface de
Ptahhotep de celle de Kakemna. Les maximes mêmes de Kakemna ont été effacées sur le
papyrus. Celles de Ptahhotep subsistent : et c'est d'elles que nous avons à nous occuper
aujourd'hui.

Ainsi que nous l'avons dit déjà, le titre du livre est deux fois répété : 1° avant la
préface, 2° avant les maximes.

Cette seconde fois il est ainsi rédigé
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