Revue égyptologique — 10.1902

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Eugène Revillout.

«Commencement dans renonciation de la bonne parole dite par le grand prince, père
»du dieu (du roi), aimant ce dieu (ce roi), fils du roi (d'un roi précédent), aîné de son flanc,
«préfet de la ville dja Ptahhotep, pour l'enseignement des ignorants dans la science des
«préceptes de la bonne parole, pour le bien de qui l'écoute, pour la répression de qui la
»viole. »

Ce titre, résumant tout ce qui vient d'être dit dans la préface par le sage et par le
dieu, prépare admirablement l'auditeur à écouter cette bonne parole, cette bonne nouvelle,
cet évangile du passé d'autant plus neuf qu'il est plus ancien et par conséquent meilleur —
nous l'avons dit déjà dans notre article sur les préfaces du papyrus1 Prisse.

Vient ensuite l'examen successif des professions diverses et des conseils qui leur sont
appropriés.

Parmi ces professions,2 la première place est donnée à celle de sage, de lettré. Cette
classe formait, en effet, de tout temps, l'aristocratie égyptienne — à tel point que, sous le
nouvel empire du moins, il fallait, comme maintenant en Chine, avoir subi les examens de
lettré, pour occuper une situation quelconque dans l'administration et jusque dans l'armée.
Ménéphta lui-même, le fils de Eamsès II, se vante surtout d'être basilicogrammate.

Les grands défauts du lettré : ce sont la vanité et l'intolérance à l'égard des confrères.
Aussi lisons-nous d'abord, aussitôt après le titre:3

Ch. I. «Il dit à son fils :

«N'exalte pas ton cœur au sujet de ce que tu sais. Converse avec l'ignorant comme
»avec le savant. La barrière de l'art4 n'est point fermée. Aucun artiste5 n'est garni de toutes

<~=> rO ^f^" ^ PQ- ^;lns ce *ex*e tephebs est synonyme de tepret. Tandis que VIII, 5, il est pris dans
son sens de «compte». Notons que le premier chapitre est réuni au titre, seul à l'encre rouge.

1 Voir également notre livre sur «Les drames de la conscience», lre partie, p. 14 et suiv., auquel
nous avons emprunté deux ou trois des pages suivantes — les textes exceptés.

2 La première phrase de chacun des chapitres est écrite à l'encre rouge, ce que nous avons rem-
placé par un sous-lignage. Nous leur avons donné de plus il tous des numéros, en séparant aussi les para-
graphes d'idées dans les chapitres. Ajoutons que nous avons indiqué, dans le texte, les numéros des pages
et des lignes du papyrus.

-JU.

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4 Conf. dans Piankhi déjà cité par Vikey : R ^ ^ «fermer la porte». Chabas avait traduit : «on n'em-
porte pas la barrière de l'art».

5 Par artiste (ab ou am) les Egyptiens entendent tous ceux qui créent intellectuellement ou ma-
tériellement comme le noi-r^ç grec. Pour ce mot voir aussi XI, 10 et XVIII, 11.
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