Revue égyptologique — 7.1896

Page: 153
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REVUE ÉGYPTOLOGIQUE

publiée sous la direction de

M. EUGÈNE REVILLOUT.

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR

libraire de la société asiatique, de l'école des langues orientales vivantes, etc. etc.

28, rue bonaparte, 28, a paris.

VIP Volume. N° IV. 1896.

La REVUE ÉGYPTOLOGIQUE parait tous les trois mois par numéros de six feuilles au moins, avec
planches, fac-similé etc. — Aucun numéro ne se vend séparément.
Prix de l'abonnement annuel : Paris 30 fr. — Départements 31 fr. — Étranger 32 fr.

Sommaire : Une prophétie messianique assyrienne (suite), par Victor et Eugène Revillout. ■— Textes égyptiens et chaldéens re-
latifs à l'intercession des vivants en faveur des morts, par Victor et Eugène Revillout. — Le, poème de Pentaour
(suite), par Vicomte J. de Rougé. — Les deux préfaces du papyrus Prisse, par E. Revillout. — Des donations d'enfant
à l'époque copte (suite), par Fr. de Villenoisy.

UNE PROPHÉTIE MESSIANIQUE ASSYRIENNE

par

MM. Victor et Eugène Revillout.

(Suite.1)

Une tablette bilingue, certainement rédigée pour le palais d'Assourbanipal auquel elle était
destinée et dont elle porte pour ainsi dire le timbre, nous montre par quel procédé on avait
pu en arriver là. Le grand dieu des anciens Accado-sumériens était ce dieu Anu, dont l'idéo-
gramme représente en même temps celui du ciel et est d'autres fois traduit par le mot sémitique
ilu, signifiant « dieu ». Or dans cette tablette singulière, la première de la pl. 69 du tome iii
des publications du British Muséum, on trouve une série d'assimilations de ce dieu Anu avec
le dieu Assour, avec le dieu Ninip, qui, par une sorte de calembourg, était devenu le dieu
éponyme de Ninive, etc. Anu, présenté sous les deux formes soit masculine, soit féminine,
figure ainsi un dieu possédant à lui seul toutes les puissances génératrices. C'était un gnosti-
cisme absolument semblable à celui que renouvela plus tard une secte prétendue chrétienne.
Sous la diversité des noms, l'auteur de cette tablette écrite pour le palais d'Assourbanipal
reconnaissait donc un seul dieu suprême, qu'on honorait par le culte d'Assour, aussi bien
que par le culte Eloiste d'ilou. Dans de pareilles conditions, la prédication de Jonas à Ninive
et la pieuse retraite inspirée par lui ne semblent plus invraisemblables. N'y eut-il pas sous
le grand Assourbanipal lui-même un instant où la coalition organisée contre Ninive par son
frère, roi de Babylone, était devenue tellement puissante que les Arabes du désert venaient

1 La note suivante dont l'appel existait au mot «Jérusalem» a été oubliée p. 151 du numéro précé-
dent : «Voir Isaïe XXVII, 9, sur les C""iïtx ou statues du dieu Assour établies dans la Judée.»

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