Prisse D'Avennes, Achille Constant Théodore Émile
Histoire de l'art égyptien: d'après les monuments ; depuis les temps les plus reculés jusqu'à la domination romaine (Text) — Paris, 1879

Page: 392
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392 NOTICES DESCRIPTIVES.

différences notables. Cette planche représente deux de ces chapiteaux : le premier, qui fait partie
de la galerie de l'ouest, est beaucoup plus régulier que l'autre; il est orné d'écaillés au-dessus
des viroles, et de grappes de dattes immédiatement au-dessus des écailles; mais le tout est assez
grossièrement sculpté. Quant au second, il n'est pas orné de fruits, et les viroles commencent en
bas des palmes, tandis que la base est décorée de chevrons semblables à ceux des autres colonnes
de cette galerie.

Dans la colonnade opposée on remarque un chapiteau dactyliforme dont la courbe est gra-
cieuse, les régimes bien développés et les écailles en dessous bien sculptées. 11 porte encore
du côté du mur des traces de couleur, bien que le fût n'ait pas été terminé. Ce coloriage prouve
que les Égyptiens ne cherchaient pas toujours l'imitation de la nature, mais un assemblage de
couleurs, agréable à l'œil.

Le chapiteau dactyliforme de la colonnade en face de l'Kmisi, est d'une forme assez gracieuse;
mais les viroles arrivent au niveau des feuilles; il ne porte ni fruits ni écailles et seulement des
chevrons au-dessous des viroles.

Enfin, celui de l'intérieur du pronaos est élégant et sévère; les palmes ne sont pas sculptées,
mais seulement coloriées. Le fond est vert, les branches et les feuilles, bleu. Les viroles en
dessous portent les mêmes couleurs que celles des autres colonnes de la même salle.

La colonne dactyliforme a été employée dans une des salles du grand temple de Soleb, bâti
par Aménophis III dans la haute Nubie. La base de cette colonne est ornée d'une bande de croix
ansées, puis d'une zone d'hiéroglyphes, enfin d'une suite de prisonniers portant leur écu bla-
sonné du nom de leur pays.

Vient ensuite le temple de Sesebi, près du Soleb, où Séthos I" adopta les colonnes dactyli-
formes pour le temple entier dont il ne reste que quatre colonnes.

Chapiteaux loliformes.

Creusé en gorge ou en cloche renversée, ce chapiteau est imité du calice du lotus ; on lui a
donné le nom de loLiforme parce que les anciens avaient spécialement donné le nom de Lotus à
la fleur de la plante. Ce chapiteau, quels que soient les ornements accessoires qui le recouvrent,
est d'une forme invariable, c'est-à-dire en cloche renversée. C'est le plus général de tous ; il
mérite le nom de chapiteau national, ainsi que celui dont le dattier est le type.

Chapiteaux cratiriformes*

Ce chapiteau en forme de coupe ou de vase, dont la forme, comme celle de tous les autres,
est puisée dans la nature; représente l'image du ciborium ou fruit du lotus décrit par Hérodote,
Athénée et Théophraste. 11 est impossible d'en douter quand on voit qu'Athénée compare le
ciborium aux rayons du miel des abeilles. Ce qui prouve encore que ce chapiteau est bien l'imi-
tation de la capsule du lotus, c'est qu'on le voit recouvert tantôt de folioles étroites et aiguës,
tantôt de folioles ovoïdes et inégales ; or, ces deux caractères appartiennent exactement aux fruits
du nymphaîa lotus et au nymphaîa cœrulea.

La commission l'a appelé cratériforme, d'après le nom de vase que les anciens ont donné à la
capsule du lotus.
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