Revue égyptologique — 13.1911

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Eugène Revillout.

3° qu'au contraire, dans le dialecte que j'appelais alors, selon la tradition, memphitique1 et que j'ai démontré
depuis être Alexandrin, ce temps en yit&. sans perdre les valeurs thébaines, avait de plus les valeurs d'un
subjonctif ou d'un optatif. Comme subjonctif, il régissait même, à la grecque, la particule grecque £irie>,
tandis qu'il laissait à ace et qui a le même sens, son ancienne régition par le futur, comme

en thébain. Comme optatif, il se comportait exactement comme le temps démotiquo en °|| dans

les décrets de Rosette, de Philée et de Canope. Notons que ces décrets n'ont jamais l'optatif en Jj^l (j (|
' °Ptat'^ qu'on retrouve sans cesse dans Setna, dans Setme, dans le Koufi, dans Petibast, dans
le papyrus gnostique de Leide et de Londres, et dans beaucoup d'autres documents, tel que l'a établi
Brugsch dans le § 291 de sa grammaire démotique. Dans l'alexandrin-copte, au contraire, l'optatif en

C'est donc purement et

jAô.pcqcoiTeM subsiste à côté du subjonctif optatif dérivé de ^ ^> *

simplement chose dialectale et cela suffirait pour répondre à la question d'EiiMAN. Si le nouvel égyptien
n'a pas l'optatif en mai, c'est comme plusieurs dialectes démotiques qui ne le possédaient pas. Il est pro-
bable, certain même, qu'à côté de ce nouvel égyptien là, il y avait d'antres dialectes contemporains possé-
dant l'optatif en question.
Mais il y a mieux.

Dans le papyrus moral de Leide, que j'ai transcrit et traduit dans le journal asiatique, l'optatif en

mai n'existe pas non plus. Mais cette fois il est remplacé par un optatif en Jj^Q^ Paral'èlo
au subjonctif ordinaire en ^ ^ ; ' *"*n v0^ C*Ue "eS dialectes démotiques se multiplient

sous nos yeux, comme d'ailleurs les dialectes coptes. Le prétendu akhmimique n'a jamais été, du reste,
un dialecte d'Akhmim, où on parlait thébain, mais un dialecte dont certains manuscrits ont été trouvés
dans la bibliothèque du monastère de Senuti. Tout le long du cours ordinaire du Nil, le thébain était en
usage à l'époque copte. 11 fallait sortir d'Égypte, selon l'expression des coptes, pour aller à Alexandrie, où les
marchands égyptien parlaient l'alexandrin. Il faut aussi sortir d'Égypte, pour aller soit sur les bords de
la mer rouge, soit aux Oasis pour trouver l'origine probable du nouveau dialecte copte, dit akhmimique.
Nous étudierons bientôt, par écrit, en détail, toutes ces questions, dont nous avons déjà beaucoup parlé
dans nos cours de l'Institut catholique. Si nous en disons quelques mots aujourd'hui, c'est que la question
est tout-à-fait parallèle dans l'ancien égyptien. Piehl l'avait parfaitement compris et il l'a dit à propos du
papyrus Harris n° 1.

» J'ai prouvé depuis par la publication, dans «mes papyrus coptes de Boulaq et du Louvre», d'une partie du cartulaire du mo-
nastère de St. Jérémie de Meinphis, dont tous les actes étaient en thébain, comme tontes les inscriptions de la Basse Égypte, que cette
appellation était fausse, et que ce que nous appelons le mempliitique ne devint au Caire le dialecte de la liturgie patriarcale qu'après
l'invasion musulmane. Ce fut seulement alors que le patriarche monophysite, sortant de son exil et protégé par Amrou, vint s'établir là.
Toutes les églises d'Alexandrie, occupées jusque-là par Cyrus, avaient été brûlées, et Benjamin, seul épargné par les envahisseurs, avait
d'ailleurs de bons motifs de se rapprocher d'eux. 11 avait résolu aussi de rompre le plus possible avec les traditions bysantines, et c'est
pourquoi il abandonna la liturgie grecque et fit écrire une liturgie, en copte, dans le dialecte populaire du peuple du siège patriarcal qu'il

était obligé de ne pas occuper, c'est-à-dire du port d'Alexandrie. Ce dialecte avait une lettre de plus, le jô = T, que les dialectes du
cours ordinaire du Nil, lettre que St. Mesrob, débarquant à Alexandrie, avait déjà empruntée au 5° siècle, ainsi que les autres lettres
coptes qu'il introduisit dans l'alphabet arménien (voir mon étude sur l'alphabet copte).

2 C'est un dialecte usé, ayant pris à tontes sources, comme celui du papyrus gnostique.
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