Institut Français d'Archéologie Orientale <al-Qāhira> [Editor]; Mission Archéologique Française <al-Qāhira> [Editor]
Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes: pour servir de bullletin à la Mission Française du Caire — 40.1923

Page: 105
DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/rectrav1923/0115
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
SUR

UN RITUEL ÉGYPTIEN DE MAGIE OPÉRATOIRE
REMONTANT À L'ÉPOQUE ROMAINE®

PAR

GASTON MASPERO.

r

La magie était une science pour les Egyptiens au même titre que la médecine et
l'astronomie : elle reposait sur l'observation de faits souvent reproduits à volonté et
sur des principes déduits de l'observation de ces faits. Elle avait été pratiquée par
eux aussi haut qu'ils pouvaient remonter dans leur histoire, et elle possédait, avec
les recueils de formules d'application courante, des manuels opératoires destinés
aux magiciens de profession ou aux gens du monde dont ses mystères retenaient
l'attention. 11 serait précieux pour nous de retrouver les plus anciens de ces ouvrages,
ceux par exemple qui étaient en vogue au temps des Pyramides, mais ils ne sont
point arrivés jusqu'à nous, et si nous savons par les romans que les sorciers raem-
phites prétendaient avoir la puissance d'empiler les eaux, de fabriquer des crocodiles
de cire et de leur insuffler la vie, de couper les tètes et de les remettre en place
sans que l'individu ainsi traité en souffrît®, nous ignorons comment ils l'acquéraient
et par quels moyens ils produisaient leurs prodiges. 11 nous faut descendre à l'âge
gréco-romain pour rencontrer dans la littérature démotique autre chose que des re-
cueils d'incantations usuelles, dont le premier venu pourrait se servir sans plus de
préparation technique que n'en exige chez nous l'emploi des remèdes de bonne femme
dans les cas d'indispositions ou de maladies courantes. On avait alors, —- et plu-
sieurs nous sont parvenus, — de véritables traités qui contiennent non seulement
le texte des invocations à réciter, mais qui décrivent par le menu les façons de pro-
céder, les accessoires nécessaires à chaque genre d'opération, les signes auxquels on
s'aperçoit que le rite agit ou qu'il n'agit pas, les secrets d'en renforcer l'efficacité.
Le plus célèbre était écrit sur un long rouleau de papyrus acquis à Alexandrie, dans
le premier quart du xixe siècle, par Anastasi qui était Consul général de Suède en

l'> Les idées déveioppe'es dans cet article ont été exposées sommairement dans une conférence faite au Caire
le 25 mars 1911.

(2) Maspero, Les Contes populaires de l'Egypte ancienne, k° édition, p. 25 et seq., Conte de Chéops et des
magiciens.

Recueil, t. XL. — Troisième série, t. VIII. ii
loading ...