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Vitruvius; Perrault, Claude [Transl.]
Les Dix Livres D'Architecture De Vitruve: Corrigez Et Tradvits nouvellement en François, avec des Notes & des Figures — Paris, 1673 [Cicognara, 727]

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https://doi.org/10.11588/diglit.1719#0297
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LIVRE X. Z73
A iPour monter â des lieux élevés on n*a pas tant besoin ^'artifice que de hardiesse. Toute h a p. L
l'artifice consiste à assembler des montans & des échelons, en sorte que l'on en composé
une machine pliante dont une partie sert de soûtien à l'autre. L'art de faire agir les Ma-
chines par le moyen de 1 air cst très- ingénieux, & produit des effets merveilleux; Pour ce
emi cst de. l'art de tirer de grands fardeaux, il est très-utile pour quantité de choses, mais
particulièrement pour faire de grands & magnifiques ouvrages quand on s'en sert aveè
prudence & diseretion. Toutes ces machines se remuent ou Mechaniquement ouOrga^
niquettient : car il semble qu'il y a quelque différence entre Machine & Organe, & que Ma-
chine est ce qui fait son effet avec plus d appareil, & qui a besoin de la force de plusieurs
hommes, comme les Ballistes & les Pressoirs: aulieu que les Organes font le leur par un
seul homme qui les conduit avec adresse : S les t^irbalefies ± & * les jiriisoçycks sont de ce Scorpiona.
* I genre. Mais les Machines &les Organes ont cela de commun, que l'on ne s'en peut com-^™^J
B modementpasser pour les choses ausquelles on les employé, inégaux.
Or toute la Mechaniqueest fondée ou sur la nature des choses, ou sur l'étude que 1 on
a faite des mouvemens circulaires du monde. Car si nous considerons le Soleil &îa Luné
& les cinq autres Planettes, nous remarquerons que leur mouvement qui nous apporte la
lumière & fait meurir les fruits, est causé par une Machine qui les fait tourner. Et c'est
sur ces modèles , que les anciens ont inventé des Machines îi utiles & si necessaires à la
vie, & qu'ils ont rendu des ouvrages aisez à faire par le moyen des Machines & des Orga-
nes qu'ils ont perfectionnez de plus en plus parleur étude & par leur industrie, lorsqu'ils
en ont reconnu la necesïité.
Ce qui cst le plus necessaire, & quia dû estrè inventé avant toutes les autres choses, est
C le vestement *. pour l'inventer il a fallu à laide de plusieursinstrumens, trouver moyen
d'entrelacer la chaisne avec la treme , & cet entrelacement a produit une chose qui n'est
pas seulement necessaire pour couvrir le corps , mais qui luy sert d'un grand ornement.
Nous n'aurions aussi jamais eu l'abondance des fruits dont nous sommes nourris, si l'on
n'avoir trouvé l'invention de se servir de bœufs & de charrues : &sans les moulinets &
& les leviers qui servent aux pressoirs, on ne pourroit faire des huiles claires & des vins agréa-.

les cordes ou les coups de marteau qui font sonrscr les timbres ; ce
qui comprend tous les instrumens de Musiquequi ne sont point
à vent. Car toute laMusiqueestantdiviséeen Vocale & en In-
strumentale, &l'lDftramentaleen Pneumatique, c'est-à-dire qui
dépend du vent , & en Psaltique , c'est-à-dire qui consiste en frap-
pement •, la Psàltique est de deux efpeces, sçavoir celle qui frappe
t\ les timbres laquelle est presentement en grande vogue dans les
•. villes des Païs-bas, & celle qui frappe les cordes , qui est aussi
de deux especes : l'Une qui srappe les cordes en les frottant ',
ainsi qu'il se sait aux Violons avec un archet, aux Vielles avec une
roue , aux Archiviolles avec une ceinture de crin -, l'autre qui
frappe les cordes sans les frotter, ce qui se fait encore en deux sa-
çons, car oula corde èst poussee sans que ce qui la pousse la quitte
comme il fe sait aux Mànicordions, ou ce qui pousse la corde la
quitte, quiestcequel'ohapelle pincer, & ce pincement le fait en
deux saçons), seavoir ou avec le doigt comme aux Harpes, aux
Luts & aux Guktares, ou avec des sautereaux comme aux Epi-
nettes.
- Or ce n'est pas sans raifon que VitruVe dit que par le moyen de
la Machine Pneumatique, qui cst ce que nousapellons les Orgues,
on imite tout ce que la voix & les instrumens que l'on touche ou
que l'on srappe peuvent saire : Caries ssûtes bouchées jointes aux
E Regales enfermées dans des tuyaux médiocrement longs, imi-
tent la voix humaine-, les Régales ensermées dans des tuyaux
plus longs que l'on apelle Cromornes, imitent les Violons ; les
petites Flustes qui compofentee que l'on apelle la Fourniture, &
celles qui composent les Cymbales jointes aux autres jeux, qui tou-
tes enfemble sont le plein jeu, imitent le son des cloches & des
timbres, à caufe de ce tintement aigu qu'elles reprefentent, qui
est infeparable & comme le vray caractère du son des cloches, 8c
qui,parce qu'il se rencontre aussi aigu dans les plus'grossès clc*
ches que dans les plus petites, est imité par des tuyaux qui sont
presque aussi petits aux plus balles touches qu'aux plus hautes ;
n'ayant que l'ettendu'e d'Une o&ave pour tout le clavier qui coh>
prend ordinairement quatre ostaves.
r. Les arbAlestes. Vegecedit que de son temps Scorpio-
ns queje traduis Asbalefta estoient apellez Manwdlifî& pour

les distinguer des grandes Ballistes ou Catapultes qui n'estoient
pas portatives, de mesine que nos Arquebufes & Pistollets sont
diftinguez du Canon. Ces petites Machines étoient apelléès
Scorpions à caufe de leur effet, qui étoit de blessèr avec de petites
ssèches, de melme que le Scorpion blcsie avec un petit aiguillon; &
à caufe de la figure de leur arc qui representoit deux bras recour-
bez comme les piez d'un Scorpion. .
2. Les Anisocycles. On ne sçait point certainement
quel est cet insiniment, Budée & Turnebe ne sèavent que la li-
gnification littérale de son nom qui signifie des Cercles inégaux.
Barbaro dit que les cheveux bouclez sont les Ânisocyclcs, ce qui
est vray, suppose que les boucles soient inégales comme elles se-
roient si elles étoient sormées par un fer chaud sait en cône.
Baldus croit que cette machine qui jette des flèches par le moyen
d'un fil d'acier tourné en vis A B, &c ensermé dans un canal, est
l'Anisôcyde : mais les cercles de ce sil qui est tortillé comme de la
cannetille ne sont point inégaux. Il y auroit plus d'apparence
que rAnisocycle feroit cette sorte de reisort qui est sait d'une lame
ou d'un fil d'acier CDEF, qui est tourne non en vis, mais en ligne
spisale sur un mesme plan comme est le ressort des montres por-
tatives ou les cercles du milieu sont plus petits que ceux qui sont
vers la dernière circonsérence.

B
 
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