Le Palais de Cristal: Album de l'exposition: journal illustré de l'exposition de 1851 et des progrès de l'industrie universelle — Paris, 1851

Page: 177
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/weltausstellung1851b/0178
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
NUMÉRO 12. ADMINISTRATION : A PARIS, PASSAGE JOUFFROY, 2i. — A LONDRES, 2, CATHERINE-STREET STRAND. SAMEDI 26 JUILLET 4854.

LE PALAIS

*sr../c,

JOURNAL ILLUSTRÉ DE L'EXPOSITION DE 1851 IT DU PROGRES DES ARTS INDUSTRIELS.

franco un mandat sur Paris ou un bon sur la Poste à M. Mansarp , gérant du journal, 24, passage Jouffroy.

ABONNEMENTS pour Paris et les Départements : un an f 25 francs. —6 mois , 12 fr. 50 o. —Étranger, un an , 30 fr. —6 mois , 15

SOMMAIRE.

Biographie de Daguerre.— De la Photographie. — Séance annuelle
de l'Association des peintres, graveurs, dessinateurs, architectes,
etc.; adhésion aux principes de notre Journal, dans le compte-

rendu fait par M. Daczats.— Revue de l'Exposition de Lon-
dres : Articles de M. Jobard (de Bruxelles}. — Polyoraraa, article
de M. Albert Lesom, architecte.—Fête d'Amiens.— Faits Indus-
triels. — Souscription a un monument, pour MM. Daguerre et
Niepce. — Courrier de Paris et de Londres. — Faits divers.
— Correspondance,

DESSINS.

Portrait de Daguerre. — Globe.— Tapis.—Statues de la Dtsewe de
bonne aventure et de Sapho.—Piano d'Erard.—Bouclier.—Divan. —
Armes de chasse.—Pistolet.—Cimeterre et son fourreau.— Crosse
derusii.— M. Alfred guidant. — La Tiergee,! l'Enfant- — Pelles et
pincettes —Devant de cheminée.

DAGUERRE.

DU DAGUERRÉOTYPE ET DE
LA PHOTOGRAPHIE

Léonard do Vinci — Porta —
Charles wedgwood — Hum-
phrey Davy — Niepce et Da-
guerre—Talbot—M. Blaquart
Evrard — Histoire de la pho-
tographie.

Daguerre (Louis-Mandé)
né en 1787, à Cormeille,
vient de mourir. Il ve-
nait donc d'accomplir sa
soixante-quatrième année
quand la mort vint le frap-
per. Personne n'a résolu
d'une manière plus évidente
et plus palpable, dans sa
vie d'artiste, le problème de
l'alliance de l'art et de l'in-
dustrie ; et c'est à ce titre
que nous nous emparons de
cette physionomie curieuse
et intéressante : parlons de
M. Daguerre et des mer-
veilleuses découvertes qu'on
doit à son génie, ou, comme
dit Newton, à sa patience.

Les découvertes peuvent
être le fruit du hasard;
mais cependant, si l'on con-
sulte l'histoire de l'Inven-
tion, on regardera comme
certain que, le plus souvent,
c'est à la patience constante
du travail que l'humanité
doit les inventions qui lui
ont apporté les bienfaits les
plus efficaces.

Qui peut dès lors contes-
ter les droits du génie à la DiIH
jouissance de la propriété
intellectuelle!...

Dès son enfance, Daguerre, que sa vocation avait entraîné vers l'étude de
la peinture, et que son naturel ardent, peut-être un peu poétique, ne pouvait
retenir sur le terrain étroit d'une surface limitée comme celle d'une toile de
chevalet, Daguerre entrait chez Degotti, décorateur italien, qui était chargé
des décors de l'Opéra.

La main du maître était lente à exécuter ce que la conception toute parti-
culière de son esprit lui inspirait : Le jeune élève fut remarqué par Degotti,
par son ardeur vivace, par la promptitude de sa main, par la perfection du
faire avec lequel il secondait, traduisait, rendait exactement la pensée créa-
trice du maître.

Il fallait que les illusions de l'art dramatique suivissent, dans le domaine

de la réalité, les propor-
tions de la science ; et il
était donné aux hommes
qui, depuis le commence-
ment de notre siècle, ont
été les interprètes de la pen-
sée dominante du monde
moderne, de réaliser par
des procédés techniques les
calculs de la science : en un
mot, il fallait appliquer la
science à l'industrie, et re-
lever le travail matériel par
les découvertes de l'art.

Daguerre se préoccupa,
dès le début, d'une seule
pensée, et il réussit à triom-
pher des obstacles que cette
pensée soulevait devant lui :
il voulut chercher et il pé-
nétra les mystères de ces
jeux étranges, surprenants,
imprévus, dont la lumière
est le mobile, et qui, à l'heu-
re où nous parlons, n'ont
pas ditle derniermot, puis-
que lalumièreélectrique est
en voie d'innovation et de

progrès.....Attendons.

Jusque-là, l'art des dé-
corations était à l'enfance :
on ne cherchait à rendre
les effets que par l'agen-
cement des couleurs; mais
la lumière et ses prodi-
gieuses combinaisons n'é-
taient pas l'objet principal
des études du décorateur.
Daguerre, lui, voulut sur-
tout demander à la lumière
RE la réalisation la plus ap-

proximative possible des as-
pects de la nature : il choi-
sit une scène où il lui fut permis d'appliquer librement les préoccupations de
son esprit; ce fut au théâtre de l''Ambigu-Comique, que l'artiste parvint à des
résultats qui firent révolution dans son art.

On se rappelle les effets de lune du décor du second acte de Calas, et les
toiles si vraies du Songe, du Belvédère, des Machabées, etc., etc. Mais ce
n'étaient là que des jalons sur la route que Daguerre devait parcourir.

Le 11 juillet 1822, une foule nombreuse sillonnait les boulevards. On se
rendait à un établissement tout nouveau, et dont quelques spectateurs pri-
vilégiés avaient exalté les merveilles. L'illusion était telle que les visiteurs
de cet établissement ne pouvaient en croire leurs yeux: Il semblait, sans
exagération aucune, qu'une fois introduit dans l'édifice qui portait le nom de
loading ...