Revue égyptologique — 7.1896

Page: 163
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Une peophétie messianique assyeienne.

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«Ce rédempteur, génération1 céleste, génération2 de l'humanité.

«Ce rédempteur, sur les tables de propitiation, il accomplit en vérité la parole.3

«En messager de Dieu il fait son nom.4

W. A. I., IV, 20, 5; par amirutu, W. A. L, IV, 1, col. 3, 1. 1, etc.). C'est ainsi que dans W. A. L, 11, 19,
20, «miamuddu» est traduit par «subti», saphel qui signifie «faire sortir = producere». La seconde forme des
verbes babyloniens étant aussi le plus souvent factitive, il faut traduire «il fait sortir». Le sumérien seul
nous dit quoi : t=| ^ ^}}}} }}i ^TT ëHTT' 0n n a malheui'eusement point encore déter-
miné l'espèce d'arbre qui était nommé en sémitique comme en sumérien, et dont il est question
dans une inscription de Nabonid, W. A. L, V, 65, 1. 5. Quant à £l^]r c'est un mot très connu, très
fréquent, qui veut dire «forêt = kistum» (W. A. L, V, 26, 11 et suiv.) et qui dans ce sens était passé en
sémitique babylonien sous la forme « tirru» (W. A. L, IV, 23, col. 2, 36). L'ensemble de la phrase signifie donc :
«il fait sortir une forêt de l'arbre >-^p» = «il fait énergiquement pousser l'arbre >-^pr».

1 «Binuut ili» porte le sémitique, c'est-à-dire «engendrement de dieu». «^ fcjj» porte

le sumérien, c'est-à-dire «engendré par celui qui fait, par le créateur». Cette expression ^^jj, com-
prise comme signifiant «dieu» par le traducteur sémitique, a pour corollaire les expressions : «père en-
gendreur», abu alid — «des dieux et des hommes», — «père engendreur de tout ce qui existe», appliquées
au dieu suprême, dans l'hymne si curieux déjà cité, écrit, dans la ville d'Ur, en sumérien proprement dit,
c'est-à-dire dans le même dialecte que notre morceau messianique.

2 Le sumérien contient ici identiquement la même racine verbale pour représenter «génération» que
dans la première partie de la phrase où il s'agissait d'une génération divine ^vTJ et non d'une gé-
nération de l'humanité ^yyy ^^zjyyy J^ifj. Quant au sémitique, au lieu de «binût», il emploie cette fois
«ibrit», également un nom abstrait, mais cette fois construit sur «biru» "D, que W. A. L, III, 70, col. 3,
1. 23, n° 170 nous montre être le synonyme de «maru = fils».

3 «Ina £yy~ suklul» porte le sémitique ^| ^-J^ *~TI^ £-5^.£-T
t^|yy^ porte le sumérien. Pour £lï^^ ^yT~ *~<y^ nous nous sommes laissés impressionner par les

arguments de Pognon qui, aux pages 106 et 107 de son récent mémoire sur les inscriptions de Wade Brissac,
s'est attaché à démontrer que >~-^ £tT~ se rapportait à «la table sur laquelle on

plaçait les aliments destinés aux divinités», et qui a répété cette même désignation, «table sur laquelle
on plaçait les aliments destinés aux dieux» dans son vocabulaire, p. 195, au mot £yy fc^- Comme

nous l'avons déjà vu, «sukhd» est une traduction courante pour le sumérien ^y ^t^^. Il en est de même

de «kinis» pour *~yy^ £l^£:y (W. A. L, IV, 18, 3) ou même pour ^yy^ pris adverbialement

sans autre formative (W. A. L, IV, 19, 50). Reste dans le texte accadien, avant cet adverbe, le signe
et après ^^I^£[ t^yy^. Le terme ^^Z^y t=yyy^ se rencontre très fréquemment avec le sens de «parole
= ce qui a été dit = qabu = qibittu amat» (W. A. L, V, 39, 30; IV, 17, 52; V, 39; IV, 20, dernière ligne,
etc.) isolément ne pourrait être ici qu'un adverbe voulant dire «largement», comme ailleurs c'est un
adjectif voulant dire «large = rapasu» (W. A. L, V, 29, col. 2, 13). La phrase sumérienne signifierait donc
«il accomplit fperfecitj largement, véritablement, la parole». Nous devons ajouter cependant qu'on trouve
à la planche 2 du 4e volume de W. A. I. (colonne 3, ligne 19) un mot composé dans lequel entre à la fois
et *~£l^y t^yyy^. Ce mot ^yy^ est traduit en sémitique par «kunnu — ce qui est

établi». Si, comme le terme *>^\ ^[t^ par exemple, il est susceptible de se diviser en deux parties
recevant entre elles des formatives, ou des régimes, ou des adverbes, etc., il faudrait traduire la phrase
sumérienne ainsi qu'il suit «ce rédempteur, il accomplit ce qui est établi en vérité». En tout cas la corres-
pondance avec la phrase sémitique ne semble pas rigoureusement exacte.

4 Dans ce verset encore, la correspondance ne semble pas rigoureusement exacte, bien que le sens
général reste le même au fond, entre la phrase sumérienne et la phrase sémitique. Cette dernière est
bien simple «ina <p— ^ ili sumu epus». Mais dans le sumérien on ne trouve que les deux premiers mots
J^JI *-*y~ qui soient littéralement traduits. En effet J^=J][ se trouve rendu dans les bilingues par le
sémitique «sipru» J>~ «message» (W. A. L, V, 51, col. 2, 11. 48 et 50) par sipru et J*- ^y<y
«messager — messagers» (W. A. L, IV, 5, col. 1, 11. 27, 28, etc.) et il l'est aussi par «siteu» (W. A. I , II,
36, 47), auquel on pourrait rattacher <y>- en le lisant «sitav», au lieu de lire «sipar», comme il paraît
y avoir lieu de le faire dans la phrase suivante, où il traduit également J^JJ (W. A. L, IV, 12, 30 et 31

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