La chronique des arts et de la curiosité — 1922

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N 0 io. — 1922.

31 mai.

BURTAUX ! 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e)

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

De récents incidents, qui ont ému le monde
de la «curiosité» — lequel est vaste
et comprend presque autant de mar-
chands que d’amateurs, sans parler des
« experts », des commissaires-priseurs et de tout
ce qui gravite autour de « l’Hôtel » — nous ont
valu une foison assez piquante, attristante parfois,
d’anecdotes sur les mœurs et procédés de ce
commerce si particulier et si parisien. Il est cer-
tain que des abus considérables accompagnent les
ventes et qu’un mercantilisme assez âpre s’exerce
auquel certains croient trouver une justification
en disant qu’il s’agit de haut luxe, d’amateurs
riches que la passion emporte — ou égare, —
qui peuvent payer par conséquent.

Sans examiner ce que cette thèse a de singu-
lier, sans rechercher non plus la vérité à travers
tant de racontars et d’assertions, nous nous deman-
derons ce que devient dans tout ceci la cause de
Part — car il s’agit bien d’art, quoiqu’on en pense.
Eh! bien, une constatation s’impose: l’art est
souvent la dernière préoccupation de ce public fort
mêlé. Ce n’est qu’une sorte de snobisme qui le
guide, non point le goût et le sens des belles cho-
ses, dont le prix seul est considéré. L’authenti-
cité même est, au moins pour les uns -— on l’a
vu, et aussi quelle importance a pris le fait
divers! — qualité secondaire, et si les autres
la veulent magnifier, c’est peut-être querelle de
boutique plus que désir d’être vraiment éclairé.
Ceux qui s’érigent en censeurs actuels et enten-
tent combattre pour la vérité, n’ont-ils aucun
reproche à se faire ? On demeure sceptique à cet
égard lorsqu’on voit tout ce que contiennent les

boutiques d’antiquaires, d’experts. Il n’est pas

possible que l’authenticité y soit de courante
garantie.

Le public suit ces bergers de tout acabit et
paye toujours fort cher. Pour un amateur doué

d’esprit critique e qui sait, qui a un goût per-
sonnel et les moyens de le satisfaire, il en est cent
parfaitement ignares, qui demeureraient insou-
cieux d’une belle œuvre si elle coûtait bon mar-
ché.

Il serait à souhaiter, en tous cas,‘que l’affaire
de la table « Louis XV », dont l’existence et
la présence à la vente comportent tant de peut-
être, provoquât un examen complet de la ques-
tion des « experts ». L’expert, dans les domai-
nes les plus divers, a une mission redoutable :
il n’est pas toujours armé pour la remplir, et
le caractère officiel, qui lui est parfois conféré,
ne l’investit pas nécessairement de toutes les
connaissances voulues, non plus que du tempé-
rament qu’il faudrait. Encore a-t-on là une sorte
de garantie et il est inadmissible — comme cela
a été dit, paraît-il, l’autre jour — de prétendre
que dans une vente publique l’attestation de
l’expert n’engage pas sa responsabilité; mais
beaucoup s’intitulent experts qui se sont décernés
à eux-mêmes un mandat dont rien ne prouve
qu’ils sauront le remplir. Nul ne devrait pouvoir
se parer de ce titre sans justifier de connaissances
positives; et même, comme l’erreur rôde sans
cesse autour des mieux renseignés, aucune exper-
tise ne devrait être valable sans débat public et
contradictoire. Nous reconnaissons que cette dif-
ficile question mérite une étude sérieuse. Bien
d'autres points de l’organisation des ventes publi-
ques, du privilège des commissaires-priseurs,,
seraient à examiner par la même occasion.

NOUVELLES

Musées

*** On répare le dôme du pavillon de l’Hor-
loge, au Louvre, destiné à recevoir la collection
d’art musulman Delort de Gléon.

*** On classe au cabinet des estampes de la
Bibliothèque nationale l’œuvre complet de
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