Prisse D'Avennes, Achille Constant Théodore Émile  
Histoire de l'art égyptien: d'après les monuments ; depuis les temps les plus reculés jusqu'à la domination romaine (Text) — Paris, 1879

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DESSIN. 393

TOME DEUXIÈME

J[, DESSIN

Ancien canon des proportions du corps humain..'-'Depuis la y jusqu'à la xxvi" dynastie. /

Dès les temps les plus reculés, les artistes égyptiens avaient adopté une échelle au canon
pour les proportions du corps humain. Les monuments les plus anciens, les tombeaux contem-
porains des pyramides de Memphis présentent, encore, dans leurs parties inachevées, des ébau-
ches où l'on remarque des carreaux de proportion tracé3 au cordeau avec de la sanguine ou de
l'ocre rouge sur lesquels se détache, en vigueur, une esquisse tracée, également, en rouge
avec des repentirs de dessin qui ne laissent aucun doute sur l'usage de ces carrés.

Le plus ancien canon de proportions était divisé en dix-neuf parties depuis la plante des
pieds jusqu'au sommet de la tête. Celle-ci y occupe trois parties; les épaules commencent à la
seizième; le pubis est placé à neuf et demi et divise la figure en deux parties égales. L'alvéole
du genou commence à la sixième et le pied occupe trois parties comme la tête. La hauteur et les
divisions sont les mômes pour les deux sexes : il n'y a pas de différence dans les proportions de
la partie supérieure de l'homme et de la femme, quoique le torse soit beaucoup plus court chez
celle-ci, les jambes relativement plus longues et les cuisses plus grosses. Les artistes égyptiens
ne s'inquiétaient pas non plus si, par suite des mouvements du corps, il y a des déplacements,
des points qui montent tandis que d'autres s'abaissent; ils dessinaient toujours d'après la for-
mule géométrique qu'ils avaient adoptée sans songer à la pousser rigoureusement dans toutes les
conséquences qu'enseigne l'étude des formes humaines. Ils ne s'inquiétaient pas non plus si à
des âges différents, répondent de différentes proportions, et souvent ils donnaient à une figure
d'enfant les proportions d'un homme fait. Malgré ces imperfections, on ne peut s'empêcher,
cependant, de reconnaître que c'est à l'Egypte qu'est dû l'art de déterminer les proportions de
la ligure humaine, c'est-à-dire l'idée première du canon, perfectionnée plus tard, par Phidias,
Polyclète, Euphranor, etc.

J'ai donné clans celte première planche cinq spécimens de l'ancien canon pris sur des monu-
ments de diverses époques, depuis l'érection des pyramides jusqu'à la renaissance de l'art sous
les Psammétiques, époque où les artistes égyptiens modifièrent l'ancien canon sans le perfec-
tionner.

Le n01 a été copié à Sakkara dans le tombeau de Raases, scribe royal et chef des construc-
tions du roi Tachare de la V dynastie. Dans ce tombeau où les peintures se trouvent, encore,
en partie à l'état d'esquisse, on voit sur le portrait de Raases, dans une partie du vêtement,
dont la couleur s'est détachée, l'esquisse de la figure tracée en rouge au moyen d'un roseau. On
s'aperçoit que l'artiste avait dû dessiner l'homme entièrement nu comme le prouvent le phallus
et les contours des cuisses qui apparaissent encore; c'est donc d'après les lignes, qu'on retrouve,
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