Vitruvius ; Perrault, Claude [Transl.]
Les Dix Livres D'Architecture De Vitruve: Corrigez Et Tradvits nouvellement en François, avec des Notes & des Figures — Paris, 1673 [Cicognara, 727]

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L ES D I X L I V R E S
D'ARC H I TECTURE
D E V I T R U V E
- LIVRE PREMIE R-
PREFACE.
ORS QUE je consîdere, * Seigneur, que par taf^orec de vostrtf
divin génie vous vous estes rendu maistre de l'Univers, que vostre
valeur invincible en terrassant vos ennemis, & couvrant de gloire
ceux qui sont sous vostre Empire, vous fait recevoir les hommages
de toutes les nations de la terre, & que le peuple Romain & le Sénat
fondent l'assurance de la tranquillité dont ils joûissent sur la seule
sagesTe de vostre gouvernement, je doute si je dois vous presenter
cet ouvrage d'Architecture. Car bien que je l'aye achevé avec un
très-grand travail en m'esforçant par de longues méditations de
g rendre cette matière intelligible, je crains qu'avec un tel present je ne laisTe pas de vous
estre importun, en vous interrompant mal-a-propos dans vos grandes occupations.
Toutefois lorsque je fais réssexion sur la grande étendue de vostre esprit, dont les soins
ne se bornent pas à ce qui regarde les affaires les plus importantes de l'Estat,mais qui des-
cendjusqu'aux moindres utuitez que le public peut recevoir de la bonne manière de bastir,
& quandjeremarquequenoncontent de rendre la ville deRomemaîtressede tant de Pro-
vinces que vous luysoumettez, vous la rendez encore admirable par l'excellente stru&ure
de {es grands Bastimens , & que vous voulez que leur magnificence égalelamàjestéde
vostre Empire -, je crois que je nedoispas différer plus long-temps à vous faire voir ce que
j'ay écrit sur ce sujet, esperant que cette profession qui m'a mis autrefois en quelque con-
sidération auprès de l'Empereur vostre père, m'obtiendra de vous une pareille faveur, de
q mesme que je sens que l'extrême palsion que j'eus pour son service, se renouvelle en moy
pour vostre auguste personne, depuis que vous luy avezsuccedé àrEmpire,&quilaesté
receu parmy les Immortels : Mais sur tout lorsque je vois qu'à la recommandation de la


texte.

i. S e i g n eur » Il y a Jmperater dsar dans le
Quelques-uns doutent quel est l'Empereur à qui Vitruve dédie
son Livre, parce qu'il n'y a point d'adrelse dans les anciens exem-
plaires qui nomme Auguste, Philander citant le premier qui a
intitulé cet ouvrage M. Vttntuii Pollionisde ArchiteQum lib. X.
adCasmm jiumsiwn. Cen'est pas néanmoins sans fondement
que l'on croit qu'Auguste est l'Empereur à qui cette Préface est
addressée de mesme que celles de tous les autres livres: Car il y a
pour cela des conjectures que l'on peut tirer de plusieurs particula-
ritez qui sont dans cet ouvrage ; comme entre autres lors qu'au j.

criap. du 9. liv. Vitruve parle des plus célèbres auteurs Romains,&
faisant le dénombrement des grands Poëtes, il fait mention seu-
lement d'Ennius,de Pacuvius Se de Lucrèce. Mais il y a un endroit
qui marque plus precisèment le temps auquel Vitruve a vécu; c'est
au4.chap. du 8. Iiv. où il parle d'une conversàtion qu'il eut avec
C. Julius fils de Masînista: car on sçait que Masînista a vécu si long-
temps avant Auguste , qu'il faut que Vitruve fust déjà bien âgé
quand il a écrit ce livre, pour avoir veu le fils de Masînista, quand
mesme ce fils aurait este celuy qui nasquit son père ayant ?z. ans
au rapport de Florus.
A

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