Gazette des Ardennes: journal des pays occupés — November 1914 - Dezember 1915

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■se

5 Centimes le Numéro

A FArmée allemande et à la Marine allemande

Après cinq mois de lutte'acharnée él dure, nous
entrons dans la nouvelle année.

Des victoires glorieuses uni été remportées, de
grands succès ont été obtenus. Les armées alle-
mandes se trouvent presque partout en territoire
ennemi. Les tentatives réitérées des adversaires,
d'inonder de leurs avalanches d'armées le sol alle-
mand, ont échoué.

Sur toutes les mers,Mes navires se sont couverts
de gloire, leurs équipages ont donné la preuve qu'Us
savent non seulement combattre glorieusement, mais
qu'ils savent — écrasés par la prépondérance numéri-
que — mourir en héros.

Derrière l'armée et la marine, le peuple allemand,
pénétré d'une concorde sans pareille, est prêt à
donner tout ce qui lui est le plus cher, pour le loyer
sacré de la patrie que nous défendons contre des
attaques criminelles.

Des faits importants ont été accomplis dans l'an-
née i14 ; niais les ennemis ne sont pas encore
abattus, toujours de nouveaux corps de troupes sont
jetés par eux sur nos armées el sur celles de nos
fidèles alliés.

Pourtant leur nombre ne nous elfrave guère. Si
sévère que soit le temps, si lourde que soit la'tache
qui nous reste, de tout droit nous envisageons
l'avenir pleins de confiance, absolue.

Après la suive providence de Dieu, Je .Me fie à la
bravoure incomparable de l'année el de la marine.

peu]

le allemand tout entier

et Je Me sais i

finirons doue intrépides dans la nouvelle
vers de nouveaux exploits, vers de nouvelles victoi-
res pour la Patrie bien-aimée.

Grand-Quartier gtfttftrai, le 31 décembre.

W1LHELM.

REOUVERTURE DE LA CHAMBRE FRANÇAISE

Le 22 décembre, à Paris le gouvernement français ne
put faire autrement que de convoquer la Chambre. La
constitution demande, en effet, que Je budget soit soumis à
la Chambre avant la (in de l'année. Dans les derr.iers jours,
on avait fiévreusement travaillé à maintenir, ou plutôt à
créer cnez les députés, une disposition générale tavorable.
afin de n'être pas molesté par des opinions inopportunes de
certains députés voyant trop clair. L'ordre du jour du géné-
ral Joffre vint, au bon moment réchauffer l'enthousiasme
qui faute de progrès réels — tendait -i diminuer. (Voir
l'article espagnol de Cadenas au n" P de notre Gazette).

La séance a été ouverte à 2 heures. Le public était très
nombreux, la tribune diplomatique éiait comble, au premier
lieu on remarquait M. Bertie. ambassadeur ans-lais Tous
les députés étaient présents, détail suggestif : ceux qui
revenaient du front étaient en civil sur ordre spécialement
donné.

M. Deschauel Ht un discours patriotique très applaudi.
Ce discours et encore beaucoup plus la déclaration ministé-
rielle de M. Viviani nous rappelle le dicton : - Vous êtes
orlèvre. M Josse! ■

Nous avions l'intention - fidèles à notre principe de
donner la parole à nos adversaires — de reproduire dans ce
journal le discours in extenso de M. Viviani. A notre grand
regret, cela nous est impossible. Nous ne pourrions ouvrir
les colonnes ■< un manifeste injurieux, qui, d'un bout a l'au-
tre, renferme des calomnies déjà maintes fois ressassées,
calomnies qui ne sont interrompues que par des phrases
d'eloge personnel

L'impossibilité de faire évacuer les pays occupes et de
réaliser la marche vers Herlin, promise a la population
française, semble avoir privé le gouvernement français de
sa raison et de fa faculté de voir les choses telles qu'elles
sont a l'heure actuelle

La - Gazette de Francfort » compare cette déclaration
à un " hHrakiri - cruel ! Au lieu d'un beau geste éloquent
d'esprit gaulois qu'on aurait pu attendre, au lieu d'une
manifesiation de superbe éloquence, rien qu'un clabaudage
peu spirituel, et cela en réponse au discours du Chancelier
allemand, discours simple, sobre, plein de force.

Mais, des mensonges restent toujours des mensonges,
même lorsqu'ils sont prononcés devant une Chambre, par
la bouche d'un Minist re Si le mot mensonge parait trop fort
pour un Ministre, nuiis dirons carrément : Celui qui dit :
- L'Allemagne depuis plus «le quarante ans poursuivait, son
but. l'écrasement de la France pour arriver a l'asservisse-
ment du monde -, nous répétons : qui dit cela ment affreu-
sement ! Kh bien ! M. Viviani a prononcé ces paroles, et il
D'à pas rouyi «l'ajouter encore o'autres outrages dans le
■ style de feu Henri Rocliefort Comme preuve citons encore :
^ Contre la barbarie, le despotisme, contre le système de
provocation de menaces méthodiques que l'Allemagne
appelle la paix (!) contre le système de meurtres, de pillages
collectifs, que l'Allemagne appelle la guerre (!) contre l'hé-
gémonie insolente de la caste militaire qui a déebaine le
fléau, avec ses alliés .. etc » Ces citations suffisent, pour
démontrer le caractère indigne et ignominieux de la haran-
gue ministérielle.

Nous sommes habitues depuis longtemps, que la boue,
sortant de l'enfer des journaux parisiens, souille nos braves
soldats et le peuple allemand Mais les elucubralions de
ces tristes individus ne comptent pas. puisqu'elles ne
répondent aucunement a la vraie aine française

Mais si le chef du Gouvernement descend de sa hauteur
pour se mêler a cette bande irresponsable de rédacteurs
mercenaires, l'aspect change totalement Une déclaration
ministérielle est un document officiel qui résume, pour
ainsi dire, les événements historiques d'une époque

C'est l'histoire qui jugera plus tard, si c'est un combat
contre la barbarie, le despotisme, etc., a moins que ce ne
soit plutôt une guerre de défense de la part de l'Allemagne
et de l'Autriche-Hongrie

Ecoutez M Viviani quand il interrompt les phrases
héroïques par ce passage significatif : - Le jour de la
victoire définitive n'est pas encore venu, la tâche jusque là
sera rude Elle peut être longue; preparous-y nos volontés
et nos courages « On pourrait dire que les auteurs de cette
déclaration ont senti subitement, pour un moment, le souffle
glacial de l'épouvante qui étouffait pour quelques instants
le fleuve des injures et des éloges de soi-même.

Nous répétons : Le Gouvernement français a caché la
vérité à la population et l'a inondée d'un torrent de nou-
velles fausses et inventées, pour ressusciter l'élan perdu.
A cette population elle-même mal guidée par son Gouver-
nement, rendue irraisonnable par sa presse, nous tachons
de décrire les choses telles qu'elles sont. Mais gare aux
hommes du Gouvernement, responsables de tout ce mal-
heur! La victoire viendra et avec elle la justice/
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