Vitruvius ; Perrault, Claude [Transl.]
Les Dix Livres D'Architecture De Vitruve: Corrigez Et Tradvits nouvellement en François, avec des Notes & des Figures — Paris, 1673 [Cicognara, 727]

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LIVRE VI II. z.49
* on mésiera deux parties dans un mortier avec cinq de sable. 5 Parmy ce mortier de chaux & CHâ-P.VIL
A de sable on mésiera les cailloux, & de tout cela jette dans une tranchée qui sera de la pro-
fondeur que doit avoir la cisterne, & battu avec de gros leviers ferrez par le bout, on fera
ks quatre murailles : Ensuite on vuidera la terre qui estau milieu jusqu'au bas des murailles ;
& le fond cstant bien applany, on mettra du mesme mortier que Ton battra aussi pour faire
le fond, qui aura une épaisTeur convenable.
Que sî l'on fait deux ou trois de ces relervoirs, en sorte que l'eau puisse aller de l'un dans
Pautrc pour y cstre purifiée, elle sera rendue bien meilleure, pareeque le limon demeurant
dans l'un des reservoirs, l'eau sera gardée dans l'autre bien plus claire, & elle y conservera
son goust & son odeur naturelle : sînon l'on y ajoutera du sel qui la rendra plus lubtile.
J ay écrit dans ce livre tout ce que j'ay pu trouver touchant les vertus des eaux, de leurs
B différences & de leurs utilitez dans l'usage ordinaire, comme aussi comment il les faut con-
duire, & examiner leurs qualitez; je traitteray dans celuyquisuit,de la Gnomonique, & de
la manière de faire les Cadrans au Soleil.
tmictn signifie dans Vitruve, non feulement le vaisfeau où l'on mesme > ainsi que l'usàge l'a prefentement étabîy parmy nous.'
gasche Se où l'on corroyé la chaux, le sable, le ciment, la poudre Neantmoins cela ne fe trouve ny dans Vitruve, ny dans Pline,
de marbre, Se toutes les sortes de composition dort on fe (ère pour ny dans Columelle, ny dans les autres Auteurs anciens qui ont
joindre les pierres ; mais qu'il le prend aussï pour la composition écrit de ces choses.
LE NEUVIE'ME LIVRE ,
DE V I T R U V E.
PREPUCE.
LES anciens Grecs ayant accordé de sî grands honneurs à ceux qui avoient remporté
le prix aux Jeux Olympiques,Pythiens, Isthmiques, & Neméens, qu'ils ne se sont
pas contentez de leur donner des louanges dans lesassemblées publiques où ils paroissoient
avec des palmes & des couronnes, mais qu'ils ont encore voulu qu'ils retournaient en leurs
pais dans des chars de triomphe, & que la Republique leur assignast des pensîons pour
* tout le restede leur vie ;* il y a lieu de s'étonner quel on n'ait pas rendu les mesmcs hon-
neurs & encore de plus grands à ceux qui par leurs écrits servent & profitent infiniment à
tous les siecles & à toutes les nations. Car il est. certain que cela auroit esté plus jusle puisque
D les exercices des Athlètes ne serventà autre chose qu'à rendreleurs corps plus forts & plus
robustes, au lieu que le travail de ceux qui ont fait des livrés, en perfectionnant leur esprit,
dispose celuydes autres àapréndre les seiences. En effet quel bien MilonCrotoniatea-t-ii
faitaux hommes, pour n'avoir jamais esté vaincu; & qu'ont fait autre chose tous ceux qui
ont remporté de ces sortes de victoires, que d'avoir acquis durant le cours de leur vie
beaucoup de gloire& de réputation parmy leurs concitoyens ? Au lieu que les enseigne-
mens de Py thagore, de Democrite, de Platon, d'Aristote & des autres grands personnages,
estant lus & mis en pratiqueront un fruit utile non seulement à leurs concitoyens, mais
à tous les peuples de quelque nation qu'ils soient : Parcequc plusieurs estant imbus de ces
bonnes doctrines dés leur jeunesse, deviennent capables de régir les villes par de bonnes
loix3 sans lesquelles il est imposïible que les Estats puissent subsiïler. Que si les grands per-
,'£ Tonnages procurent tant de bien à tous les hommes par les ouvrages qu'ils publient, j'e-
stime qu'ils ne méritent pas seulement d'estre honorez par des palmes & par des couronnes,
mais qu'il faut leur décerner des triomphes, & les mettre au rang des Dieux.
i. It y A heu de s'estonner. Ariftote apporte deux tes avant la speculation, & que par exemple les trois angles de
raisons de ce que les Anciens Grecs ne proposoient point de toutes sortes de triangles n'auroient pas Limé d'être égaux à deux
prix à ceux qui excelloient dans les actions de s'csprit, mais seule- droits, quand personre n'y auroit jamais pensé.
ment à ceux qui siirpassoient les autres dans la force & dans i'a- La séconde raison est que pour donner le prix à ceux qui ex-
dressè du corps. La première est que l'on estime Si que l'on ad- cellent dans les productions de Pesprit il faut estre capable d'en
miré les choses qui sont faites par la puissànce humaine, & non juger, Se que cette capacité ne fe rencontre qu'en ceux qui fuir-
pas ceBeS que la puissance humaine trouve faites. Or il dit que paiTènten esprit ceux dont ils sondes juges. Ceqiri n'est pas tou-


rne va qu'à trouver ce qui est déjà sans elle, voir qui est celuy qui sùrpassé 1
puisque les pks belles Ipeculations ne sont que de chofes existen- dans les autres exercices du corps.
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