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» Ançé^. — N' 106.

PHIX : 3 CENTIMES

Gharleville, le 14 Novembre 1915.

Gazette des Ardennes

JOURNAL DES PAYS OCCUPÉS PARAISSANT TROIS FOIS PAR SEMAINE
On s'abonno dans tous Ion bureaux de poste

1— EE LEURRE

Tandis que dans l ime du peuple fiançais nous
■ion* va mitre la légitime impatience qui éclat* sou-
dain, dans ui impartante partie de la presse, à
l'occasion de l. .énetuent du nouveau cabinet Rriand,
celte impatience appelant enfin * grands cris tes
«actes» libérateurs, trop longtemps attendus et trop
sauvent promis par les politiciens et les journalistes de
Paris, uns manœuvre parallèle se dessine, dont te but
est trop clair pour tromper encore qui que ce toit.

Faut-il que la grande pressa boulourdière soit I
court d'arguments pour oser reprendre cea lieui pro-
cèdes discrédités par t'abut qu'elle en (ait depuis quinte

A te* entendre, ces bons journaux, il paraît que
l'Allemagne est à beut.

Le lecteur ae rappellera, sans nul doute, que ce
n'est pu la première fois. Dana sa mesure de crédulité,
libre i chacun de ae laisser persuader que celle fois (a y
Ht! Il j a dea gens qui semblent aimer déchanter.

Mata rojona un peu les raisons qu'on donna pour
justifier cette < nouvelle > prophétie, aussi vieille qua la

Il parait que l'Allemagne chercherait la paix. On
avouera que, de la part du peuple le plus < militanile >,
le plus • ration in et irr > et le plus • barbare au dire
de cea Messieurs des boulevards parisiens et de la

■tant 1 Car on noua avait raconté, n'est-ce jias, que
c'était par • instinct belliqueux > que ce peuple allemand
s'était jeté sur 1' <r innocente • Russie, alliée, comme
par hasardât l'Angleterre • modeste et désintéressée -,
abritée elle-même derrière la France et sa vieille rancune.

Or voila ce peuple de • Huns » se révélant soudain
le plus vite lassé du carnage et le premier décidé t y
mettre fin. Que les journalistes parisiens veuillent aQ
moins avouer qu'il y a la. une singulière contradiction.
Nous les aiderons volontiers i en sortir.

Certes, le peuple allemand ne serait pu ce qu'il est

>n pacifique M travaille
suscita tant de jalousie, s'il n'éprouvait au fond de lui-
mémo le plua douloureux regret de n'avoir pu éviter
plus longtemps celle ouerrr qui lui {ut imposée ea plein
épanouissement de ses forces laborieuses et civilisa-
trice*. Certes il ne serait pu lui-même s'il ne désirait
ardemment 1* rétablissement de celle paix quo ces
armes «ont en train de conquérir. Cette paii-lt, mais
cellt-là KuUment, la paix réparant ees blessures et lui
assurant l'avenir prospère dont 11 se sent digne et que
la jalousie a voulu lui ravir, — celte paix-là il n'est pas
un Allemand qui ne ta désire. Mais il n'eu est pas un
non plus qui admette qu'elle puisse être autre, la paix
future. Elle viendra un jour. L'Allemagne et ses fidèle»
alliés uuront l'attendre.

Ce principe général posé avec neltelé, causons. Ce
que les journaul ds Paris suggèrent à leurs lecteurs,
c'est la vaine image d'une Allemagne appelant, implo-
rant la paix par crainte et par lassitude, La campagne
qui se lait dans ce sens dana la presse parisienne est
trop oui forme pour ne pas répondre k un mot d'ordre
officiel. Le but est clsîr. Au moulent où ceux qui
dirigeât la France d'sprè* des plans jusqu'à ce jour
irréalisée et de moin en moins réalisables, s'apprêtent
i demander as peuple français les suprêmes sacrifices,,
au moment où l'on eiige qu'il envoie ses fils It-bss
dana les Balkans, loin du sol Datai, mourir pour des

siens, a ce moment il faut bien lui montrer l'ennemi
fléchissant.

Il est uaî qu'il n'y a pas longtemps que la- dernière
grande offensive générale, destinée a bouler, les Alle-
mands hors de France, a échoué. Il ne doit plus guère
y avoir un seul Français qui ne le saclie à présent. Mais
on compte sur sa faculté d'oublier vile et de s'illusionner
sans cesse a. nouveau. Sinon, comment un liomnio
comme. Hervé, qui s'érige en maître d'écolo de l'opinion
publique, pourrait-il écrire un article comme relui que
nous trouvons en ICto de la • Guerre Sociale » du
7 norombre. Dans cet article, il s'elTorce i< relever le
moral de ses lecteurs déçus par 1 offensive inanquéé.
Comment s'y prend-il? Ecoulons-le :

.eeie; c

e moi

qu'il n'a tenu qu'à un ehevtu que 'ions percions Je»
ligntt ennemies cl que nou» re/'elions les 4demanda
sur la Afcuse. Oui, comme le 9 mai, le jour de notre
demi-victoire de Carency, où les Allemands on! fait

ment préparé leur» cantines tl commencé leurs adicut
aux hôlet français che: oui ili sonl hébergés, lis et
56 septembre dernier, ils te sont cru perdus: ils
considèrent qu'ils n'ont du Irur ulut qu'à nu miracle
(Non, ' He nié, ça C'eil bon pour Barris! La fiérf.J, i
un miracle qu'il! ne l'expliquent pas. Deux heures de
plat de bombardement en Champagne, et ils Reliaient
iou! ! Un général intelligent sur un nuire point, once
une prc'paralion ntïeui /aile par lui conlre des ftm
barbelés, et c'élail /ail, en Artois. C'est par Ici carnrls
pris sur leurs ojjiciers prisonniers que nou s connaissons
cei détails, et que nous tarons que leur) frains tVaienl
tout pression pour le grand dépari, le trésor de l'arme-*
nllelé, prit à jiler.

s C'est matant, lanl que MU toudreî, de jaunir
que noire victoire a tenu d si peu de chose ; c'est ra-
geant : mais c'ett consolant aussi. Encore un peu
plut de munitions de tous calibrer, un peu de progrès
encore dans la préparation du jeu d artillerie ; un peu
plut de liaison entre tes différentes armes, pour em» 1
pécher que noire artillerie ne cunanfc notre infanterie)
un matériel de guerre de trancher encore un peu plus
perfectionné, et, la prochaine jvis, ça y sera I puisqu'il
nous manquait il peu de chose tin septembre !

Nous ne discutons pas ici les pittoresques détail*
dont Hervé croit devoir émailler, pour I* rendre plua
plausible, sa curieuse tentative de persuasion. Si nous
les approfondissions, nous pourrions lui demander, par
exemple, comment les trains allemands ont pu Être
sous pression, alors que Is presse parisienne avait
pourtant appris à ses lecteurs que l'artillerie et l'avia-
tion françaises avait détruit les communications d'ar-
rière de l'armée allemande I

Il y aura peut-être l'un ou l'autre lecteur d'Hervé qdi
se laissera ainsi • consoler > I La plupart se diront sans
doute que ce n'est pourtant pu faute de temps que
la préparation de la dernière grande offensive
générale fut insuffisante 1 D'autres encore, — ceux-là
surtout qui connaissent l'énormité du dernier effort
tenté — trouveront peut-être qu'il est bien hasardé
d'affirmer ainsi que < la prochaine lois > ça réussira
pour aûr, et qu'il faut avoir le cœur bien léger pour
prendre, en face des fait*, et tts-d-cii du peuple /rav

fii« qui pnyc déjii du meilleur de son sang trop
mHomples de ses politiciens (I de sa presse mal i
pfrt's, la responsabilité d'une pareille assurance.

Toutes les informations, aussi tendancieuses
fausses, montrant l'Allemagne exténuée, atlaméf. cl
chant à lout prix une paix liiLivr, sont (lé même in
ralion que le singulier ai-tii le que nous venons de éi
Voilà par exemple rc qu'écrit le " Trmps « :

ii L'Austro-Allemagne lait lancer des battons dV«sni
Sulîie. en Hollande et aux Etats-Unis pour tenter de
rendre compte si tes line* lonl disposés d traiter à des i

v son téta de demi

«•en.*

C'est le thème, sur lequel, dans un langage plus ou
moins fin. toute lu presse parisienne brode ses commen-
taires. On insinue qu' • une campagne allemande en
f.nriir d une paix li.ïtne se développe dans (les condi-
tions fort curieuses ■. On raeonlc que • dea personna-
lités plua ou moins autorisées travaillent les pays
neutres et cherchent à déterminer un courant en s'ap-
pi.iyant sur les groupement'; pacifistes ■, don' on ilmonce
la • propagande suspecte, etc.. ■ Et on termine on
affirmant que ce sonl lii autant de signes d'iiflaiblissc-
ment. Pour cet affaiblisse ment, celte pré tend ire
« fatigue allemande •. le * Temps . du 9 uovenibre a
d'aillrura trouvé uoe csplicaljon originale :

. Les Atlemsods. dit-il, aoot fatigues non seule-
ment de la campagne, mais aussi d'oxonrer et c'man-
«r sons larotr qtiaud tetle marche tn oxanl prendra
Jts) ».

Les AHiéa, eus, ce n'est «videmment pas 11
' marche en «nul s qui les (aligne ! Mais passons.

Si Ici Allemand» sunt fatigués de quelque rhose.
c'est de démentir sans cesse les étemels bavardages qui
se font sur leur compte! Contentons-nous de signaler la
réponse Irès nette ijue vient de donner le prince de
Bûlow, par l'organe do t * Asiocialed Pieu a améri-
caine, i certains bruits ridicules faisant de lui une
espèce de missionnaire de la paix. L'ancien chancelier
a déclaré catégoriquement qu'il ne su rendait pus à
Washington pour rencontrer lu président Wilson, ni à
Madrid pour conférer avec le roi Alphonse et qu'il
n'avait pas plus pour mission d'entamer dea pourpar-
lers relatifs è la MO avec un représentant du Pape ou
avec lout aulre personne. Le prince do Bûlevi a

e La guerre actuelle doit ttrt réglée par les armet.
L'Allemagne est unie et elle possède tout ce qui lui eit
nécessaire pour continuer la. lutte. Le peuple allemand
al unanime dam sa volonté de poursuivre la guerre
jusqu'à ce que les armes aient décide" de ton tort. »

Paroles simples et nettes, auxquelles il n'y a rien 1
ajouter.

On pourrait, d'adli'in.s, interpréter avec au moins

voyage que deux hommes politiques français, dont l'un
était le pacifiste bien connu d'Estournelles de Constant,
viennent de faire en Hollande. Et la question d'une
paii prochaine ne vient-elle pas d'être abordée « uverte-
tnent h la tribune britannique par deux parlementai tes
anglais, les lords Courtney et Loreburn?

L'AllemagnO aurait donc beau jeu da tirer profit de
pareilles manifestations. Si elle ne le fait pas, c'est que,
d'une part, elle n'aima pas t jouer frivolement avec
dea choses aussi sérieuses et que, d'autre part, elle
se sent assez sure d'elle-même pour pouvoir se passer
d'un • excitant > aussi dangereux que vain.

BULLETINS OFFICIELS ALLEMANDS

Théâtre de la guerre d i'Ouetl.
A plusieurs endroits du front lutte d'arlilleric et
vive action de mines el de grenades.

Un avion anglais dut atterrir au nord-oucsl de Ba-

Thédfre de |a guerre A l'Est,
Groupe d'armée du feld-marichal l'on Ilindcnburg.

Pré! de Kemmern, a l'oueit de Riga, 'rois attaque»,
secondées par le feu de navires russes, furent repous-
!c"ei. Dans la nuit noi troupes furent retirée» métho-
diquement, el sans tire dérangées par l'ennemi, de la
région boisée a l'ouest et au sud-ouest de SchlocL, vu
que les pluies dci derniers jours avaient changé ce ter-
rain en marécages.

Pris de Berseiiiiinde (an sud-est de Riga) une il-
iaque ennemie ne put être exécutée, par mile de notre
feu. Dans une courte cou Ire-poussée nous avons fail

" liri"

La situation est sons changement
Groupe d'année du gi'ru'rol uun Liruinnen.

Secondées par l'artillerie allemande, des troupes
a us tro-hongroise* expulsèrent les Hutte* de hosciuch-
nov.lia (au nord de la voie ferrée de Kowel—Sortiy] et
de leurs positions attenants, au sud, 7 officiers, plus,
de ino hommes el >• mitrailleuse! furent capturés. Au
sud de la voie ferrée des attaques russes échouèrent.
Théâtre de la guerre aux Balkans.

La poursuite des Serbes dons la montagne au sud de
la Mnrava d'oucsl a fail de bons progr*', p'us ds
1,000 Serbes turent laits prisonniers.

L'armée du général Bojadjicfl s rwfsé la Morava 1 ■
plusieurs endroits.

jTiaéVfr de la guerre à l'Ouest.
Sur le front rien de neuf. -

Deux biplans anglais furent abattus dans k lutte
aérienne- lin troisième fut forcé d'atterrir derrière notre

rhédtre de la guerre * l'Est.
Croupe d'armée det feld-maréchaux ton Hindrnburg
el Prince Léopold de Bavière,
Aucun événement essentiel.

Groupe d'armée du général oon Linsinnen.
Les troupes allemandes qui repouasircnl Hier de

Kovel Sarny, firent prisonniers k cette occasion i offi-
ciers et î3o hommes.

Théâtre de la guerre oui Balianj.
La poursuite fut continuée. Au sud de la ligne
Kialjcvu'listcniii 1a première cièle de montagne est
franchie. Dans la vallée de la liasina, au sud-ouest de
Kruwvar, nos troupes ainnri-i' iil jusqu'à Dupci. Plus
à l'est Ribarc cet altcinl, ainsi que Itjarska Banjo, situé

Hier plua de 1700 priât

et t

oui été

Btutras Officias français

En Champagne, on signala pendant la nul! une nouvtll*
attaque allemande contre nos tranchées de l'ouvrage de « la
Courtine ». Bile a complètement échoué.

Au cours de la lutte de mines qui n psursuit presque

FEUIUJTON DE LA ■

Madame RAVOT

Dana une petite maison, que 1» guerre avsll tout*
criblée da balles, logeait ta vieille Madame ilavot aveo
ion lrere Emile. C'était uu vieux célibataire, qui n'avait
pas eu la moindre peur t l'invasion de* » barbares 1. Car
lui, 11 les counasseail déjà depuis quarante-cinq ans't
en 70, da vrais Prusstana. hommes de la territoriale,
avec des barbe* terribles, maia qui svsient bon cœur,
1 avaient bercé sur leur* genoux. Auasl Emile ne prit
nullement la fuite, comme la firent beaucoup de ses com-
patriotes; il ne qullta pat a* maisonnette, qu'il avait
louée an bord du village, tout .pré* de la grande forte-
resse. Il ne a'eflraja pas, quand la grande mer da l'armé*
allemande submergea le sol de la France. 11 resta. Et sa

«ma Ram .
que lea ohevenx

10 loi.

a vieille

s fltfur

décelait qu'elle eût Jamais va un été. Et pourtai
en avait vu un, ou plutôt cela avait été un printemps
celait quand son cher Raoul, qui tenait da terminer se*
dirai ors 38 jours comme chasseur d'Afrique, devait la
conduira devant la maire. Ah, pourquoi Bénedetti alla-
t U Interrompre la cure du roi Guillaume t Ema 7 S'il
avait tté on pan moins pressé, elle et Raoul auraient lait
un Joli couple, et auraient [oui pour 1* moina d'une
courte lune d* ml st.

Mais un beau malin d'août, la jeune homme dut
partir pour Mets. A pains avait-U en 1* nm p* d* talce
ses sdieus t aa ftanoeel Pals, dans ont sortie de la forte-
resse cernée, 11 tomba. Elis ma l'apprit qa'aprea la

Alors an silence résigné tombe, comme uns gelée,

t. Elle I

février 1913, quant, ipeli
assis 1 "'

mis d'une blessure, j'étais
uevsni is ieu de cheminée, Dehors, le
ppalt le village. Et, du Iront français,
nous souhaiter le bonsoir. Ils venaient,
, en toute bile, mais un champ mon-
irrétatt. Alors, très fâchés, Us crevaient
a éclatant : Crr... apule.~,
ait lentement la petite
la vieille el moi, dan*
le silence. Elle rêvait du passé, mol, par contre, da
l'avenir et de lout ce que celte année, la plus grave d*
ma Jeune vie, pouvait encore m'amaner. Qui sait, demain
peut-être, je aérai roulé dehors, dans la solilude du clnie-

nipliss

u milieu
le me Ravot ■

ityj elle hochai

1 ton

: deviné ma

tempi de cuisine. La vieil
mtme ea propreté bissait u
trop étendre tes jambes rb

Par

eut désirer. Car elle almslt
Usantes su feu créfltsst d*
! ses genou» Un matou qnl
connaît de plalalr. Aussi quand, exception ne tlemeat,
t était relatant et i sa place, noua la récompensions an
cédant de notre chocolat, qn'ell* appréciait lort,
EU* avait sussl ses moments de msovtlte humeor. SU*
tt grognauta alors. Pour l'adoucir, on partageait iws
1 Isa paquets, qui naos arrlvsisut ds chez, nous et dont
contenu lai prouvait clairement qu* m barhtrea a»
ingeat pas seulement de la choucroute.

«.h oui, nous avons passé de bonnea heures cb« Madame
oll L'un de nous, sergent-msjor de la réserve, prolse-

c. Souvent, le soir, une bougie i la main, U accompa-
_ il la vieille, en faisant mille cérémonies, dans sa
chambre k coucher. Nous les aulvions. Et, dans le claii^

datt. Car au moment, où, bris dossus bras dessous, les
deui entraient, un cochon, que nous nourrissions de nos

ehovro, au regard hébété, faisait l'étonnée, un coq, i gau-
che du lit, tenanl la garde au milieu de ses poules s'imsgl-
nant voir poindre le soleil, lançall son cocorico vers le
plafond, tandis que trois chats, emmitouflés dans les cou-
vertures au pied du lit, ae racontaient les histoires de chat
lea plus Intéressantes. Cette aoelélé un peu mêlée se ras-
semblait tous les malins autour de la bonne maman, quand
elle allumait le feu de cheminée.

Noue descendions alors. Et pendant que d'un cité, alla
noua recevait avec un cordial ■ s Bonjour, Messieurs! 11, de
l'autre elle avait pour chacune de tes bétes une bonne
parole. Souvent aussi, elle devsil rappeler l'une ou l'entra

Qu'elle savait être bonne! Que de fols, elle verss un
kirseh t ses quatre aoldata 1 Elle, fille de la cote lorraine,
avait fait de le contrebande ; elle avait fait passer la fron-
tière à plut d'une bouteille, dans lea nuits de nouvelle
lune, — comme nc-tlle-fille, — aidant tes parents, en 1S60,
Oui, aile nous l'a rtconlé, en grand secret, k nous quatre I

trois Jours en première ligne. Nout avions quatre heures da
marche jusque noi tranchées. Alors on remplissait son
hsvresto de bousllfaltles, pêle-mêle avec I* linge, qu*
madame Ravot noua raccommodait el reps assit toutes le*
semslnas. Ce jour-lt, elle était toujours trial*.

Et apree un a ban vojage », qui ne venait pat seulement
da bout de* livret, son regard suivait encore longtemps
noir* petite troupe. Parfois même, elle avait Isa larme* snx
vsui. Malt je croit que cellsa-cl n'étalent destinée* qu'à
l'un de nous, k ton préféré, un jaune référendaire du cooll

' de Berg, qu'elle appelait toujours son petit. Quand, exu-
bérants déjeunasse, nous noua en prenions"! lui, el qu'on
voulait lui Jouer quelque tour, toujours elle le prenait sous
as haute protection.

Meis eu soir, les trois camarades durent revenir ds*
irancbêea I leur quartier villageois sens le prêter*, d* 1*
vieille. De* Infirmiers lavaleol porté, blême, dant en*
ambulance volante ; ana balle 1 avait toaehè t la tête Et,
après cinq journées terrible* nou* le conduisîmes ê a*
dernière demeure.

• La plus belle mort est cetle pour Is patrie a, voilé G*
qui est Inscrit sur sa tombe. « Le pauvre petit a, gémissait
J* vieille, ao l'apprenant. Lea fauteurs de le guerre eootdae
mlsérablea. Je l'enteodsls grommeler : ■ Delcessêl Polo
caré I » El quand tout étonné, Ja lui demandais d'où alla
connaissait al bien leurs noms, elle disait : u SI j* les
. connsis ? u Et la colère étlccelalt dana les jtni de 1s vieille,
au répétant ce ; u je lea donnais 1 »

Quand las premières violettes bleuissaient dant lea
champs labourés par les boulets, je fus relevé de ce poste.
Msdsuie Ravot ne voulait pas le croire. Mala la voiture vint
me prendre devant la maisonnette, au bord du village, pria
de la grande forteresse. Alors, elle éclats en sanglots. Je
lui pris sllencleusementles mains, ses bunats mains cj lieu tes.
qu'elle aval! al aouvant jointes pour prier pendant la*
grande* nulta d'hiver, pour nom quatre qui étions là-bas
dans Isa tranchées, ces mslnt qui avalent tremblé, pendant
oté un patrenêtre pour

était te

1 habitants Igêa du même vUlag* a
portée en France. RU* s'en était défendus I Eli* irait voulu
rwtarl R*st*r ebes nous, chez lea élrsigers, chat les
a barbare* al
 
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