Le charivari — 12.1843

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LE CHARIVARI.

IL TAPE PARTOUT, IL M C01AIT RIE»,

ïï TUAI sPtltHOliltlEIV.

La Presse se plaint aujourd'hui avec amertume d'un
procédé du gouvernement. Et la Presse a raison. Du res-
te, le Système est si obstiné dans sa polissonnerie que,
lorsqu'on lui reproche un mauvais acte, il est bien rare
qu'on ait tort.

C'est à son préjudice,"d'elle-même Presse, que le pro-
oédé a été commis. Ainsi le pouvoir frappe ses amis
après avoir frappé ses adversaires. Il ressemble à ces
peuplades de l'Amérique qui, lorsqu'elles n'avaient plus
d'ennemis à manger, dévoraient leurs propres compa-
triotes pour s'entretenir la dent.

On .s° souvient que la Presse a été poursuivie pour le
laineux Bulletin des Tribunaux, qu'elle avait imaginé de
joindre à son numéro de chaque jour. — « Il faut un
nouveau cautionnement, disait le parquet, car c'est un
nouveau journal ajouté à l'autre: voyez plutôt la classi-
fication nette et tranchée des deux feuilles, la facilité de
leur séparation et la différence de leurs spécialités. —
Erreur, répondait la Presse1, il ne faut qu'un seul cau-
tionnement, car il n'y a en réalité qu'un seul journal:
■voyez plutôt l'adhérence des deux feuilles. » Bref, chacun
persistant dans son avis, il fallut soumettre la question
aux tribunaux. Cette affaire, qui rappelle les plus épi-
neuses de l'antiquité, pouvait aboutir à quelque chose
d'aussi difficile que le jugement de Salomon, mais non
malheureusement à quelque chose d'aussi agréable que
le jugement de Paris.

S'il était décidé qu'un seul cautionnement était suffi-
sant, la Presse continuait à inonder la France de son
Jhtlleiin des Tribunaux; si au contraire il était résolu
que deux caulionnemens étaient nécessaires, le gérant de
la Presse devait aller expier en prison le tort d'avoir cru
qu'il publiait une seule feuille en deux, tandis que les tri-
bunaux estimaient qu'il publiait deux feuilles en une
seule.

Pour le dire en passant, n'est-il pas étrange que de
pareilles erreurs d'appréciation, que chacun peut faire
le |>lus consciencieusement du monde, soient punies,dans
une nation civilisée, de la même peine qui frappe les
vols et les délits? Un gredin prend un mouchoir dans la
poche d'un passant ou escamote un objet dans la bouti-
que d'un marchand,... on lui applique deux mois de pri-
son. Vous publiez u'> ~ ' ' vous croyez qu'il est com-
posé de fi>- "dis que le parquet le
t'0' ,;f vous appli-

cour royale de Paris ont trouvé que la Presse avait rai-
son, tandis que la cour de cassation et la cour royale
d'Amiens ont pensé qu'elle avait tort. Or, comme le der-
nier mot est resté à celte dernière opinion, elle s'est tra-
duite contre le gérant en un mois de prison et deux
cents francs d'amende. Que la Presse soit condamnée,
c'est très bien ; mais personne ne nous démentira quand
nous dirons que de pareils délits ne mettent jamais un
accusé au ban de la société, et que si la Presse n'avait
pas autre chose à se reprocher, ce serait le plus vertueux
journal du monde.

Or, savez-vous ce que le parquet de Paris vient de fai-
re?... Je vais vous le dire, car, si absurde que vous sup-
posiez ce parquet, vous ne le devineriez jamais.

Il vient de signifier au gérant de la Presse qu'il eût à
faire sa prison au lieu même de la condamnation, c'est-
à-dire à Amiens !

Certes, nous ne sympathisons guère avec la Presse,
ni d'opinions ni de personnes ; mais il nous est impossi-
ble de ne pas nous associer de tout notre pouvoir, au nom
d'un sentiment d'humanité blessé et de la dignité du
journalisme compromis, aux protestations qu'elle publie
ce matin. Qu'on laisse faire à un gérant de journal quel-
ques jours de prison gagnés parce qu'il n'a pas été du mê-
me avis qu'un tribunal sur une question de droit, c'est
déjà énorme ; mais qu'on ajoute à cette peine l'aggrava-
tion qui consiste à lui imposer la prison dans une ville
étrangère, loin de sa famille et de ses amis, voilà qui est
monstrueux, malgré le peu d'importance de la peine. Il
n'y a au monde que le Système le plus doux et le plus
humain pour avoir trouvé le moyen de faire de la per-
sécution et de la barbarie avec un mois de prison.

La Rresse fait un raisonnement fort juste. Si ma faute,
dit-elle, avait été évidente et que j'eusse été condamnée
dès l'abord par le tribunal de Paris, c'est à Paris que j'au-
rais fait ma prison ; c'est parce que j'ai été acquittée à
Paris qu'il a fallu me faire jugera Amiens, et c'est parce
que j'ai été condamnée à Amiens que je dois faire ma
prison en Picardie. Mon gérant sera donc frappé plus
cruellement parce qu'il a eu pour lui les deux juridictions
de la Seine. Cela est clair, évidemment, et il faut être
bien... parquet de Paris potfr n'avoir pas été frappé d'a-
vance de ce qu'a de ridicule un pareil résultat.

La Presse fait le procès—au parquet de Paris, et à son
avidité de répression, — à la législation rigoureuse de la
presse, qui est pleine d'embûches pour les journaux,—
enfin au Journal des Débats qu'elle accuse de lui avoir
suscité cette nouvelle avanie, lui qui est devenu tout-puis-
sant à force de servilité.—Nous sommes parfaitement de
l'avis de la Presse sur tous ces points; mais nous aimons à
''entendre dire par elle-même. Au moins on ne criera pas
'est l'esprit de parti qui parle par notre bouche. Ces
os ont du poids dans les colonnes de la Presse,
•s-là qui se voient de près doivent se connaître
\ que nous ne les connaissons.

'aie que, si le oarquel a le droit d'exiger
■iranl n'eulend nullement

s'y soustraire. Il fera sa prison à Amiens; mais on l'y con-
duira, car il n'ira pas de son plein gré: il se livrera,
s'il le faut, aux brigadiers de gendarmerie qui devront
l'y mener. Nous engageons la Presse à persévérer dans ce
dessein : c'est le meilleur moyen d'empêcher l'accomplis-
sement d'un mauvais acte, ou sinon, de donner au par-
quet une leçon efficace. De Toulouse, des journalittes
opposans ont été conduits, la chaîne au cou, il y a deux
ans, à Pau, où le jury les a acquittés ; mais nous verrons
si le parquet ne reculera pas devant le scandale, affli-
geant sous un point de vue, mais comique sous un autre,
d'un journaliste conservateur conduit en prison de bri-
gade en brigade, accolé peut-être à un malfaiteur.

Nous n'avons qu'une observation à adresser à la Pres-
se. Ce n'est pas la première fois que le parquet de Paris
se montre brutal et inhumain envers les écrivains politi-
ques : l'opposition a eu bien des fois déjà l'occasion de lui
adresser pour les siens de semblables reproches. Si dans
ces cas, et sans attendre qu'elle fût frappée à son tour,
la Presse avait fait énergiquement cause commune, non
pas avec nous, mais avec le sentiment d'humanité et de
convenance dont nous étions alors les interprètes, il est
possible que le parquet, moins encouragé, n'eût pas été
amené à prendre ces habitudes de répression avide et de
brutale rigueur que la Presse lui reproche aujourd
avec tant de raison.

TROIS NOUVEAUX JOURNAUX.

Dieu seul, conjointement avec M. Beuchot, le savant
bibliophile du Journal de la librairie, connaît au jusle
le nombre des papiers plus ou moins publics qui parais-
sent ou qui essayent de paraître chaque mois à Paris.

Au milieu des journaux qui ont lancé leur prospectus
celte semaine, nous en avons distingue trois qui méri-
tent de voir consigner leur naissance sur les registres
de l'état-civil du Charivari.

Le premier de ces nouveau-nés a nom le Pionnier.
Sur la foi du titre, n'allez pas vous imaginer que ce pa-
pier s'est donné pour mission de vous parler chemin de
fer, de raisonner rail-ways et de discuter sur les loco-
motives. — Point : le Pionnier est un journal exclusive-
ment littéraire, qui a pour but de préparer la voie à tous
les jeunes littérateurs qui ont beaucoup de génie dans le
cerveau et au moins quinze francs dans leur gousset. S'ils
n'ont que du génie tout seul, il est inutile qu'ils aillent
frapper à la porte du Pionnier.

La combinaison littéraire de ce journal financier con-
siste à n'insérer dans ses colonnes que des articles de ses
souscripteurs, et chaque souscripteur n'a droit qu'à une
insertion. Vous voyez que la rédaction ne peut manquer
d'être infiniment variée, à moins que quelque duc de La-
rochefoucauld Liancourt ou autre littérateur fort à son
aise ne prenne du premier coup une centaine d'abonne-
mens pour jouir du droit de faire insérer cent de ses ar-
ticles.

Après cela peut-être.le Pionnier refuse-t-il d'accepter
plus d'une seule souscription par personne. Néanmoins
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