Fougères, Gustave
Mantinée et l'arcadie orientale: Contenant 80 gravures dans le texte, 6 heliogravures, 1 phototype et un plan de Mantinee hors texte, plus 2 cartes en 6 coleurs — Paris, 1898

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MANTINÉE ET L'aRCAME ORIENTALE.

troupe déconfite manquait de prudence. Ils ne surent pas exulter
avec hypocrisie. C'était un grave forfait : on le leur lit bien voir,
campa-ne Bientôt après (été 388), Sparte, avaut de partir en guerre
Agésipois con|re Athènes et la Béotie, entreprit de réduire Argos. Cette

en Argolide : les . *

Hantinéens plaue ennemie, maîtresse de Cormthe, menaçait les armées dont

ravitaillent ArgOS

elle coupait la retraite, et la Laconie qu'elle pouvait harceler
(388). après le départ des hoplites lacédémoniens. Déjà en 391, Agésilas
avait poussé une pointe en Argolide (1) : Agésipolis réunit
l'armée fédérale à Phlious et tenta de refaire les campagnes
d'Agis et d'Agésilas (2). Les Mantinéens firent passer du blé aux
Argiens, réduits à la disette par la destruction de leurs récol
tes (3). Ils n'y mirent pas assez de mystère et les Lacédémoniens
eurent vent de cette fraude. L'expédition manqua. Agésipolis,
découragé, déclara les présages défavorables et se retira (4).

(1) Xén. Hell. iv, 19.

(2) Xén. Hell. IV, 7, 2 et suiv.

(3) Xén. Hell. V, 2, 2.

(4) Curtius [Ui8t. gr. trad. Bouché-Leclercq, IV, p. 240) admet qu'il y oui dans
cette campagne une bataille sérieuse entre les Lacédémoniens et les Argiens
assistés par les Athéniens à Oinoé, village situé sur la route de Mantinée à Argos
(Prinos), dans la gorge du Charadros. Pàusan, I, 15. I. X, 10, 4 — (et peut-
être l'lut. Apoplil. lucoit. var. 7) parle, en effet, d'un combat à Oinoé. Les Athé-
niens l'avaient fait peindre; le tableau se voyait au Pœcile; les Argiens en
avaient consacré des offrandes à Delphes. C'était donc une victoire célèbre.
Or, plusieurs objections peuvent être faites contre l'attribution à Oinoé d'une
bataille de celle importance. I" Ni Xénophon, ni Diodore, ne mentionnent le
fait; Pausanias n'en dil rien dans sa description du village d'Oinoé (II,2b, 2);
2" la situation d'Oinoé dans la montagne n'est guère favorable à une, bataille
rangée (Ross. Reisen, p. 133); 3° on ne voit pas comment ni à quelle époque
les Lacédémoniens auraient pu se rencontrer dans la gorge du Charadros avec
leurs ennemis; tandis c|u'ils attaquèrent souvent l'Argolide en partant de
Pldious. Or, Thucydide (VI, 7) et Diodore (XII, SI) donnent, des renseignements
très précis sur un autre bourg d'Argolide, Ornéai, situé entre Phlious el Argos
(au S. du village de Léondi, dans le ravin de l'Ornéas). Il fut choisi à cause
du voisinage de Phlious (ville alliée de Sparte) en 417 par les Lacédémoniens
comme place 'le refuge des oligarques argiens bannis d'Argos : ils les y instal-
lèrent avec une forte garnison. Les Argiens et les Athéniens (Athènes venait
d'expédier à Argos, iO trirèmes avec 1200 hoplites), vinrent ensuite attaquer
la place; ils tuèrent ou chassèrent et la garnison laçédémonienne et ceux
qu'elle devait protéger. Ce succès, survenant après la défaite de Mantinée,
dut exciter beaucoup d'enthousiasme à Athènes. Je crois donc à une confusion
dans l'esprit de Pausanias, ou à une erreur de, copiste, qu'explique la ressem-
blance des deux noms. Il faudrait donc, à mon avis, lire Ornéai au lieu
d'Oinoé aux livres I, 15, I et X, 10, 4, et rayer de l'histoire la légendaire
bataille d'Oinoé. — [Depuis la rédaction de, cette note a paru le tome III de la
Uriechische Geschichte de Busolt. Le savant auteur s'applique, après tant
d'autres, à résoudre celle énigme (p. 323, note 3). Pour lui, la bataille d'Oinoé
se place en 450. Or, Thucydide n'en dit mol. Je ne crois donc pas devoir
retirer mon hypothèse.]
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