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Chapitre V

LES RESSOURCES ÉCONOMIQUES
DU MONASTÈRE

Le nombre important de documents liés au mo-
nastère de St Phoibammon à Deir el-Bahari permet
également de caractériser l’activité économique du
couvent, ses ressources, l’étendue de ses terres et les
formes de gestion de ses biens.

Sous cet aspect, des documents spécifiques sont
les testaments des supérieurs, léguant l’autorité sur
la communauté aussi bien que toutes les ressources
économiques à leurs successeurs. C’est un exemple
très curieux de traitement du monastère comme une
propriété dont le supérieur pouvait disposer légale-
ment. Cet aspect des testaments fut soigneusement
analysé par A. Steinwenter 1 et ne nécessite aucun
commentaire supplémentaire. La relation légale entre
le supérieur et le couvent avec ses biens ne nous
intéresse ici que du point de vue économique et de
la gestion des ressources du monastère. Dans les
testaments, le supérieur figure comme le seul pro-
priétaire, du point de vue légal, de tous les biens
de la communauté et comme le seul dispositeur.
II a le droit de léguer tout le patrimoine à son succes-
seur. C’est certainement ainsi qu’on concevait dans
le monastère de St Phoibammon les droits de pro-
priété au VIIe siècle, époque pour laquclle nous avons
en partie ou en entier les testaments des cinq pre-

miers supérieurs2. Nous manquons d’informations
précises sur l’aspect légal de ce problème au VIIIe
siècle. Nous n’avons pas de testaments des supé-
rieurs, qui sans doute à cette époque n’étaient plus
rédigés. Mais dans les documents juridiques datés
au VIIIe siècle, le supérieur figure presque toujours
comme représentant légal du couvent et en son nom
signe les contrats, accepte les dons et les enfants
consacrés au couvent. Certes, les supérieurs pouvaient
être aidés par d’autres personnes dans la gestion
du couvent, en particulier la direction des questions
économiques. Pourtant, les documents provenant
de Deir el-Bahari ne permettent pas de supposer
qu’il existait un économe du couvent, chargé uni-
quement de son activité économique3. II semble
que l’apparition de ce titre dans quelques documents
originaires de Deir el-Bahari ne fait que confirmer
que les titres d’économe et de proestos étaient utilisés
dans le même sens et en alternance. D’autre part,
l’existence parfois des deux titres, économe et pro-
estos, pour une même personne prouve qu’une seule
personne pouvait avoir un pouvoir total sur la com-
munauté 4.

Dans le testament de l’évêque Abraham, fonda-
teur et premier supérieur du couvent de Deir el-Ba-

1 A. Steinwenter, Byzantinische Mônchstestamente, Aegyptus 12, 1932, pp. 55-65; id., Die Rechtsstellung der Kirchen und
Klôster nach den Papyri, Kanon. Abt., pp. 16 sq. ; A.A. Schiller, Koptisches Recht, Kritische Vierteljahrschrift für Gesetz-
gebung und Rechtswissenschaft, Band 25 (1932) et 27 (1935).

2 Kenyon, Greek Papyri I, P. Lond, 77 ; KRU 65 ; KRU 67 ; P. Lille ; cf. aussi supra, pp. 66 sq.

3 Dans les documents originaires de Deir el-Bahari, comme de toute la région thébaine, il n’y a pas de définition purement éco-
nomique de la fonction d’économe. II est utilisé alternativement avec d’autres titres monastiques comme higoumène et proestos
Cf. Kahle, Balaizah, I, pp. 32-33. Sur l’administration des monastères dans les sources grecques, cf. P. Barison, Ricerche sui
monasteri dell’Egitto bizantino ed arabo secondo i documenti dei papiri greci, Aegyptus XV111, 1938, pp. 36-39.

4 KRU 101, 2-5; KRU 80, 29-30; KRU 89, 34-35; KRU 92, 7-8.
 
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