Revue égyptologique — 10.1902

Page: 149
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Sermons inédits de Senouti.

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dont s'est occupé le savant suédois. Quant aux six que l'abbé Hyvernat a pris, soit à Zoëga
lui-même/ soit à la collection de Lord de la Zouche,2 soit à la bibliothèque de la Clarendon
Press,3 soit à la collection du comte de Crawford,4 ils sont forcément très courts, puisqu'ils
ne sont donnés que comme exemples d'écritures de différentes époques.

Notre manuscrit, avec ses 23 feuillets, reste en-dessous de plusieurs de l'ancien Musée
Borgia ou de notre Bibliothèque; mais sa pagination va sans interruption de la page 65
(^7) à la page 110 (p^). Nous croyons, de plus, que, par l'intérêt des sujets qui y sont traités,
il n'est inférieur à aucun.

Les trois premiers feuillets en entier, ainsi que le quatrième, moins les 14 dernières
lignes de la seconde colonne du verso, sont remplis par la fin d'un sermon sur le mariage.
L'orateur s'élève avec une grande énergie contre les moines et les prêtres qui violent le
serment de chasteté et se marient; puis, avec S* Athanase, il montre le sort misérable de
la jeune fille qui, après avoir rompu son contrat de virginité, tombe de chute en chute plus
bas que le mariage. Il s'en prend enfin à celui qui a commis des péchés pires que la prosti-
tution et mérite qu'on lui applique la terrible sentence du Lévitique5 touchant la fille du
prêtre qui a déshonoré son père dans sa prêtrise. Si on trouve, dit Senouti, que ces paroles
sont dures, c'est qu'on est semblable à l'insensé qui n'aime pas celui qui le reprend. Il faut
ouvrir ses oreilles à l'enseignement du Seigneur, pour ne pas être plongé dans les fosses de
l'Amenti avec tous les impies.

Vient ensuite un autre sermon qui part du milieu de la deuxième colonne de la page 72
et va jusqu'au verso de la page 84. Une note marginale de la même écriture que le texte,
mise en tête du premier paragraphe, nous apprend que ce sermon a été prononcé le jour
de Noël. Une autre note portant ces mots : este necifvoc, et précédant la septième ligne de
la première colonne de la page 84, nous fait croire qu'avec elle commence un autre sermon
sur la Crucifixion, lequel va jusqu'à la page 100. Nous remarquons, du reste, la même méthode
oratoire dans les deux discours sacrés qui forment deux longs et magnifiques cantiques où
est célébrée la bonté de Celui qui a fait le ciel et la terre, qui étend ses bienfaits aux justes
et aux méchants, qui a envoyé son Christ pour sauver les hommes, qui, s'il est terrible aux
impies, est le protecteur de son Eglise sainte et qui tente sans cesse d'arracher le pécheur
au péché.

C'est seulement à partir de la page 90 et à propos de la persistance des hommes dans
le mal, que l'orateur se met à parier plus directement à son auditoire. Si, lui dit-il en sub-
stance, nous refusons de voir dans les maladies et les souffrances de tout genre qui nous
frappent, des avertissements d'en haut, pour que nous quittions la mauvaise voie, nous serons
instruits à la fin par le feu de la Géhenne, comme Pharaon le fut jadis par les eaux de la
mer Rouge.

Pensons donc à ceux que l'abîme a dévorés, pour ne pas y tomber à notre tour, et
combattons le mal en songeant que Dieu nous donnera la force d'écraser sous nos pieds le

1 Pl. III. Cf. Zoëga, n° 246.

2 Pl. iv, 2.

3 Pl. viii, 1, 2, s.

4 Pl. viii, 4.

5 XXI, 9.
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