Fougères, Gustave
Mantinée et l'arcadie orientale: Contenant 80 gravures dans le texte, 6 heliogravures, 1 phototype et un plan de Mantinee hors texte, plus 2 cartes en 6 coleurs — Paris, 1898

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MANTINÉE ET L'ARCADIE ORIENTALE.

ceux de leurs amis qui ne s'étaient pas faits complices à Argos
des menées oligarchiques. Le malheur rapprochait par delà les
frontières les gens de même opinion. On se promettait officieu-
sement un fraternel appui; on mettait en commun ses espé-
rances; on complotait ensemble une révolution, et, si l'on réus-
sissait à renverser la faction adverse, cee sentiments de solidarité
se traduisaient aussitôt par une alliance d'État à État. Or, les
démocrates d'Argos n'avaient pas désarmé. A peine les Lacôdémo-
niens eurent ils tourné le dos, que le peuple massacra et expulsa
les oligarques. 11 s'attendait ensuite à être assiégé par les Spar-
tiates, qui, au premier bruit de ce mouvement, étaient accourus
à Tégée, d'où ils menaçaient les révolutionnaires. Ceux-ci se
hâtèrent de rejoindre par de longs murs leur ville à la mer, de
façon à se tenir en contact avec les escadres d'Athènes. Certaines
villes du Péloponnèse, dit Thucydide (1), les assistèrent dans la
'construction de leurs murailles. Il n'est pas douteux que Mau-
tinée et, peut-être, Élis aient joint sans bruit leurs ouvriers aux
maçons venus d'Athènes (été 417). Ainsi l'ancienne alliance revi-
vait de fait. La réconciliation était complète. Plutarque (2) a
raison de dire que les Lacédémoniens n'avaient tiré aucun avan-
tage réel de leur victoire à Mantinée.
coups de main Aussi bien l'habituelle apathie de Sparte encourageait l'audace
desArgiens de ses ennemis. En pleine paix, les Athéniens installés à Pylos
et de» Mantinéens dirigeaient des incursions armées en Messénie et sur les côtes du
contre la Ucome p,q0p0Unese j)es Argiens et des Mantinéens collaboraient à ces
(■117-411). ^ »«■»■ ..« -i

coups de main (3); ce n était pas une guerre ouverte, mais des

actes de brigandage sans caractère officiel. D'ailleurs, ces cor-
saires n'osaient se risquer sur le territoire laconieu; en vain les
Argiens sollicitèrent les Athéniens d'opérer une descente subite
en Laconie et de se retirer après en avoir ravagé quelque coin
isolé. Les Athéniens refusèrent, jusqu'à l'été de 414, où ils sur-
prirent certaines échelles laconiennes : Kpidaure-Liméra, Prasiai
et autres; mais alors ils n'avaient plus à compter sur la longa-
nimité de Sparte (4).

(t) V,82.

(2) Plut. Alrib. XV, 1. Les Eloens firent arle d'opposition à Sparte : Agis;
sur l'ordre d'un oracle, était venu sacrifier à Zens olympique en l'honneur de
sa victoire. Les Kléens lui fermèrent l'entrée île l'Altis. (Xén. Hell. 111, -)•

(3) Thucyd. Vf, 105.

(4) lbid.
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