Gazette des Ardennes: journal des pays occupés — November 1914 - Dezember 1915

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Année. — N" 113,

F>r\IX : F5 CIvNTIMEB

CharleTllle, 1« 1" Décembre 1916.

Gazette des Ardennes

JOURNAL DES PAYS OCCUPÉS PARAISSANT TROIS FOIS PAR SEMAINE
On s'abonna dana loua loa bureaux da posta

SANS HAINE

„ Esl-il possible de renier la haine slupido
et malsaine qui avilit la grandeur tragique
de cette lutte des peuples, Bans n'exposer a
fournir à la presse chauvine des boulevards
parisiens quelque nouveau prétexte lui per-
mettant de resservir a ses lecteurs sa légende
favorite de l'Allemagne i extéiuée », aspi-
rant par tous les moyens à une paix hâtive.

Qu'importe! Quoi qu'on puisse dire, cette
presse-là ; trouvera toujours matière à
nourrir ses insinuations méthodiques. Trahir
ou déguiser sa pensée, afin de paraître autre
qu'on est, n'est d'ailleurs Jamais un signe de
force.

Depuis quinze mois que dure la plus ter-
rible des guerres, les peuples en présence
ont eu le temps de découvrir leur âme, mûrie
dans la douleur et dans l'effort.

Ce qu'aura été l'âme de chaque peuple
mêlé â la grande tragédie, l'historien le dira
un jour. Aujourd'hui, on ne peut en juger
que d'après les manifestations extérieures de
l'esprit public, et surtout d'après la presse,
miroir plus ou moins Adèle de cet esprit.

Mais en faisant cette comparaison, on est
frappé de la différence fondamentale existant
entre l'état d'âme de l'Allemagne et celui de
ses ennemis. Ce qui donne le ton dans la
presse chauvine de Paris, voir dans une série
de manifestations oratoires, c'est'la buina,
laoïina aveugle et criarde, qui semble se ruer,
tète baissée, vers le suprême anéantissement.

En Allemagne, c'est en vain qu'on cher-
cherait pareille outrance de geste et de lan-
gage. Des la première heure de la guerre, et
malgré l'inévitable ônervemeut des premiers
jours, le peuple allemand a eu conscience de
toute la grandeur tragique de la lutte imposée
à sa franche volonté de paix.

En dépit des calomnies répandues sur ses
prétendus désirs d'<t hégémonie mondiale i,
il a senti qu'il combattait pour son bon droit
de croître et de se développer librement. Cette
libre croissance, ce développement naturel
de la saine vitalité du peuple allemand étaient
un élément principal du progrès de la civili-
sation européenne et mondiale. Le rôle qu'il
se sentait appelé â jouer dans le monde, le
jeune Empire n'eût certes pas mieux demandé
que de le remplir dans la paix et par le travail.
L'histoire dira combien de fois 11 témoigna
de cette franche volonté conciliante vis-â-vis
des nations plus anciennes qui se croyaient
menacées dans leurs privilèges et leur pres-
tige historiques.

En forgeant contre un peuple jeune, gran-

dissant et prospère comme une force élé-
mentaire, la ligue de leurs rancunes et de
leurs jalousies, en enlravanl par tous les
moyens son besoin légitime d'extension éco-
nomique et coloniale, les nations ennemies
de l'Allemagne ont fait violence à la nature
mémo et au principe de tout progrès. Ce sont
elles qui dans cette lutte de titans représen-
tent la u Réaction » I

C'est ce que le peuple allemand a profon-
dément senti. Pleinement conscient do déten-
dre le principe de [a civilisation, en se
défendant lui-même et en brisant le cercle
d'intrigues dans lequel ses ennemis voulaient
étouffer sa force vivante, il a su hausser son
âme à la hauteur de sa rude tâche. 11 n'eut
pas besoin, pour cela, d'éveiller et de cultiver
la h&ina, qui n'est ni un signa de îoree ni Vax-
pression d'une eause juste. Pour trouver
l'énergie nécessaire â la sauvegarde de son
rang parmi les peuples, il lui a suffi de
se dresser en face de la menace" et d'avoir
pleinement conscience de sa propre valeur.

Cette forte conscience lui a suffi jusqu'à
ce jour. Elle lui suffira jusqu'au bout de 6a
lutte. Ayant conquis son rang par le travail
et la saine énergie, il n'a jamais méprisé le
travail el la réelle valeur des autres. N'ayant
jamais eu la folle prétention d'exterminer les
autres nations civilisées, il laisse â quelques
petits académiciens de Paris la triste gloire
d'insulter les grands hommes dont lés noms
représentent devant l'Histoire l'immortel
génie de l'Allemagne.

Le peuple allemand n'a pas répondu â
ce langage de haine; les armes de la rageuse
calomnie, il n'en a pas besoin; il ne s'abais-
sera pas jusqu'à les ramasser. Si, monacé
dans son existence, il a connu la sainte
colère, il ignore la haine aveugle et follement
destructive et ne se perdra jamais lui-même
au point d'oublier l'avenir de l'Europe dont,
selon Victor Hugo, l'Allemagne est le cœur.

BULLETINS OFFICIELS ALLEMANDS

e de l'Ouest et de i'Eil

Thtùlre de la guerre aux Balkans,
De* troupes anslro hongroise» ont nelloyé de l'en-
nemi le terrain au lud-oueat de Mitrovica, jusqu'il!
secteur Klim. Le chiffre de* prisonnier» capturai à
Mitrovica et aux environs s sugmenté de 1700.

■ A l'ouest de Pristina le» hauteura de li lin gauche-
de la Sitnic» sont occupées par de» troupe» allemandes.
800 nouveau! prïionnier» tombèrent entre no» mains.

Au »ud de II Drenïca des troupe» bulgares oui
franchi I» ligne générale : Gale»—-Stimlj»—Jeicico—
Ljubotin.

Théiie de la 3uerrt d l'Ouf

liée de Neuville (entn

Sur plusieurs points du fioul, combils i I» grenade
et j coups de lancc-bnmbcs. En Champagne et dons
le* Argonncs, l'arlilkiie ennemie développa une vive

Théâtre de la guerre à rfai.
Croupe d'année du jeid-maréchal von Hindenburg.
Un ivion ennemi fut aballu près de Busclihof (au
tud-ouesl de Jakobstsdl) a coups de mitrailleuse. 11
tomba cuir» le» positions des deux adïcrstires; dans 11
nuit, nos patiouillrs le mirent en suret».

Croupe d'arm/e du général von Linsingrn.
Kien de nouveau.

Yht'dlre de la guerre auj- Balkans.
La poursuite continue.

Au sud-ouest de Mitrovica Pudnik tut occupé.

Plus de a,700 piisoniiiera tombèrent entre les mains
de» troupe» alliées. Un nombreux matériel de guerre
lui pri».

rméc. Leur hul immédiat, qui consistait
à ouvrir une communication libre avec la Bulgarie al
l'Empire turc est atteint.

Le» mouvements des troupes placées sous le haut
eomm»ndement du fcld-maréchal von Mackcnscn fu-
rent inaugurés par l'armé* aualro-hongroise du général
von Koevess, renforcée par des troupes allemande»,
contre la Drina et la Save, ït-por l'année du général
von Gallwili conlre h- L>anubc pris de Semendit» el de
Ram-Buis», le 6 octobre; par l'armée bulgare du gé-
néral Bojadjeff coDtre la ligne Ne go tin-Pi roi, le li 00-

Le même jour commencèrent également les opé-
ration» de 11 deuxième armée bulgare, aoua le général
Todorow, dana la direction de SkopljevVclè».

Dépoli lors Ks tKWpei alliées ont exécute rapide-
ment et sans accroc la formidable entreprise' d'un
passage du Danube en laoe de l'ennemi, laquelle fut
d'aillcur» encore entravée par le redoutable ouragan
dit « Kouava », aurtenu i l'improviste. Eli»» ont pria
le» forteresses gardant les frontières ennemie» : Bel-
grade (Ion de 1s prise de cette ville le huitième corp»
d'armée austro-lioni.'roij sr distingua particulièrement,
i coté du corp» de réserve de Brandebourg), Zajecar,
Knajcvac, Pirol, qui tombèrent entre les mains de no»
vaillant* allié» bulgare». Elle» ont finalement brlaé
complètement l'opiniâtre réaialancc, appuyé» »ur un
terrain favorable, de l'ennemi aguerri el courageux.
Ni lea roules défoncée», ni les montagne» aux chemin»
impraliquablei el couvertes de neige, ni le manque de
renfort» et d'abris n'ont pu entraver tant soit peu leur
marche en avant. Plus de 100,000 hommes, c'est-à-
dire près de ta moitié de l'armée serbe, aonl prison-
nier». Sea perte* dans les combats et par désertion ne
peuvent être évaluées. De» canons, parmi lesquel» de»
pièces lourdes, et un matériel de guerre d» tout genre,

moment,'furent enlevés à l'ennemi. On peut dire que
le* pertca allemandea aonl Ire» modiquea, ai regret-
tables soient-elles. Les troupes n'eurent aucunement

artillerie.

K Comin

a habita

é tué» e

blessé» dans lea derniers it> jours, par le feu ennemL
Thittrt de la ouerre i ifs:
La situation ait en-général sana changement,
î'hédire de la guerre aux Balkani.

Au rapport publié hier sur le cours qu'a suivi jua-
est de boa, dont beaucoup de piècea lourdes.

BULLETINS OFFICIELS FRANÇAIS

1 d'Orient. — L* IB, uoa n'.lsqur bulgare
M gauche da la Cerna, a été repotuaée. L'ai
nouveau engagé* le 10 sur 1« Hajek, affluent 1

aviuns oui, sur divan pointa du front, ai

En Belgique, deux appareils allemands ont été central

'* Dans la région ai Reims, deux ovialiis, pris su chai
ont fait demi-tour.

En Champagna al aux ttilèras de l'Argount, cuiq coml

dû atterrir préciplurnïnenl dan* leura lignes; un ai
appareil aat tombé désemparé; la de ruer ast descendu

ralenti lacatai"*» l'artillerie. Noa baUeriea ont rapide-
ment réduit au «Uence l'arullcrla ennemi» qui tentait d*
culaverser nos Irancbées da la région da Hoclincourt. noa

nord da la Heure (la el

an k aignalar au mura d* la nuit, an dehors da la oa-
ada babiluaUa, aaof an Argonn*, où t* lutte da rndnaa
pourauivla k noue avantage dana 1» aactaur da Bolanle,
avons fait saultr on pâlit posta allemand.

*Q,»u'nortest' da" Celles -s ur-Phone, a «m pl élément

lofirli

nahdirl

MARIONS JEAN !

Par CoLinx Y VER

Au printemps dernier, sa mère était

sa* goûts, tas qualités, sas pc-tita
qui l'appareillera. Hariea-le. a

ribleri

it difficile! SV^ûîe'f
is très JoH. at uas riche, l<

dans mes paUle* amie» 11

?l avait pu mal d'esprit, un notur pas trop méchant. Il

Avec cela, trente ans ; uns petit» barbe blonde 1res
de» jeux aourieurs, une élégance usée, at l'une de
définisiables positions, sociales dort or. dit la nom sar
prendre, et qui l'affiliail k une growt entrepris» amé,

A l'automne, j'élaia laasa da chercher, Jean n'él
marié. J'étais allée k Caudebec-en-Cauj. passer la n

s, (t que j'aapén

eu'il ma fallut apprendra t
Bdish, Utian, ttabal at Mai

La soir j'écrivais k Jean : a «on petit aral, nous alloua

vu. Je vous aueuds. J'ai chu mui miuea lilinglon, J'eapira
qu'elle» ne vous feront pas peur. Apporter voira inmduLna. s

Iriime n'était encore un babv ; k Londreafuue vieille fille,
leur tante, leur a promis un million pour abaque noce ;
elle* parlent nul français, d* sorte que J* lea coin promis
peu, mais ce sont dea bijoux de femmes ; figurai-voue, pusrr
porler le langage de notre jeunesse, a le* Criée* a qin
canoteraient as joueraieul au Itums ; lea Grtces avec daa
manière» d'amaionea. Adieu, al mariona Jean I a

■label elle-même était trop jeunette pour que je puas»
fonder sur elle des nl,(ram« ; mu' lu-th et Liban, avec

leur appétit, *t le* ol
a pellU Haud. aile, 0

J'sparcovais^ parlols

Ella ma faisait ouricuse. Quand aaa scaurs e'eo U » «
d barula visiier la pav>, alla nalalt at s'enfermait dans sa
hambr* avao un livra, at oa livra la suivait parioul. Parfois

a'îbras, ai l'élan*] bvr* detaol alla.

Quand alla relevait |* itt*. alla était toute rougs, avao 4a

r», d* la narra dan* las jeux, 1**
dira da* mot».

11, j'avais déjl fsil nsllra
et regard» qui m cneoura-
emeol grava surgil dans
it préparer la piège, et ma

Huions Jean I
U armait ai

Je palpitais au suivant son
cumin» s il eût daviûé, promena
s groupe, puii oa s'occupa plus

-Data

■» fil 1rs

eousal Anglaises, tous

Enfla, U d* fsul pal J pi

mandollna >

fit lui, dans ion flegme indavin
— Jl l'ai apport**. UnllnitU.

oomma 1* Barr* qui m'amàù* lolj
ront 1 Parti atuaiUi la Sot ratlrt.

, Jean' Grand dommage qu'allée
lsliugtou. Un million da dut 1

i- J'étais borribk-

1 premier éclair sans broncher.

Au déjeuner, je via avec consternation qu'Edith 1
roite, LUiaa i gauche, recevaient part égale dea al tentions
e Jean, at que m* attentions ae bornaient k l'élémentaire
oliteasa masculin*. J* n'v comprenais oen, il (allait que
: méchant garçon eut un azur d'argent pour résilier aux
■nselie* que les jolies tilles exhalaient comma de* roaaa.

Ce que Uaud devint oa jour.11. nul ne la lui. Sa grara.
aaire traîna juaqi '
ait 1 chaque coii

a maison le parfun
qu'ell* I

apra* elle, partent,

nesâe visiter l'église; mais lorsqu'il s'agit da
enjsmln de la bande, le Benjamin nnui glissa

maison : . afaudl tlaudl s mais Jean ravir
quand j* ma décidai a monter au second p<
la fjllelte, m porte ouvert» laissai! voir, ai

Seulement, 1 pain* dans l'agllaa —
bijou, trta evallt, — J'apareiii, i demi naehi
uoa jupe roug» qiw J* coooaMuais bien, al

Upelile ville. ^

— Teneal dis Je 1 Jean, qui eut 1 peine 1

Bt Jean sa mit 1 rire.

Ca jour-la, sous aomaa ona aolréa «ma
*0t Inventé si da toa Wnp* 00 n'avait pas
jolis orépuacule*. On nous mit de* cbalsas

bredouille, at
u- fr»pper ehsa
un fouillai d*

,1 i Je

la Aelna large at t* ptTuxa It

su non* rangeâmes autour 4* It
de* la dîner s'était éollpe**, a
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