Le charivari — 12.1843

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ET JEIW 2 FÉ*SÎÊR 1848, « DOUZIÈME ANNRE, N°- 00 ET 61.

(ric*ei Strasbourg: la l'russe, le Direct, des Posles
A'Ma, ehaoelle ; la Itussie, chez Bellizard, Pufour'et
d'Ai*-laïjSfes à Sainl-Péteisbourg; aux Etats-Unis,

pan». Département». EiMnf». «YnSÔv Wn«Ui JHunHflK>\■Hh^B. I La collectioncomplète de la nouvelle série, du t«jait-

., .. . 45 fr. 18 fr. 22 If. NSkWt -vfl llf TTl mÊÊMHmjL •< MÊMUÊtim |y vier 1838 au 3t décembre 1842,40 vol. Prix.. 300 fr. »c.

Trois îlot»..... 30 36 r,; 3^U&iflHNP^ I W\ /XI Chaque volume........................ 50 »

su Moi».......... 72 8S /^llk-«a^v^s-^. MS^^^^^tÊÊf^JwlS^BSsm 1 IM/raTl ii'i L'n numéro isolé avec lithographie...... » 50

Ùn A" ,' • • • ;••••„* datent des ler'et 16 de chaque mois. m.-^^r^lga^^Ê^^ZmÊfmX Mi M 1 Journal quotidien publiant chaque jour un nouveau

i-'-s I Z. ij France el l'Etranger aux bureaux ùu Journal, • p^^t^^^^T* A4^^ïw "m En lltho8IaPiie 011 Sra,ure'el des VlSieUes Slir ks'

CnU*L nu CROISSANT. 16 (HÔTEL COLBKRT1', fiT<^^^mÊ^mÊSÊÊÊ U • "TÊËféBBafe^&téP' PRINCIPALES DIVISIONS DU JOURNAL,

t PARIS- » ■ , /Jrw,r((,ni:„,j, cn,.z |CS (;0, r,.,. . ^ "^Banij|t, | , 1 WlIlW l" T Politique. Polémique, personnalités, biographie, chro-

El Sl>l'c,a ;"ll'fa res, les Dircc.....r» des Posles et des Jm&SBfy&Wg* ^S^^SSS^^'mSBtKBÊ^BÊK^ nique dujour,crit,que des orateurs cl des débats législatifs.

Pini'la»'*! U ' Dèlpech, à Bordeaux; Canmii, . à L^^#f^^VSMl»^â^01*^ >^4^.WfelflS^ «" , Littérature Critique .les livres, des pièces de théâtre,

W-s^S''!'ieSii,P, i ro«/o«i«; .Mlles Handier, à *>.«.- Va- ^i^Âs/^âg^BHs^l^ i^lfrsF^ jOlW^Mil 11 <l« des courspubliçs,etc.; des concours, réceptions et travaux
evillv 'i "'
a Poste,
ne, le D
vie, à Le
Ilave, Al
-i (Jcnéye; tftHlit

V«V'«,'ÎV;V*.yni.villv a i/c/:; Maïnviile, Watrê, à «'»««»; tW Sj^^^mKâSÊSiÊ^S^A^rS^ ■ " MHBHM^-r» académiques ; des missions scientifiques, et autres ; bruits

„iker.à l''"ï ., -t'e a ,t/,.er ■^.-■'■isl^a-ag^aBfc^^M Ê'JmfM^^S^—^ - de salons, de coulisses etdc bourse ; pasticheside nos grands

lu l)irc^l'«V/o,-fl«<! le 'Directeur des Postes à liruxellc- ; ^^^m^xSSÊrWIFm,WÊÊÊÊÊÊÊ^^^SÊlllTS^^!^ " écrivains du jour ; critique de la criliqae.

I'""r 1:1 «vie à Londres; la Hollande, les Direct. J«^HKm .^WiWIiWLWHlfwifX^^-^ 7fert«.r-Jir/s. .Musique, peinture, sculpture, etc

I' I »'/'''"'''"■ 'i , tl-ive Amsterdam; la Saisie, Combe, li- ^WÊSkWseSBmBamÊ^m\ iWÊB^UÊMmK^WÊ^!!mmK^£^s»in Ma-urs. Mœurs parisiennes et provinciales , contes et

ilus •'l,5"'-V- '■:.,.'(• Italie, les Direct, des Posles à Turin, ^KgnBHBff '^vKMMSV^Ii** VHOcfBNKi IHj nouvelles, esquisses contemporaines, faits curieux.

Venise, Florence, Home, Naples; l'iï»- ^^^^^HjBBBB| ' / 'i jjWjPF il lll ^BBlic'_ L''» ' "1 ""uns. Caricatures politiques (quand la censure veut

'libraire à Madrid ; XAllemagne, k-s l)i- fejSpSgfl*!^ WvV' ^BnEZMB'l''lll ' bien le permettre), titlerairet,arlittiquety industrielles,
liH'J"11' "'n'.sies'à Leipsig, Francfort, Hanib'o'urg ; l'J«- 3iiEiiiËla!B9B l^KMHi[fl[Jj-rfil etc. Dessins demnre,croquisdemœurs,scinesd'intérieur,
\rd 'lus l o»1 ..re |e Ujrect. des Posles à Vienne, el chez -^SaSS^HB^^BK.MlIlK^r^MV I^^^HIIh l' f!>' pochadesde salon, d'atelier, de tribunaux,de promenades
•ic/ieet la^ slrM[)0uri;: la l'russe, le Direcl. des Posles d^^^^^^BB^Ês^^MMiÊtj/m \ HTl WBk.!W%&<^miBMlËs!-< publiques. Principales scènes de pièces de théâtre en vo-
nt '^7^\T^''^^^^KE^ESSl^BBai & A KSA irS^V' i^^-^-^ "ry^ sue.. Copie des meilleurs tableaux de l'exposition et des

il'Aii-la:'; r.|res à' Saint-Pétersbourg; aux Etats-Unis, J~^' -Z?^^^^iJ^3^^^\WMMM!i^^^f^r^, V«-ijrjî galeries. Portraits ou charges des célébrités eontempo-

Coiiip.< " ■ x,.w-York. ' *Ttr^->S?>r-\I '^^fe^^^^s^i^^^^^S|^^H(t^^% jJ-^raS^^ raines et personnages fameux, etc. Dessins de Modes,etc.

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olieï Ruhr, a dc3 abonnements, les maiuLits à vue .ur leTre"*»» ^ î^^^*'7^^ ,^V~^ir^^=^^=^=^==rc~^5?^***«aB^^*^^^^5^r Innt ce qui concerne le journal doit être adressé (franco) au Directeur.

Un res»'1 e™ P'fle el les en'els sur les nuisons de banque it l'an». ' ^^^==a=ga*»^'^Sags^p£lr-_-rr^— '.----^^^---— ' Les lettres non affranchies seront rinoureusement refusée»,

IIS MASQUES IMMUABLES,

POUR FAIRE PENDANT AUX PENSÉES IDEM.

le carnaval est terminé dans les rues ; mais il paraît
u'il n'est pas fini au Palais-Bourbon et dans d'autres

lieux officiels. Là les pierrots, les arlequins, les jocrisses

sont immuables.
C'est le Journal des Débals qui le déclare aujourd'hui

formellement, et on sait qu'il doit se connaître en fait de

paillasses.

M. le président Sauzct, dont le frac bleu ne pouvait
manquer de fêter les jours gras, avait commis dernière-
ment son petit lazzi de carnaval. « Attendons, avait-il
dit, le mercredi des cendres pour ouvrir la grande
discussion des fonds secrets ; ce jour-là tous les mas-
ques seront tombés. » Ce n'était pas trop mal ; seule-
ment nous nous étions permis de penser qu'au lieu de
se préoccuper exclusivement des masques tombans, M.
Saazel »" feéak visuul! 'lc soages un BftU aussi à «es bas
qui tombent également.

Eli bien, le Journal des Débals proclame que les
masques ne tomberont pas, et que si le bal masqué est fer-
mé, la chambre continuera de rester ouverte à Y intrigue
et aux intrigans.

« En fait de masques, dit la feuille Berlin, il en est de
toutes sortes et de toutes les couleurs. » Personne ne
doit mieux lc .savoir que le Journal des Débals, qui s'est
affublé successivement de masques rouges, blancs, tri-
colores, clc.

Cela posé, l'oracle de la rue des Prêtres allirme posi-
tivement que dans la solennelle discussion qui s'est ou-
verte aujourd'hui, les tiers-partis, centre gaucheries,
et surtout>les ministres possibles garderont leurs dégui-
semens; ils ne sont en définitive que des farceurs de car-
naval. A dire vrai nous nous en doutions un peu.

Suivant le Journal des Dèbals, les Thicrs, les Molé,
les Passy, les Salvandy, les Dufaurc, se sont tout sim-
plement affublés, pour la circonstance, d'un domino li-
béral, patriote, indépendant, etc. ; Di.ais au fond ils sont
de l'avis de M. Guizot sur toutes choses. Il ne faut pas
oublier encore une fois que la feuille Berlin, qui a eu
des intrigues avec les différons masques ci-dessus, doit
connaître parfaitement tous ces Balochards.

Mais le public, qui sait, lui aussi, parfaitement à quoi
s en tenir sur leur compte, a donc raison de rester à peu
près indifférent à ces sempiternelles farces de carnaval,
dont l'unique but est de chipper un portefeuille. Nous
espérons cependant que le mercredi des cendres politi-
ques finira par arriver une bonne fois, et qu'alors non-
seulement les masques, mais encore beaucoup d'autres
choses tomberont.

SUR

LE MOT SUR.

four parvenir à se faire «ntendre dans la discussion
"«s tonds secrets qui a commencé aujourd'hui, plusieurs

orateurs ont passé la nuit au Palais-Bourbon à l'effet d'ê-
tre les premiers présens à l'inscription. J'aime à croire
que la questure a eu l'allenlion de leur faire dresser un
lit au pied de la table du secrétaire et de leur tenir
prêts quelques bouillons et deux ou trois bols de vin
chaud. Sans ces précautions, cette nuit passée serait une
corvée d'autant plus rude qu'elle se représente assez sou-
vent. Il ne servirait de rien aux députés d'être exemptés
de la garde nationale si la nuit blanche au corps-de-garde
devait être remplacée par des nuits plus ou moins grises
au pied de la tribune. Quant à moi, je ne trouve rien de
plus triste que toutes ces nuits-là, si ce n'est pourtant
les Nuits d'Young.

Peut-être aussi ces députés, pour charmer les loisirs
de cette monotone attente, s'amusent-ils à jouer? En at-
tendant la joute de la tribune, l'opposition cherche à
faire le ministère capot dans un cent de piquet, et le cen-
tre s'ingénie à faire la gauche mat dans une partie d'é-
checs. Ces diverlissemens rentreraient assez bien dans
le jeu de nos inst itutions.

Mais ce n'est point de cela que nous voulons parler.
Ce qu'il nous importe de constater, c'est que par suite
de cette nuit passée, il s'est trouvé, à côté de quelques
inscriptions poitr ou contre, une inscription sur. Or,
sans vouloir, ni directement ni indirectement, faire al-
lusion au député qui s'est inscrit sur, député dont nous
ne nous rappelons même pas en ce moment le nom, et
que nous n'avons pas la moindre raison de croire guidé
par d'autres senlimens que des sentimens consciencieux
et honorables, — celte inscription sur nous a fait venir
une idée que nous livrons pour ce qu'elle vaut aux dê-
vouemens désintéressés, c'est-à-dire à la grande majo-
rité de la nation officielle. Nous sommes étonnés que
celte gent n'y ait point songé avant nous ; cela devait
leur venir comme la queue vient aux chats, forcément
et naturellement.

Dans l'état de crise où les fonds'' secrets ont jeté le
Cabinet, crise d'autant plus périlleuse que les voix sont
plus exactement partagées, une boule a une immense
valeur. La preuve que le Vingt-Neuf-Octobre en juge
ainsi, c'est qu'il fait revenir de Turin l'ambassadeur
marquis de Dalmatie, et qu'il mande à Paris, sans res-
pect pour son tibia blessé, un ventru attardé par une
chute; mais le Cabinet ne veut pas que cette chute en-
traîne celle du ministère; et peu lui importe que lc cen-
trier ait le fémur compromis, pourvu que lui, Cabinet,
reste solide sur ses jambes.

Par les frais que risque, à nos dépens il est vrai, le mi-'
nislère pour faire venir de si loin une boule blanche,
jugez du prix qu'il attacherait à une boule qu'on pour-
rait lui livrer sur place, pour pouvoir en jouir immédia-
tement, sans les risques d'avaries, de casse, de coula-
ge, ni même de simple retard, attachés à la locomotion.

Mais s'il est quelques dévouemens désintéressés qui
ne craignent pas d'aller s'offrir et de faire valoir eux-
mêmes leur marchandise, il en est d'autres qui ont le dé-
sintéressement plus timide el plus honteux, et qui, tout

désireux qu'ils soient de tirer bon parti de leur fonds,
aimeraient mieux attendre le chaland dans la boutique
que d'aller offrir l'échantillon sur la place. Or, il faut se.
faire connaître, et malheureusement les progrès de l'an-
nonce ne sont pas encore venus à faire éditer des pla-
cards dans le genre de celui-ci :

A LOUER

POUR LE TERME DES FONDS SECRETS,

avec entrée immédiate en jouissance,

LW'E VOIX EN BON ÉTAT ET FRAÎCHEMENT DÉCORÉE.

nota. La proximité du vole la rend précieuse pour un mi-
nistère qui voudrait s'établir solidement.

L'annonce en viendra là plus tard avec la franchise de
notre système constitutionnel ; mais elle n'y est pas en-
core... Le progrès est si lent!

En attendant, que pouvait faire un pauvre député qui
ne voulait pas perdre cette occasion unique de tirer
bon parti de son petit suffrage éclairé?... Eh! mon Dieu !
c'est tout simple, et nous nous étonnons encore une fois
que les honorables dans celte position n'y aient pas son-.
gé : c'était de se faire inscrire sur !

C'est là une merveilleuse annonce indirecte, qui a tous
les avantages de l'annonce positive, sans en avoir la cy-
nique apparence. Se faire inscrire sur (nous répétons
que cela doit laisser complètement en dehors le membre
qui s'est fait inscrire de cette manière et dont nous ne
connaissons ni la position à la chambre, ni la nuance),
— se faire inscrire sur, n'est-ce pas dire : « Je ne suis
pas encore bien fixé sur la question de savoir si j'ai con-
fiance en M. Guizot, ou si je me défie de lui ; mon cœui-
balance, et il ne demande qu'à être fixé. » L'attention
du ministère est fixée par celte indication adroite. Il se
dit : « Tiens ! voilà des députés qui ne répugneraient pas
à voter pour nous, puisqu'ils ne déclarent pas qu'ils
sont dans l'intention de voler contre, mais qui cepen-
dant pourraient bien voler contre, puisqu'ils ne s'enga-
gent oasà voler pour. Il faut les tâter et leur faire des
avances. » De cette façon, la négociation est entamée, et
le tour est joué.—Les mandataires du député sont com-
me le tour.

Avec ce sur, il y a plus d'un père de famille à la
chambre qui pourrait doler sa lille. Je sais bien des fer-
mes en Beaucc, dans la Normandie ou dans la Limagne,
qu'on achèterait aisément avec ce sur. Il est même bien
des cabinets d'avocats et de médecins qui ne rapportent
pas autant que ce sur. Dans ce sur, il y a des préfectu-
res, des recettes générales, des croix, toute une fortune
enfin, une fortune en trois lettres. Ce sur est plus riche
qu'il n'est gros.

Il faut—ou que les marchés de consciences aieut été
longtemps à l'avance définitivement conclus,—ou que les
marchands parlementaires se soient endormis dans les
délices du carnaval, pour eue le sur n'ait pas été généra-
lement exploité. Car enfin, on peut le dire sans jeu de
mots, c'est un moyen s tir.

Une autre lois on y songera, et cette autre fois ne tar j
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