Le Palais de Cristal: Album de l'exposition: journal illustré de l'exposition de 1851 et des progrès de l'industrie universelle — Paris, 1851

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NUMÉRO 18. ADMINISTRATION : A PARIS, PASSAGEfJOUFFROY, 24. — A LONDRES, 2, CATHERINE-STREET STR AND. SAMEDI 6 SEPTEMBRE 1831

LE PALAIS

DE CRISTAL

MOITEUR DES EXPOSITIONS, JOURNAL ILLUSTRÉ DU PROGRÈS DES ARTS ET DE L'INDUSTRIE.

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PRIX DU NUMÉRO : 73 CENTIMES.

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SOMMAIRE.

Notice sur le général Marceau. — Bulle-
tin Industriel. — Exposition de
Londres, par M. Jobard (de Bruxelles).

— De la propriété intellectuelle, — L'Es-
PA6NE l l'Exposition (4° article), par
M. Bellegarrigue. — Revue de l'Expo-
•Mton de Londres. Draperie française.

— ATis important. — Courrier de
Parti et de Londres. — Exposition de
Londres (dernières nouvelles. — Faits
industriels. — Pile voltaïque de Le
Holt. — Correspondance.

DESSINS.

Statue du général Marceau. — "vase étrus-
que. — Vestale TOilée. — l'ot à bière de
Munich. ~ Vases en Terre (cinq dessins).

— Argonaute et Amazones (groupe). —
Table dessinée par la duchesse desuiber-
land. — Linge de table (deux dessins). —
Table indienne en ébène scuipté. — Cof-
fret. — Machines fumivores (trois dessins).

— Locomotive de Cramplon (quatre des-
sins). — Lephotograpbotrope.

STATUE BU GENERAL MARCEAU.

La ville de Chartres va bientôt
inaugurer la statue de ce général,
arraché à vingt-quatre ans à la
plus belle et à la plus honorable
carrière que l'on pût ambition-
ner.

Marceau naquit le 1" mars
1769 à Chartres (ci-devant capi-
tale de la Beauce et aujourd'hui
chef-lieu du département d'Eure-
et-Loir). Son père était greffier
du tribunal criminel. A l'âge de
seize ans, il s'engagea dans le ré-
giment de Savoie-Carignan; en
1789, il y était sergent.

Au 14 juillet 1789, se trouvant
en semestre à Paris, et ayant
coopéré à la prise de la Bastille,
il reçut son congé absolu.

De retour dans ses foyers, 11
fut chargé d'organiser et de dis-
cipliner la garde nationale, qui le
récompensa en le nommant, en
même temps, capitaine de grena-
nadiers et de chasseurs.

En 1792, il partit pour les fron-
tières avec le grade de lieutenant-commandant au bataillon départemental
d'Eure-et-Loir.

11 arriva à l'armée commandée par le général Lafayette au moment où elle
se disposait à suivre à l'étranger son général, forcé de s'expatrier pour dérober
sa tête à la proscription prononcée contre lui. Marceau sort des rangs, la fu-
reur dans les yeux, met la pointe du sabre sur la poitrine d'un officier qui
entraînait ses soldats, et s'écrie: «Français, il est un devoir plus sacré
que l'amour pour son général ,■ celui de ne pas laisser cette frontière dé-
couverte. » Cet élan généreux imposa à toule l'armée, qui s'arrêta à la voix
du jeune officier.

Lors de la capitulation de Ver-
dun, quoi qu'il eût dit dans le
conseil défensif qu'il fallait périr
sur les murs de la place, au lieu
de la rendre, il eut le regret de
| se voir choisi, à raison de son
fc, jeune âge, pour porter au roi de
Il Prusse la capitulation de cette
l| ville. Ce monarque lui voyant les
1| yeux baignés de larmes, dit :« Si
m les Français ont beaucoup de
m jeunes militaires semblables,
Il nous aurons fort à faire.

Cette capitulation fit perdre à
B| Marceau absolument tout ce qu'il
|| possédait, et, à cette occasion,
te| un représentant du Peuple lui
|| ayant demandé ce qu'il voulait
É|; qu'on luidonnât ? Unsabrenou-
fk veau, répondit-il, pour venger
|| notre défaite.

Dans la même année, il fu
nommé capitaine de cuirassiers
dans la belle légion Germanique
et envoyé dans la Vendée.

En 1793, après la prise de

Saumur, il fut élevé au grade

d'adjudant, et, par un décret de

la Convention, nommé général

de brigade. Le 28 juin de la même année, il fut nommé général de division par

le ministre de la guerre Bouchotte.

En octobre suivant, sur la demande de Kléber, douze représentants du Peu-
ple le nommèrent général en chef par intérim de l'armée de l'Ouest et de Brest,
et, quelques mois plus tard, le 12 décembre, il gagna la fameuse bataille du
Mans où, tour à tour général et soldat, il se lit également admirer par son cou-
rage, ses talents militaires, et surtout son humanité, qui faillit lui coûter la vie,
en voulant sauver une jeune fille combattant pour la cause royale, et qui était
poursuivie par des soldats républicains. Pour cet acte de générosité, Marceau
allait être conduit au supplice, car la loi punissait de mort tout républicain

statue du général Warreau, par M. Auguste l'réault.
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