Revue égyptologique — 7.1896

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Victor Revillout.

DEUX ANCIENNES LOIS DU PAYS D'ACCAI).

PAK

Victor Revillout.

(Suite.1)

Chacun de ces actes d'abdication se divise en deux parties qui commencent Tune et
l'autre par les mots utursu tukundibi (désormais sentence).

Ces deux parties se répondent l'une à l'autre : la première contient la constatation de
l'ingratitude de l'enfant qui méconnaît, soit sa mère seule, soit à la fois son père et sa mère;
la seconde renferme le désaveu de ce fils ingrat.

La conclusion pratique de ces deux paragraphes est identique dans l'acte que voici2 :

« A partir d'à présent, sentence : Ilani Irba à femme Saatam sa mère « non mère » a dit ;
de terrain, jardin, construction quels qu'ils soient qu'il soit mis dehors. A partir d'à présent,
sentence : f. Saatim à Ilani irba son fils «tu n'es plus mon fils» a dit; de terrain, jardin,
construction quels qu'ils soient qu'il soit mis dehors. »

Le second acte commence par une sorte de préambule très lacuneux sur deux exem-
plaires qui ne paraissent pas complètement identiques et où les premières lignes manquent
absolument, du moins sur la copie de M. Strassmayer, car je n'ai pas le texte sous les yeux.
Ce que l'on croit y découvrir c'est qu'il s'agit, dans une première phrase, de propriétés :
terrain, jardin, cour, construction, d'Etelkasiu et de Sinnaid sa femme; que leur nom se trouve
répété dans une seconde phrase vis-à-vis de leurs fils ingrats.3

Après cela viennent les deux paragraphes essentiels4 :

«A partir d'à présent, sentence : Sin(erib?)su à Etelkasin son père, et Sinnaid, sa mère,
tu n'es pas mon père, tu n'es pas ma mère a dit : argent sera donné. — Sentence; Etelkasin
et Sinnaid, sa femme, à Sin(erib?)su, leur fils, tu n'es pas mon fils ont dit : propriété, jardin,
terrain nu : sa part, sera reprise, sera (donnée). »

On remarquera qu'ici la sanction, la conclusion se trouve très différente de celle des
antiques lois d'abdication correspondantes, puisqu'elle paraît uniquement consister dans le droit
pour les parents de déshériter leur fils, de donner leur argent à d'autres, de lui reprendre
sa part et de la donner à d'autres. Ajoutons du reste que le texte primitif de ces deux
paragraphes fondamentaux est entièrement écrit en langue touranienne, sans aucun mélange
de mots sémitiques, en dehors des noms propres.

Une autre loi également tirée des bilingues d'Assourbanipal et reproduite dans les docu-
ments juridiques de M. Oppert, qui avait pris soin d'en mettre en lumière la nature officielle
et toute la portée, réglait le taux légal de l'intérêt dans les anciennes villes accadiennes. Ce

1 En donnant ici la suite de l'article de mon frère je dois faire remarquer que, d'après ses dires, il
avait beaucoup d'additions et de modifications à y faire, cet article étant vieux de près de dix ans. Dans
la Revue je compte d'ailleurs publier bientôt d'autres travaux assyriens et babyloniens plus récents et plus
importants de mon frère.

2 Voir le texte de cet acte et du suivant dans nos planches où nous donnerons également l'hélio-
gravure des actes de vente qui ont fait le sujet d'un des articles de mon frère dans cette Revue (VI, 102).

3 Voir aux planches le texte tel qu'il paraît devoir résulter de la copie bornée malheureusement par
M. Strassmayer à l'un des exemplaires avec quelques variantes tirées de l'autre.

4 Voir le texte aux planches.
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