Gazette des Ardennes: journal des pays occupés — November 1914 - Dezember 1915

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X.a neutralité de la Hollande.

Le « Matin » a reçu la lettre suivante que nous reproduisons
avec plaisir, car elle prouve avec quelle vijjllance le Gouvernement
de S. M. la Heine Wilhelmine veille au maintien de la vérité.

« Paris, le 1 février IMS.
« Monsieur le Rédacteur en chef.
« Le journal le ■ M»titi » du fi janvier a annoncé, sur la fui de
y

l'e

plusieurs obus en territoire hollandais.

« Il résulte d'une enquête, instituée à ce sujet par les autorités
militaires néerlandaises, que cette nouvelle est dénuée de fonde-
ment.

« En vous priant de bien vouloir faire paraître cette rectification
dans votre journal, j'ai l'ho'hneur, M. le Rédacteur en chef, de vous
offrir, avec mes remerciements, l'assurance de ma considération
très distinguée.

€ I.e Ministre des Pays-Bas,
■ A. db STEURS >.
Document précieux.

Une lettre datée du I" février 19ir>, d'une localité de l'intérieur
de la France occupée par nos troupes, et se trouvant entre nos
main», prouve à nouveau la manière dont on pille également dans le
territoire non envahi Elle sera un des nombreux et authentiques
documents qui ouvriront les yeux à ceux qui s obstinent à rendre
les « Boches » responsables de tous les méfaits. Elle dit ceci :...:>
(Suit une partie que nous ne reproduisons pas pour garder le secret
de l'auteur, car elle donne des descriptions qui pourraient facile-
ment permettre de le reconnaître.!

Elle continue : ■ C'est honteux pour la France d'agir ainsi. Ce
n'est pas assez, de livrer nos maris à la boucherie, il faut encore
nous voler. Pauvres femmes; seules noua sommes sans défense et
nous sommes la proie d'une bande de voleurs. Je compte sur toi
pour veiller et mettre tout en état.

« Monsieur B... a beau dire que ce sera difficile de faire revenir
E... Pourquoi des exceptions et des privilèges? Monsieur M..., du
même régiment que E..., et faisant partie de la réserve active, est
bien retourné. C'est à se révolter et à ameuter la population. »

Rapport officiel militaire.

A Roye, ville occupée par nos troupes depuis le 1« octobre (914,
les pertes suivantes ont été causées parmi la population civile par
le feu de l'artillerie française :

Morts : 5 hommes, 1 femme, 1 enfant.

Gravement blessés : 8 hommes, 7 femmes, 2 enfants.

Légèrement blessés : I homme, i femme.

Le nombre des édifices avariés par le feu de l'artillerie française
se monte à 02 ; parmi eux, se trouve la très belle église Saint-Pierre,
la mairie avec sa bibliothèque et l'hôpital.

L'église est irrémédiablement perdue ; l'hôpital fut détroit, par
les obus, pendant que deux drapeaux de la Croix de Genève flot-
taient encore sur lui.

Ceniure et vérité en France.

En France, on est très mécontent des exploits de la censure qui
filtre vraiment par trop la vérité. Voici ce que dit 1' ■ Humanité » à
ce propos : /

« Tous les Français qui tiennent à nos traditions de liberté et à
notre renommée de bon sens et de bon goût, ont été indignés par
les fantaisies d'arbitraire et par les incongruités de toutes sortes
commises par le service de la censure, depuis le début de la guerre.

■ MM les censeurs ont passé toutes les bornes et jamais, dans
aucun pays, ni à aucune époque, la liberté de la presse n'a été
traitée avec un pareil sans-gène, ni avec une telle incompétence.

« Pour notre part, nous avons protesté, nous avons dénoncé
quelques-uns des abus dont nous avions été victimes ici. Mais, si
les journaux républicains ont été particulièrement maltraités par
l'Anastasie déguisée en soldat, tous nos confrères, plus ou moins,
ont eu à s'en plaindre. .

• Aussi, sommes-nous heureux de voir un nomme qui honore le
journalisme par sa probité professionnelle, M. Charles Dulot, rédac-
teur au « Temps », prendre l'initiative d'une protestation contre un
scandale qui marquera tristement cette époque.

« Appuvé par des journalistes comme MM. Mathieu Morhardt,
Pierre Mille Jean Lefranc, M. Charles Dulot demande la suppres-
sion de la censure politique et la limitation de la censure militaire
aux informations intéressant les opérations militaires. •

La guerre navale.

Stockholm, 30 février 1915

Un vapeur de transport anglais, contenant 2,000 hommes
de troupes anglaises, selon le « Goeteborgs et Adtonbladet »,
informé par une source certaine, a été coulé dans le Canal.

Un personnage do Stockholm, qui est au courant des
événements du Canal, a déclaré, à un représentant de la
* Gazette de Francfort » : - Je peux vous affirmer, qu'il n'y
a pas de raison de douter de la véracité de cette nouvelle ».

Liverpool. £0 février tu::..
Le vapeur « Cnmbunk » faisant le trajet de CardiO a Liverpool a
été torpillé, prés de l'île Anglesea, par un sous-marin allemand,
sans être averti. 3 hommes de l'équipage furent tués par 1 explo-
sion, deux, qui sautèrent a la mer, se sont noyés, le reste de l'équi-
page fut sauvé.

, Les journaux annoncent que le vapeur ■ Nor , M -1 rivé
à Waimer avec une fente dans la proue.

Paru. H lévrier t*15.

Communication officielle du Ministère de la :

Dans la nuit du 17 au 18 février, un sous-mai Inai ■ m-

bardé le vapeur • Dinornh-* »rès de Dieppe. Le . il ai i lies
furent fermées. Le vapeur n* pas coulé et est panreàfl I D! ie.

Les sous-marins contre l'Angleterre, recommandés par les Français.

Un journal bavarois rappelle, qu'au cours de l'histoire, l'emploi
des sous-marins contre l'Anglererre a déjà été une fois recommandé,
ef — quelle ironie du sort — par les Français. A l'occasion des essais
entrepris par Futton. avec son bateau submersible « NautUus »
l'amiral Latuuche-Tréville écrivait, le 5 septembre 1801. au Ministre
de la marine Pelley de Pléville, qui avait des scrupules quant à
l'emploi de celte arme de guerre : « Contre un ennemi, qui
n'aspire quii l'et&ierviSêem enl de la nation française, tous les
mot/ens svnt permis. *

Qui veut la guerre en France 7

Un écrivain, qui connaît la France à fond, écrit à ce sujet :

« Si l'on regarde de plus près, on constate qu'en France une
certaine caste seule, décide du sort politique de la nation. En tout
cas ce n'est pas la bourgeoisie 1 C'est cette caste, dont le cercle est
très étroit, qui a la dernière parole dans la question Guerre ou
Paix, et elle a aussi la faculté de décider sur le traitement plus dur
on plus doux des Allemands internés. Cette oligarchie, qui domine la
France entière, est composée d'un groupe très restreint de grands
financiers et de gens intéressés aux affaires coloniales. Ils agissent
de concert avec les porte-paroles de la caste des avocats et avec
quelques académiciens et journalistes arrivistes C'est un fait incon-
testable que les sommitfs de cette oligarchie, dans leur omnipo-
tence appuyée par l'argent et la suggestion, ont un mépris caché
pour les parlementaires, qu'ils poussent devant eux comme des
figurants. Cette caste, qui s'est recrutée d'un petit nombre d'indi-
vidus appartenant à certains métiers et classes, cette caste règne
en maîtresse absolue sur la troisième république, qui. elle même,
est née du terrible bain de sang de la Commune. Et c'est la même
caste qui méprise d'une façon absolue la foule et les véritables
conditions d'existence du peuple.

€ S'il en était autrement, cette guerre, amenée sans scrupule et
sans conscience, au mépris prononcé de toutes les prévenances
allemandes, serait impossible ».

Celui qui connaît la France n'osera contester la vérité de ces
lignes. Ce que nous regrettons, c'est que le peuple français sup-
porle la tyrannie de cette oligarchie, tyrannie qui, pourtant, a eu
déjà de si tristes conséquences pour le pays !

La peur secrète de la France.

Zurich, 18 février 1915.

L'agence « Corrispondenza «, à Rome, publie un article très
important émettant l'opinion qu'en France on ne réussirait plus à
cacher l'inquiétude, quant à l'avenir de Calais.

Toutes les autorité^ françaises auraient complètement perdu
leur.importance, le commandant anglais étant le seigneur absolu.
11 n'y aurait plus de troupes françaises à Calais; par contre, on
construirait de grandes casernes pour les Anglais et dea villas élé-
gantes pour leurs officiers, comme si l'on voulait s'y installer pour
longtemps.

Puisque, durant deux siècles. Calais a déjà appartenu —
Anglais et que l'Angleterre ne renonce pas à une place qu'elle a
OCCapéê — ce qui est prouvé par les exemples historiques du
Havre. Gibraltar, Port-Mahon et Toulon — on a des inquiétudes
très vives, surtout depuis que la France a prouvé qu'à elle seule
elle était incapable de défendre la côte du Nord, ce qui consti-
tuerait un danger pour l'Angleterre aussi.

Les réfugiés français.

AmBterdnm, 18 lévrier 1915.
Au « Journal », le sénateur Humbert se plaint que les Français,
qui se sont enfuis des provinces occupées par les Allemands dans
nntérieur de la France, sont traités par les autorités françaises fin
vagabonda et mendiants. A chaque occasion, on leur rappelle qu'aï
n'ont aucun droit légal de recevoir une subvention : on ne paierait
même pas toujours la subvention de L fr 25 cependant prévue eu
principe.

D'autre part, un journal français, paraissant dans l'Est, publie
les lignes suivantes, que nous reproduisons à titre de document :

« Des appels de détresse nous arrivent de Bourg-eo-Bresse, de
réfugiés belfortains.

Plusieurs d'entre eux sont à la veille d'être jetés sur le pavé par
ceux qui les recueillirent à leur arrivée et exigent d'eux, à présent,
des loyers peu en rapport avec la valeur de la chose, soudainement
retirée de la gratuité et mise à prix sans débat.

Ces paiement» de loyer doivent être effectués intégralement
d'avance. Il n'est tenu compte, ni de la loi sur le moratorium, ni des
usages locaux

Encore une fois, nos compatriotes, ainsi exploités, n'ont pas le
choix : payer ou être mis sur le pavé. Dans l'un et l'autre cas, c'est
la misère, le malheur.

Cette monstruosité n'était pas prévue au moment de l'évacuation.

Notre municipalité va-t-elle laisser se commettre cette iniquité I

Dès le 15 février, des familles belfortainea vont en être les vic-
times si on n'avise d'urgence. »

Grande baisse à la Bourse parisienne.

t'es derniers jours, en coïncidence avec 1' « offensive en arrière •
de l'allié russe en Prusse orientale, il y eut une baisse très grave
a In Bourse de Paris. C'est surtout la rente française 3 % qui en a
souffert. Nous donnons les cours en comparaison avec ceux de

la veille

Itente 3 p. c................ 69 05 69.75

Serbe 4 p. c................ 66.« 66.50

Turc 4 p. c................. 55.50 56.50

Canal de Panama........... 101.»» 105.»»

Banquede Paris............ 945.»» 965.-»

Crédit Lyonnais............ 1075 .»» 1085.■■

Canal de Suez.............. 4080.»» 4100.»»

Maltïoff.................... 504>» 5t6.i»

tUndMhjea..............■■ 117.». 119.»»

A ces chiffres assez suggestifs, nous joignons la nouvelle que les

Italiques françaises ont suspendu le paiement du coupon des Itente!

belges, même pour les couponsjprésentés titres attachés.
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