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LE PALAIS DE CRISTAL-

andélabre rustique est pourtant trop pesant du socle,
surtout comparativement aux délicatesses de ciselure
des feuillages du faite. Le grand surtout du milieu et les
deux bouts-de-table sont mieux conçus. L'aiguière est
une réminiscence altérée de l'art étrusque. En général
ces créations de l'orfèvrerie anglaise ne se distinguent
par aucun des mérites véritables de l'ameublement bri-
tannique: la commodité aux. dépens de l'aspect, l'utilité
préférée à l'agrément, les aises de la main, aux jouis-
sances du regard. Sous le point de vue du luxe pur les
Anglais sont demeurés en arrière de la civilisation et
au-dessous de la tradition. C'est leur richesse qui éclate
seule, là où l'on chercherait les vestiges d'un style, d'un
goût, d'un génie national.

2. CANDÉLABRE EN FONTE DE FER,

DE M. BROCHON (DE PARIS).

Voilà une belle et utile aplication de la fonte de fer
Le modèle de candélabre que nous publions est dû aux
fonderies de H. Brochon, et destiné à l'éclairage du che-
min de fer de Strasbourg. Le style élégant et riche de
cette pièce, la sage distribution des ornements, les oves
du collet et les acanthes de la base, tout est d'un goût
auquel nous ne saurions que reprendre, si la finesse
même des détails n'était pas en-disproportion avec la
distance moyenne du point de vue. En général, ces
questions de perspective décorative sont aussi négligées
de nos industriels que de nos peintres. Nous traiterons
e sujet en sou lieu.

3. GUERIDON,

PAR M. MORAND (JDE LONDRES).

Ce guéridon est un véritable chef-d'œuvre. Si nous
sommes bien informés, M. Morand est originaire de la
Suisse française. Il fait également honneur à ses deux
patries.

i. FAUTEUIL,

PAR M. JEANSELME.

M. Jeanselme a exposé un grand nombre de fauteuils
et de chaises à bras de divers modèles. Le fauteuil dont
nous reproduisons le dessin est d'un beau travail; mais
c'est une tentative malheureuse de retour au style dit
impérial, non moins incompatible que les meubles de
la Home des Césars, avec nos usages et avec nos mœurs,

Fût-on très-bien assis sur le fauteuil de M. Jean-
selme, il jure avec l'ensemble de nos ameublements, où
dominent le Pompadour et la Renaissance. Ce n'est pas,
encore une fois, qu'en lui-même le meuble en question
n'ait l'incontestable mérite de la pureté de galbe et de
la parfaite exécution.

5. PHAETON

DES ATELIERS DE MM. HOLMES (DE DUBLIN).

11 est inutile de répéter ce que tout le monde sait
déjà, qu'en carrosserie les Anglais sont les maîtres. Nous
entendons parler ici de la perfection et de la solidité du
travail ; l'échantillon ci-dessus de leur savoir-faire, a un
mérite de plus que les plus beaux carosses delà Grande-
Bretagne: il est d'un dessin charmant et d'un goût
parfait.

6. SERRE-BIJOUX. — (salon anglais).

Bois précieux, métaux,' cristal et ciselures, le luxe
anglais avec son opulence, une certaine magnificence
qui tient aux dimensions et à la pesanteur, une pau-
vreté et une disproportion singulières dans les détails
de la coupe et du dessin. Ce meuble n'a de royal, à tout
prendre, que son prix et ses croix d'honneur en sautoir.

7. COUPE D'IVOIRE,

PAR M. HENRI HEMPHILL, DE CLONMEL.

Ce petit vase, qui fait partie de la collection de
. Hemphiil, de Clonmell, est en ivoire et dans le style

d'Elizabeth. 11 a quatre pouces de diamètre et cinq de
hauteur. C'est un véritable prodige de bon goût, de fi-
nesse et de légèreté.

8. SERVICE A THÉ.
Par weegwood.

Réminiscence de Pompéi ou des Etrusques, surcharge
d'ornementation, goût suspect, telle est en peu de mots
l'impression que produit à la première vue ce travail,
bien au-dessous, du reste, de celui de nos artistes pari-
siens.

9. LA REINE MARGUERITE.

S10DÈ1EDEJOHNBELLT, FOKUERIEDESl.il. MESSEKGERETFILS.

Cette statuette fait honneur à la sculpture anglaise.
Elle est conçue avec simplicité et grandeur. On peut re-
procher à juste titre aux draperies de la robe d'engloutir
le galbe des jambes de la reine, d'une façon d'autant
plus regrettable, que la figure de l'enfant, en partie ad-
hérente à la figure de la mère, donne déjà plus de base
au groupe qu'il ne lui en faut.

Comme nous le faisait observer très-judicieusement
un sculpteur, avec qui nous examinions cette statuette,
toute figure debout, accompagnée d'une figure plus pe-
tite, est une figure de quatre pieds, et il faut lutter
contre cette difficulté, en trompant et déroutantl'œil du
spectateur avec le plus gra.nd soin.

Les têtes sont belles et expressives, les mains heureu-
sement enlacées. Mais pour rendre plus saisissable le
mérite d'expression de ce groupe historique, il est bon
de rappeler brièvement l'histoire de cette reine malheu-
reuse.

Marguerite d'Anjou, fille de René d'Anjou, roi de
Sicile, et femme de Henri VI, roi d'Angleterre, était
une princesse entreprenante, courageuse, inébranlable.
Elle eut tous tes talents du gouvernement et toutes les
vertus guerrières. Elle prit un tel empire sur son mari
qu'elle régna sous son nom.

La nation anglaise, que sa fermeté avait irritée, réso-
lut de secouer le joug. Le duc d'York, Richard, profita
de la fermentation des esprits pour faire valoir ses droits
à la couronne : il se mit à la tête d'une armée, battit
Henri VI, en I45iî, à St-Albans, et le fit prisonnier.

Il régna sous le titre de protecteur, et ne laissa à
Henri que l'apparence et les titres de la puissance.

Marguerite voulut être plus forte que ses malhenrs
et que sa destinée. Elle leva des troupes, battit le pro-
tecteur, et rentra en maîtresse à Londres.

Mais son triomphe devait être rudement contesté par
les vaincus. Le comte de Warwlck et le duc d'Yorck, à
la tête des rebelles, furent défaits par deux fois encore,
et le duc périt dans la seconde bataille, celle de Yvake-
field. Ce n'était rien encore, et l'hydre révolutionnaire
n'était que terrassée, non vaincue. La mémorable et
sanglante bataille de Tawton, gagnée par le comte de
Warwick sur la frontière de la province d'York, réduisit
Marguerite à passer ledétroit pour implorer de Louis XI,
roi de France, une assistance qui lui est refusée.

C'estàla suite de cette continuation inutile, que Mar-
guerite perdit encore la bataille d'Exham en 1462, et
dut se retirer dans les Etats de son père.

Mais ce n'était pas pour recueillir ses forces et pré-
parer une revanche.

Vains préparatifs, inutiles projets!

Faite prisonnière en i471,elledemeuraquatreans dans
les fers, et recouvra la liberté en 1475 par suite du traité
conclu entre Louis XI et Edouard IV. Le malheur avait
usé ses forces sans abattre son courage. Elle vint ter-
miner en France une vie de luttes et de douleurs in-
trépidement supportées pour l'amour de son fils, qui
n'en recueillit aucun fruit que la pitié de l'Europe et la
mon sur un champ de bataille. Le jeune Edouard, prince
deGal'es, que représente notre gravure, mourut en 1471,
à la bataille de iewksbury, sans laisser de postérité.

10. CHEMINÉE DE FONTE DE FER.

PAR J.-P. VAUDRE.

Cette cheminée est due à l'habile fondeur français
M. Vaudre, qui n'a pas craint d'exécuter en un métal
ingrat et massif un modèle que le marbre ou la poterie
eût doublé de valeur. Nous développons, dans un arti-
cle spécial de ce numéro, nos idées sur ce sujet, et nous
y renvoyons nos lecteurs. .

M, 12, 13, 14 et 15. BROCHES (d'après l'antique),

PAR MM. WATERHOUSE (DE DUBLIN).

Le luxe des anciens, dans la parure, n'a, pour ainsi
dire, pas encore été surpassé par les modernes, sinon
sous le rapport des étoffes, du moins au point de vue
des ornements, des anneaux, de la bijouterie. MM.Wa-
terhouse (de Dublin) ont eu l'heureuse idée de popula-
riser, en les reproduisant, les plus beaux modèles de
broches des musées de la Grande-Bretagne. C'est une
entreprise qui révèle non moins l'artiste et l'antiquaire
que l'industriel.

16. PINCE A SUCRE (argent ciselé, genre Italien),

17. BOUGEOIR,

18. CUILLER A SEL (ciselée).

19. MANCHE DE COUTEAU (en argent ciselé,)

20. CUILLER A SAUCE (en argelît ciselé),
21. TRUELLE A POISSON (d'un nouveau genre),

PAR M. HIGGINS (DE LONDRES).

A la réserve de la truelle à poisson, qui est peut-être
fort commode à manier quandon a des gants, maisdont
le dessin est affreusement bizarre, les objets de l'Expo-
sition de M. Higgins (de Londres) sont recommanda-
bles par la beauté des formes com«ie par la finesse de
l'exécution. La cuillère à sel est d'un goût parfait, ains
que le manche du couteau ciselé et que le bougeoir.

Quand à la poignée de la cuillère de service, elle est
belle en soi, mais déplacée, tant par son poids que par
sa forme, on ne peut moins à la main.

Quoiqu'il en soit, M. Higginss est sans contredit un
très-remarquable orfèvre.

La belle Literie de Fer de M. Auguste Dupont
attire l'attention des innombrables visiteurs, tant
français qu'étrangers, qui se pressent chaque jour
dans les immenses galeries de « Cristal Palace. »

Nous avons particulièrement remarqué, parmi les
riches spécimens sortis de la fabrique de M. Dupont,
un lit « Louis XV » d'une richesse et d'une élé-
gance sans égales. Les figurines et tous les orne-
ments argentés ou dorés qui se détachent du fond
atteignent la perfection des bronzes d'art qui figu-
rent dans les salons les plus aristocratiques de
France et d'Angleterre.

Un autre lit, auquel les visiteurs ont donné le
nom de lit chevalier, à cause des figures Renais-
sance, des couronnes, des armes et écus dont il est
orné, dispute au précédent la faveur et l'atteution
publiques. On nous assure que M. le ministre rési-
dant du Brésil a offert une. somme considérable de
ce beau meuble.

Mais II. Auguste Dupont ne veut s'en défaire que
lorsque son lit de prédilection sera resté exposé
pendant quelque temps dans ses vastes magasins
de la rue Neuve-St-Augustin.

Nous reviendrons sur cette importante branche
de l'industrie parisienne.

Le gérant : MANSARD.

LE DUCROIRE,

ASSURANCES CONTRE LES FAILLITES.

ADMINISTRATION CENTRALE ET BUREAU DES ADHÉSIONS : RUE LAFF1TTE. 41, A PARIS.

LA PATRIE

JOURNAL QUOTIDIEN.—12, RUE DU CROISSANT, A PARIS.

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