L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 1)

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300 L'ART.

et de ses intailles, pourquoi n'a-t-il pas également fourni celui de toutes les estampes, comme il l'a
fait pour quelques-unes? Il y a là un dédoublement assez étrange.

D'un autre côté, parmi ces estampes de Mmc de Pompadour, il y en a un grand nombre dont
le dessin et la conception rappellent singulièrement les habitudes et le faire de Boucher. Le volume
de M. Leturcq donne, — et nous en avons reproduit quelques-uns, — le fac-similé de huit dessins
que Mme de Pompadour n'a fait que copier et qui me paraissent appartenir bien plus à Boucher qu'à
Guay. Sauf démonstration contraire, il me paraît difficile d'admettre que Boucher n'ait fait que copier
Guay et que son rôle se soit borné à servir d'intermédiaire entre la gravure sur pierre et la gravure
à l'eau-forte. Je ne parle pas, bien entendu, de certains sujets spéciaux, comme le portrait de
Louis XV, puisque Guay, dans ses notes, nous dit formellement qu'il « a eu la Vantage de tra vailer
dapre le Roy. » Aussi, dans ce cas, comme dans plusieurs autres, l'estampe de la Pompadour
porte-t-elle la mention Guay del. C'est lui qui a fait et la maquette du camée et le modèle de
l'estampe. Mais pour la plupart des autres, quelle raison a-t-on de réduire, comme on l'a fait, au
rôle d'intermédiaires Vien et Boucher, contrairement à toute vraisemblance?

Ce n'est là, dans mon sujet, qu'un point secondaire et accessoire que je ne puis traiter avec tous
les développements qu'il comporterait, mais que je n'ai pas voulu cependant passer entièrement sous
silence. Avoir dessiné les modèles de Guay n'ajouterait pas grand'chose à la gloire de Boucher. Mais
là n'est pas la question. Il s'agit simplement d'un fait qui n'a pas, que je sache, été encore examiné,
d'une difficulté dont la solution n'a sans doute pas grande importance, puisque la difficulté elle-même
semble n'avoir pas été aperçue ; mais n'y a-t-il pas toujours intérêt à être exactement renseigné ?

Eugène Véron.

HISTOIRE DE L'ART EN FRANCE

D'APRÈS LES MANUSCRITS

On a, dans ces dernières années, publié un très-grand nombre d'ouvrages sur l'art et sur les
artistes. — Pour ces publications (faites trop souvent d'après des livres antérieurement publiés), il
importe de rechercher soigneusement si elles citent les sources originales, auxquelles il importe d'aller
puiser. C'est là le conseil que nous donnons depuis longtemps1, essayant, de notre mieux, de prê-
cher d'exemple et indiquant toujours, pour en provoquer le contrôle, dans quel dépôt public ou privé,
dans quel registre, à quelle page, dans quel volume, dans quel manuscrit se trouve le document par
nous indiqué. Rien ne fait mieux juger une époque que les détails intimes de la vie de chaque jour* ;
les comptes de dépenses de labour ou le registre d'un bourgeois en disent plus et mieux que les récits
apprêtés et empruntes à l'imagination. Il faut écrire aujourd'hui l'histoire, non pour flatter ou servir
tel ou tel système, telle ou telle nation, mais pour rendre à chacun sa véritable origine, sa figure
naturelle, pour les éclairer avec un flambeau tenu d'une main ferme et impartiale. Que les érudits
chercheurs de nos diverses provinces, reliées entre elles par une même et commune émulation, se
mettent à l'œuvre, et leurs recherches seront récompensées par de précieuses découvertes. Les
registres des paroisses, les actes judiciaires fourniront une ample et féconde moisson.

Dans ces dernières années, les archives nationales à Paris et les archives départementales ont été
classées et sont devenues accessibles. S'il y a eu jadis des actes de vandalisme commis, ces dévasta-
tions ont pu être en partie au moins réparées et il importe de publier et d'établir des inventaires qui
dirigeront utilement ceux qui voudront explorer, suivre telle ou telle branche du savoir humain. C'est

1. Le Parlement de Paris. — Le Châtelft. — La Sainte-Chapelle. — Curiosités des anciennes justices. — Les Métiers de Paris.

2. Nous avons retrouvé à Saint-Quentin, ù Guise, les actes de naissance et de décès de M. Q. de la Tour, de Camille Desmoulins. —
A. Laon, les intelligentes explorations faites par M. le président Combier lui ont permis de reconstituer l'histoire du bailliage, celle de
la commune de Liesse.
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