Revue égyptologique — 7.1896

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Eugène Revillout.

îbç ebixev, fjôsi ' tàâs q>rfîlv otk elôévai, boa ju?) fiovlerai. ô ôè xoiovxog aitov lôyoç, &

ëvÔQeg dixaoraî, oiïx àitokoy'ia èariv, àlV ô^oXôyrjfxa.....

En effet, nous voyons en quoi devait consister principalement la défense d'Athénogène.
A l'entendre, le contrat, tel qu'il était écrit, avait été voulu par son adversaire, qu'en toute
sincérité, autant qu'il le pouvait, — sans lui donner le détail des dettes, parce que lui-même
il ne l'avait pas, mais sans rien lui cacher par fraude, — il avait mis d'avance au courant
de la situation et qui avait tenu à prendre pour soi toutes les chances bonnes et mauvaises.
Le client d'Hypéride a beau jeu de montrer ce qu'une telle défense présente de contradic-
toire, comme celle d'un homme acculé qui se coupe dans ses réponses. Dire n'avoir pas
connu les dettes importantes, c'est avouer n'avoir pas d'avance dit réellement à l'acheteur
ce qu'il aurait été nécessaire de lui dire pour qu'il pût agir à bon escient.

A l'emprunteur il incombait de payer ses emprunts. Pour qu'une convention particulière
fît valablement exception à cette règle générale, il eût fallu que l'acheteur connût bien ce
qu'étaient les dettes avant de les prendre pour soi. Or, loin "d'éclairer sur ce point le client
d'Hypéride, Athénogène l'avait trompé en lui faisant croire que l'actif représenté par les
marchandises égalait pour le moins les dettes. Quand il disait cela, il savait certainement
très bien le contraire, on ne pouvait pas en douter. Mais supposât-on qu'il l'ignorât, que
l'erreur fût involontaire, elle n'en eût pas moins vicié les actes.

L'orateur le prouve, en raisonnant comme s'il renonçait pour le moment à contredire
les assertions d'Athénogène et en entrant résolûment dans son système, mais pour en montrer
l'inanité et renverser cet échafaudage. On peut reconnaître encore très bien, malgré les la-
cunes, vers le bas de la colonne 9, une phrase citée par Harpocration «àXXà biiàae $oùXo\jm
tw Xéfw to6tw eXOew» et se faire une idée exacte, du moins quant au sens général, des
acquiescements apparents par lesquels cette phrase était rattachée à celle que voici, presque
intacte au haut de la colonne 10 :

«D'une part donc, toi, tu ne m'as pas indiqué tout le passif — «faute de le connaître»—;
» d'une autre part, moi, persuadé qu'il était seulement ce que tu me disais, j'ai accepté les
«actes. Lequel en bonne justice doit payer, de nous deux? Est-ce moi : est-ce celui qui tout
» dernièrement achetait la boutique? Ou est-ce toi : l'ancien possesseur, celui qui faisait les
» emprunts? Pour moi, je pense que c'est toi.»

. ... aï) (.lèv, ôià rô ^t?) sldévcu, /.if] tcqosïtmxç; èfxol Ttàwa %à %qé.a ' èyà) ôé, ooa oov
IjKOvaa, ravra (jlôvov ôié/.ievoç ûvai, raîg Gvvd-rpiaiç èQéfx^v 1 Ttôrsqoç dixcaôç sgtlv èxTsîaai; 6
VareQOç 7tQLâ(.isvoç; îj ô itàXai v.Emr^évog, dg èôavelÇsro; èyù ^èv yàq dïof.iai os.

On ne pouvait d'ailleurs objecter que les emprunts avaient été personnellement con-
tractés par l'esclave Midas, gérant la boutique, et non par son maître Athénogène, puisqu'une
loi de Solon établissait la responsabilité du maître pour les faits et gestes de son esclave
employé dans une boutique ou un atelier.

«Si d'ailleurs nous avons encore à discuter à ce sujet, ce qu'il nous faut prendre pour
» arbitre, c'est la loi même : une loi que n'ont pas portée ceux qui convoitent ou qui visent
»par leurs embûches les biens d'autrui, mais l'auteur des institutions les plus populaires,
» mais, lui-même, Solon. Ce législateur, sachant que beaucoup de trafics se font dans la ville,
»a établi une loi très juste, reconnue telle par tout le monde. Il a voulu que, quand on se
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