Prisse D'Avennes, Achille Constant Théodore Émile
Histoire de l'art égyptien: d'après les monuments ; depuis les temps les plus reculés jusqu'à la domination romaine (Text) — Paris, 1879

Page: 420
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420 NOTICES DESCRIPTIVES.

quatre guerriers armés de lances, d'arcs et de casse-tête. Puis quatre femmes couvertes de tu-
niques bariolées, précédées d'un jeune homme poussant devant lui un âne qui porte deux
enfants placés dans des espèces de sacoches ; enfin, un âne chargé d'ustensiles chemine sons la
conduite d'un homme jouant de la lyre et suivi d'un guerrier armé d'un arc et d'un casse-
tête.

Ce curieux tableau ethnographique, peint soigneusement plus de 2.000 ans avant notre ère,
a été bien diversement interprété par les voyageurs et les écrivains. Les uns y ont vu des hébreux
et même l'arrivée de Joseph; les autres ont cru y reconnaître des Ioniens. 11 semble au premier
aspect représenter des hellènes, et cependant tout n'y paraît pas grec comme l'avait cru Gham-
pollion, qui avait même espéré trouver, dans l'inscription, le mot louni, Ioniens : aujourd'hui,
grâce à la science dont il a jeté les fondements, ses élèves lisent au-dessus de ce tableau : « Ar-
rivée de 37 Àamou apportant le mestem. » Ce rneslem était, probablement, du stibium, espèce
de collyre fort précieux dans un pays comme l'Egypte, où les oplithalmies ont été, de tout temps,
aussi communes que dangereuses.

Retour du chasseur en barque. — Bcni-Ilaçen. — xn" dy?iastie.

Le titre hiéroglyphique se traduit : « Le chasseur en barque, » C'était, probablement, un de
ces paysans employés dans les domaines ruraux des riches personnages, qui avait pour charge
de fournir la table du maître de toutes sortes de volatiles. Quand ces oiseleurs ne tendaient pas
leurs filets dans les marécages, ils chassaient les canards et les oies sauvages, montés sur de
légers batelets en papyrus et à l'aide d'un petit bâton courbé appelé schbol.

Le chasseur tient une oie à la main, et porte le reste de son gibier au moyen d'un joug posé
sur l'épaule : d'un côté est attachée une cage grossière renfermant trois canards ; de l'autre,
pendent, au bout de la corde, deux grues cendrées, étroitement garrottées dans une courroie,
comme des momies d'ibis. Quoique le plumage des canards et de l'oie ne soit pas copié exac-
tement sur la nature, et paraisse plutôt interprété, il y a cependant dans ces oiseaux autant de
vérité que de naïveté.

A Indigène du pays de Pount. — Thèbes, El-Assacif. — xvii" dynastie.

Un Asiatique, aux traits mâles, indigène de ce pays de Pount, qu'on assimile à l'Arabie Heu-
reuse, vêtu d'un simple pagne et armé d'un bâton, pousse devant lui un âne chargé de confies
remplies : derrière l'animal s'élève un arbre feuillu qu'aucun soude n'agite et duquel s'échappe
un oiseau effrayé : toute la scène se détache sur un fond jaunâtre assez semblable au ciel d'Orient
par un temps de simoon.

Ce joli tableau de genre, un des plus complets que présentent les monuments égyptiens, a été
sculpté et peint, sur la muraille extérieure du temple d'El-Assacif, sous le règne du
dernier roi de la xvii" dynastie. Il fait partie d'une grande scène qui représente l'apport du tribut
imposé par le pharaon au chef du pays de Pount.
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